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samedi 4 août 2018

Tout commence avec un œuf!

Nous vous proposons aujourd'hui l'extrait d'un ouvrage édité en 2017, qui parle de ... Vaugneray!

"L’œuf. Bien plus qu'un jaune et du blanc, l’œuf symbolise un commencement.
Une anecdote me revient à l'esprit : nous  avons installé un poulailler et 5 poules dans un institut médico-éducatif à Vaugneray, en région lyonnaise. Le témoignage de la directrice, à l'initiative du projet, illustre à lui seul l'intérêt d'une mini-ferme.

"L'établissement en question accueille des enfants en situation de handicap psychique lourd, avec une nécessité de suivi constant. Lorsque les poules ont été installées, en voyant les enfants s'attrouper autour du poulailler en poussant des cris de joie, j'avoue avoir eu peur pour les nouvelles pensionnaires. Mais il s'est finalement produit quelque chose de surprenant: au contact des animaux, les enfants se sont assagis, comme fascinés par ces êtres vivants dont il fallait prendre soin. Cette fois-ci les rôles étaient inversés.

"Quelques semaines après l'arrivée des gallinacés, la directrice me confiait qu'il n'était pas rare de voir les enfants observer les poules dans le calme pendant de longs instants, ce qui relevait quasiment du miracle pour ces jeunes hyperactifs. L'expérience donnait lieu à des ateliers cuisine et une vente hebdomadaire d’œufs était organisée avec la complicité des parents. Non seulement les poules apaisaient les enfants et contribuaient au goûter du mercredi, mais elles allaient être à l'origine d'une refonte complète des menus de la cantine, dans lesquels furent progressivement introduits des produits locaux.

"La somme de ces petits changements, vécus par ceux qui font la démarche d'avoir des poules, contribue concrètement à la dynamique d'ensemble que nous devons impulser sans attendre.
C'est pour ça que, je le pense..."


Vous avez bien sûr reconnu l'IME Mathis Jeune, plus connu comme "Le Chardonnet". 
Même si vous avez déjà des poules dans votre jardin, ce livre de Ghislain Journé (Rustica Editions) est pour vous. Et si vous n'en avez pas encore, c'est le moment de sauter le pas!
Questions pratiques, points de vigilance, choix des poules et du poulailler, alimentation et soins au quotidien, récolte des œufs... Retrouvez tous les conseils essentiels pour accueillir vos poules.

À l’heure des élevages industriels, la question n’est plus « qui de la poule ou de l’œuf ? » mais plutôt « qu’est-ce qu’une poule ? qu’est-ce qu’un œuf ? ». Il est temps de revoir notre rapport au vivant et de nous reconnecter avec ce que nous avons de plus précieux : notre terre. 
Pour cela, quoi de plus simple et de plus satisfaisant que d’adopter quelques poules ? Problème : vous n’avez qu’un petit jardin et peur de la réaction de vos voisins. Halte aux idées reçues !
Q

mardi 10 avril 2018

Les "bactéries cauchemardesques"

ALKOV
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Les "bactéries cauchemardesques" entraînent une surconsommation d’antibiotiques dangereuse et un problème de santé mondial.

D'après le Dr Eric Du Perret le 07.04.2018

La consommation d’antibiotique a augmenté de 65% en 15 ans. Une situation intolérable pour les spécialistes des maladies infectieuses qui, depuis quelques années, se posent une étrange question : doit-on craindre une épidémie planétaire contre laquelle, les antibiotiques ne pourront rien ? La réponse est oui, si l’on continue à distribuer ces médicaments n’importe comment, tant chez les humains que chez les animaux  d'élevage. Cela provoque l'apparition de "bactéries cauchemardesques" comme les ont surnommées les médecins américains

Le célèbre centre d'épidémiologie d'Atlanta, le CDC (Center for Disease Control and Prevention) a recensé l'apparition de bactéries dont la caractéristique est d'être résistantes à la plupart des traitements connus et bien évidemment en premier lieu les antibiotiques. Ce ne sont pas de nouveaux microbes mais plutôt des très anciens qui ont réussi, au fil des années et des traitements inutiles, à apprendre à se défendre contre les médicaments que l'homme avait inventés. Les malades atteints par ces "tueurs" restent confinés à l'hôpital et ne reçoivent plus que des soins "palliatifs" comme le disent leurs médecins.

La France est le 4ème pays Européen en terme de consommation d’antibiotiques,  ce qui est une mauvaise performance compte tenu des efforts déployés pour apprendre à moins les consommer, mais ce qui signifie aussi qu’il y a des pays pires que nous et que le problème est réellement international

"Si la résistance aux antibiotiques continue à progresser à ce niveau d’intensité, sans autre option de soin, il y aura bientôt des infections banales que l’on ne pourra plus soigner » alertait le professeur Eric Sonneville au nom d’un ensemble de spécialistes en novembre dernier.


Infections nosocomiales: 12 000 morts par an et 150 000 infections…

On arrive aujourd’hui à une situation impensable lors de la découverte de ces médicaments qui semblaient d’une puissance incroyable : l’homme risque un jour de décéder d’infections jugées banales il y a encore quelques années, uniquement parce qu’un microbe sera devenu résistant à tous les produits disponibles. Ce scénario qui paraissait incroyable, n’a rien de la science fiction, et l’augmentation continue des cas et des morts par infection nosocomiale, ces infections que l’on attrape à l’hôpital alors que l’on est hospitalisé pour toute autre raison, est là pour en témoigner. 12 000 morts par an et 150 000 infections…Le monde hospitalier est un gigantesque bouillon de culture, une base arrière de microbes qui y trouvent les forces pour devenir des agents dévastateurs.

Microbes ultra-résistants

Le combat contre les microbes, que l’on pouvait espérer terminé, est très loin d’être gagné. C’est même un combat très inégal. Un million de milliards de millions de microbes un peu partout sur notre planète contre 6 milliards et demi d’individus qui croyaient, il y a soixante dix ans, avoir gagné le combat avec la découverte des antibiotiques. 

Des centaines de milliers de tonnes d'antibiotiques ont été déversées dans la nature ou consommées par les humains, sans réserve ni précautions. Conséquence, les bactéries ont mutées et sont devenues résistantes. Un microbe n’est pas un organisme frustre, mais une machine infernale rompue à la guerre totale. Dotée d’une vraie intelligence qui nous dépasse un peu, compte tenu de sa taille et de sa simplicité. Chaque nouvel antibiotique est salué, quelques années plus tard, par la transformation du microbe qui apprendà lui résister. Nos militaires sont moins rapides contre les nouvelles méthodes de guerre…


Résister à la pression des malades

"Les antibiotiques c’est pas automatique!"  Personne n'a échappé à ces spots publicitaires qui prônent la lutte contre la prescription abusive d’antibiotiques. Ils ont d’abord eu le mérite d’aider le médecin, pour qui le refus de prescrire reste un moment délicat. Aujourd’hui c’est même un peu l’inverse et celui qui donne des antibiotiques, passerait presque pour un ringard. 
Mais avec le mauvais temps, et les bobos qui vont avec, la demande des patients reste pressante, en particulier en cas d’angines. Pourtant, le paracétamol, associé à l’aspirine ( seulement chez l’adulte) règle le problème dans 80 % des cas, puisqu’il s’agit d’une angine due à des virus sur lesquels les antibiotiques n’ont aucun effet.

Faire pression sur la recherche des firmes pharmaceutiques

Même s’ils coûtent cher à la collectivité, les antibiotiques sont encore indispensables. Et surtout, la recherche doit se poursuivre. 
Les laboratoires ont cessé de chercher en raison du prix de vente très faible des antibiotiques. Il y a là certainement matière à réflexion. Pour que le génie de l’homme continue à posséder une avance sur le génie du microbe qui, de façon incessante, apprend à résister au point d’avoir rendu certains des plus anciens médicaments totalement inefficaces. 

Consommer autrement

Depuis vingt ans, la consommation globale des antibiotiques a diminué de 17% et l’on réfléchit aussi à une nouvelle durée de prescription: les médecins insistaient autrefois sur un minimum de 7 jours mais prescrire mieux et moins, n’est-ce pas donner des produits plus efficaces et moins longtemps ?

Et les animaux...


En même temps qu'il faut mettre un peu d'ordre dans l’utilisation médicale des antibiotiques, il faut aussi s’attaquer aux millions de tonnes déversées dans la nature, principalement pour l'élevage des animaux consommés par l’homme. Mais c’est un débat qui échappe au monde de la santé car c'est un débat sociétal...


Pour aller plus loin:
etc...