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samedi 27 avril 2019

Il faut sauver le soldat Maya !

Gilet jaune et noir, Maya pique une colère!


Représentante des abeilles qui en ont ras l’antenne de mourir dans l’indifférence générale, Maya nous détaille ses revendications.


d'après Les Jours 10 avril 2019


Quand Maya a ouvert les yeux à son réveil printanier, les ronds-points fleuris étaient encore recouverts d’inscriptions humaines : « Y’en a marre », « On n’en peut plus », « Faut que ça change!»… et elle a trouvé que c’était valable pour elle aussi. C’est donc affublée d’un gilet bicolore jaune et noir qu’elle exige d’être écoutée. Et c’est vrai que sa situation n’est pas brillante.


Que voulez-vous dire, Maya, avec votre gilet jaune et noir ?

D’abord, c’est notre costume naturel. Comme le jaune marche bien en ce moment, on s’est dit qu’on avait notre chance dans les médias. Il est grand temps. Ça fait tout de même bientôt trente ans qu’on crève en silence par paquets de mille. Rien que l’année dernière, les apiculteurs ont perdu en moyenne 30 % de leurs colonies et certains jusqu’à plus de 80 %, dépeuplées de nos congénères à la sortie de l’hiver. Au total, selon un décompte de la Fédération des apiculteurs professionnels, quelque 400 000 ruches ont passé l’arme à gauche. Et encore, vous avez bien failli ne pas avoir l’info. Il a fallu faire jouer la Sonnerie aux morts par un trompettiste en juin dernier sur l’esplanade des Invalides pour que le ministère de l’Agriculture se décide à lancer une enquête nationale. Le lieu était bien choisi : c’est une armée de consœurs qui meurent chaque année aux champs. Même en temps de paix.

Nos ennemis, d’ailleurs, sont connus. Les campagnes françaises sont bombardées de pesticides depuis le milieu du XXe siècle.

Les scientifiques ont beau usiner pour prouver les effets de la chimie sur nos neurones, plusieurs générations y passent avant que les produits les plus toxiques soient interdits. 
De plus, un cortège de maux divers et variés nous pourrit la vie en supplément : le changement climatique risque de perturber le ciel et une flopée de parasites, de virus et de maladies contagieuses viennent jusque dans nos bras égorger nos filles dans nos campagnes. Le Varroa destructor, par exemple, un acarien plutôt laid, introduit en France au début des années 1980, continue à nous pomper l’hémolymphe
Trop c’est trop, l’alvéole est pleine. J’appelle mes consœurs à investir les ronds-points pour qu’on nous entende vrombir jusqu’à la place Beauvau

L’hémo-quoi ???

En gros, l'hémolymphe c’est notre sang à nous, les invertébrés. Et comme si cela ne suffisait pas, au début des années 2000, Vespa velutina, le frelon asiatique, un serial killer d’abeilles, a débarqué de Chine. Trop c’est trop, l’alvéole est pleine. J’appelle mes consœurs à investir les ronds-points pour qu’on nous entende vrombir jusqu’à la place Beauvau.

Qu’attendez-vous du gouvernement ?

Qu’il arrête de mollir. Les reculades ne se comptent plus. Lancé en 2008, le plan Écophyto ambitionnait de réduire de moitié l’usage des pesticides en France d’ici à 2018… C’est une réussite, bravo! la consommation française a augmenté ces dix dernières années ! Pour dire tout le bien qu’on pense de moi, il y a toujours du monde. Mais dès qu’il s’agit de mettre les mains dans la propolis, il n’y a plus personne.

Tenez, le 24 décembre dernier, dans une tribune parue dans Le Monde, trente-six députés Les Républicains ont lancé un cri d’alarme en notre faveur. L’esprit de Noël semblait enfin là. 
Mais quelques jours plus tard, figurez-vous que le journaliste scientifique du quotidien Stéphane Foucart les a pris la main dans le pot de miel en moulinant un par un leurs noms dans le moteur de recherche du site NosDeputés.fr. Riche idée : trente des trente-six élus en question avaient soutenu au moins un amendement contestant l’interdiction des néonicotinoïdes, ces pesticides introduits dans les années 1990 dont on a la preuve qu’ils ont des effets mortels sur les abeilles et les guêpes.


Quant au grand patron, c’est le pompon. Après nous avoir expliqué qu’il était inutile d’inscrire dans la loi la sortie du glyphosate – un herbicide dont on a appris récemment qu’il nous fusillait les intestins – puisque le monde agricole allait, contre l’évidence, se porter volontaire pour s’en passer, Emmanuel Macron a rebroussé chemin. « Est-ce qu’on peut dire qu’il n’y aura plus du tout de glyphosate dans trois ans ? Impossible. Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas vrai », nous a lancé tout de go le Président, lors d’un des premiers rounds du grand débat, à Bourg-de-Péage, dans la Drôme. Franchement, même si nous avions toute légitimité à participer à ce raout national, rayon transition écologique, on a bien fait d’aller butiner ailleurs.

Vous considérez-vous comme une lanceuse d’alerte ?

C’est une évidence et ça mériterait l’asile diplomatique à Cuba où, depuis la fin de l’URSS, on ne nous asperge plus de pesticides de synthèse. Avec mon habit jaune et noir et mes milliards de congénères (il y a environ 1,3 million de ruches en France), je ne suis que la pointe émergée de l’iceberg, qui par ailleurs fond plus vite qu’un esquimau. Je ne suis que l’abeille domestique, Apis mellifera, je fais du miel, je m’adapte en ville,
j’ai la cote, je peux servir d’étendard à la cause. Mais derrière moi, il y a quelque 1 000 espèces d’abeilles sauvages hexagonales, près de 2 000 en Europe et peu ou prou 20 000 dans le monde. Il est certain qu’elles peuvent manquer de glamour : elles vivent en solitaires, ne produisent rien directement pour les humains… Presque des hippies si on les compare à ma production stakhanoviste.

Elles comme moi sommes logées à la même enseigne : les insectes en général sont bien avancés en matière d’effondrement de la biodiversité. C’est ce que les entomologistes nomment le « syndrome du pare-brise » : il n’y a plus, désormais, un seul moucheron collé sur la vitre, même sur un Paris-Marseille par l’autoroute du Soleil.
Le premier rapport mondial sur l’évolution des populations d’insectes prévoit même notre disparition à tous pour le début du XXIIe siècle. Depuis trente ans, notre biomasse totale diminue de 2,5 % par an et notre taux d’extinction est huit fois plus rapide que celui des mammifères, des oiseaux et des reptiles. Ceux-ci ne tarderont pas à suivre, puisque nous constituons leur nourriture. Cela s’appelle la « sixième extinction de masse ». En tant que mammifères, vous pourriez d’ailleurs vous sentir concernés. Bref, même si la phrase attribuée à Einstein « Si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre » est une fake news totale, force est de constater que ce qui est la mouise pour nous le sera bientôt pour vous. Alors si j’endosse le costume de Cassandre version gilet jaune, c’est pour le bien commun.


85 % des plantes à fleurs attendent le passage d’un insecte. Et en Europe, c’est plus d’un tiers de l’alimentation qui ne peut se passer de la pollinisation


La grève générale est-elle une option ?

En ma qualité d’animal, je ne dispose hélas pas de la liberté de monter un piquet de grève devant les ruches de France et de Navarre. Mais imaginons un instant que ce soit le cas. Figurez-vous que mes congénères et moi-même sommes à l’origine d’un service – gratuit – de pollinisation. Rouvrez vos manuels de bio : dans une fleur, il y a des étamines et des pistils. Le pollen des premières doit féconder les seconds. Il se trouve que je récolte du pollen pour ma consommation personnelle. Je transporte des milliers de grains dans les poils en forme de peigne qui recouvrent mon corps… et je les disperse. Grâce à moi, les fleurs produisent une graine qui germe et donne une fleur. Bref, je pollinise.
 85 % des plantes à fleurs attendent le passage d’un insecte de l’ordre des hyménoptères (moi, mes cousines sauvages et les guêpes), des diptères (les mouches et syrphes surtout), des lépidoptères (les papillons) ou des coléoptères (les charançons qui ont bien mauvaise réputation, les pauvres). Et on ne parle pas seulement des jardinières de balcon. Mais bien de votre salade de fruits détox – cerises, prunes, pommes –, de vos Buddha bowls livrés par un esclave à pédales – courges, fraises, poivrons, tomates – et même du colza ou du tournesol qui produisent les huiles de vos petites salades. 
En Europe, c’est plus d’un tiers de l’alimentation qui ne peut se passer de la pollinisation.


Et comme rien ne vaut une comparaison en points de PIB pour apparaître sur le bandeau d’une chaîne d’info en continu, la valeur mondiale de ce service a été chiffrée à 153 milliards d’euros, soit 9 % de la valeur de la production alimentaire. Quand on va tous et toutes s’arrêter en même temps, soit parce qu’on aura obtenu le droit de grève, soit parce qu’on sera mort·e·s, ce qui est plus probable, vos estomacs vont comprendre leur douleur. Votre porte-monnaie aussi.

Comptez-vous présenter une candidature aux prochaines élections ?

J’ai en effet des atouts sous le jabot – contrairement à Yannick (Jadot), qui rame un peu question popularité. Tout le monde me connaît, les ruraux comme les urbains, les vieux et les jeunes. J’ai inspiré des philosophes, des mathématiciens. On peut quasiment dire que je suis devenue un objet culturel. Mon capital sympathie est énorme. Je suis proche d’une icône pop. Je vous rappelle que Beyonce, la chanteuse la plus bankable du monde se fait appeler « Queen B », « la reine des abeilles ». Ce qui n’empêche en rien ma qualité de vie de se dégrader.

Finalement, je reste proche du peuple. Et je suis réprimée comme lui. 
Comme l’a noté l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz dans une chronique récente parue dans Le Monde, « la répression policière des gilets jaunes et la disparition des insectes − annoncée par des scientifiques pour le début du XXIIe siècle – partagent une origine commune qui remonte à la fin de la Première Guerre mondiale, au moment où les gaz de combat sont reconvertis à un usage civil, à la fois comme phytosanitaires pour nettoyer les champs et comme gaz lacrymogènes pour réprimer grévistes et émeutiers ». 
Vous voyez bien que je n’ai jamais aussi bien porté mon habit jaune et noir. Finalement, ce qui me différencie le plus des GJ, c’est ma position. Eux veulent prendre l’Élysée. Moi, j’y suis déjà entrée. Bien au chaud dans les quatre ruches qui garnissaient les jardins du palais. Jusqu’à ce qu’on me vire cette année, certes. Mais je connais le chemin. Alors il serait bon que les prochaines paroles du Président soient comme du miel à mes oreilles.

samedi 2 mars 2019

Pour sauver l'agriculture bio!

L'agriculture bio est importante. 
De nombreux agriculteurs dans notre secteur souhaiteraient s'y convertir. Mais...

Trois ans de retard dans le versement des aides aux paysans bio... ça suffit ! 
Interpellons massivement le ministre de l'Agriculture!
Malgré ses engagements, l’Etat n’a toujours pas versé la totalité des aides promises depuis 2016, mettant ainsi en difficulté des milliers d’agriculteurs bio. Certains agriculteurs ont jusque 30 000 euros de retard de paiement leur causant un grave préjudice financier.

Depuis plusieurs années, nous constatons que les politiques publiques négligent voire entravent le développement de l’agriculture biologique.

SOUTENONS LA BIO LOCALE :
SIGNEZ LA PETITION
Alors même que toutes les études agronomiques et écologiques plébiscitent l’agriculture bio en tant que solution d’avenir face aux crises du climat et de la biodiversité, alors que les consommateurs et de plus en plus d’agriculteurs souhaitent se tourner vers la bio, jamais le soutien des pouvoirs publics n’aura été aussi faible.

LA BIO SERAIT ELLE ABANDONNÉE ?

L’agriculture la plus vertueuse tant du point de vue environnemental que social semble gêner une partie du monde agricole et des décideurs politiques de notre pays.
Aides à l’agriculture bio partiellement supprimées en 2017, retards de paiement des aides bio de 3 ans, risque de détournement d’une autre partie des aides bio vers d’autres labels, cahier des charges du label bio malmené…

Dès l’été 2017, aux côtés de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique, des associations comme Agir pour l'Environnement dénonçaient le manque de soutien de l’État à l’agriculture biologique en France. Près de 2 ans plus tard, ce que nous redoutions se produit : le retard de paiement des aides bio conduit certaines fermes biologiques dans de graves difficultés financières, faute de percevoir des sommes qui étaient nécessaires pour la transformation de leur système agricole -et alors que les dépenses ont été engagées en confiance.

AIDES A LA BIO :
CHOSE PROMISE, CHOSE DUE !


 Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.


http://www.agirpourlenvironnement.org
http://www.facebook.com/association.agirpourlenvironnement
http://www.twitter.com/APEnvironnement



samedi 9 février 2019

Chacun son tour!

C'est notre tour le 21 février! 


Dans le cadre de la tournée de sa circonscription consacrée au grand débat national, le député Thomas Gassilloud (représentant La République en Marche), écoutera nos doléances (et apportera ses réponses auxdites doléances) le jeudi 21 février à 20H30 à la salle des fêtes.

Que vous ayez décidé d'y assister, ou de participer en ligne sur le site dédié granddébat.fr, nous vous suggérons quelques idées à soulever (qui nous ont été en partie soufflées par la Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais). Elles concernent aujourd'hui le volet aménagement du territoire, environnement et transition écologique de la consultation. Nous reviendrons plus tard sur les autres volets.



En matière d'environnement, les propositions ont un coût, nous avons des idées pour les financer!

Réductions des dépenses:
L’Etat doit réduire ses dépenses en annulant le projet autoroutier sur l'A45 et le Contournement Ouest de Lyon, de même que tous les GTI ou Grands Travaux Inutiles programmés sur le territoire (Grand Contournement de Strasbourg par ex …). Madame la Ministre des Transports ayant fait une déclaration visant à abandonner l’A45, ce projet d’abandon doit être officiellement entériné par l’annulation de la Déclaration d'Utilité Publique du 16 juillet 2008 et par la Loi LOM (Loi d'Orientation des Mobilités) malheureusement repoussée mois après mois.
Et les recettes?
Les 400 millions d’euros prévus par l’Etat, sous forme de subventions d’équilibre à l’intention du concessionnaire présumé de l’A45, doivent être octroyés pour développer des alternatives à l’A45 et au COL conformes à la fois à la transition écologique et à la nécessité de se déplacer plus efficacement. La remise à plat de tous les GTI doit permettre de constituer un pot commun conséquent pour tous les projets favorables à l'environnement et à la transition écologique.

Quels projets pour notre village et notre Ouest lyonnais?
  • Meilleure desserte des bourgs en général, par des transports publics avec des fréquences plus adaptées aux besoins de déplacements.
  • Pour Vaugneray, meilleure desserte du village avec le retour des bus TCL cadencés jusqu'à Gorge-de-Loup, Perrache ou Oullins, jusqu'au métro en fait! Nous sommes trop proches de la Métropole et nous en sommes trop dépendants pour être desservis par des minibus départementaux qui ne répondent pas aux besoins et une navette municipale dispendieuse. 
  • Le recours à la voiture individuelle doit être dissuadé  en développant aussi le transport ferroviaire. Adaptation des lignes St Etienne-Givors-Lyon, St Paul -Gorge de Loup- Tassin- Brignais- Givors, Givors -Condrieu... avec des rames plus longues, des fréquences améliorées, alors qu'aujourd'hui la tendance est aà la suppression des trains... Les gares doivent être adaptées pour des rames plus longues sur la ligne Saint-Etienne/Givors/Lyon et les fréquences doivent être améliorées (alors que la tendance actuelle est la suppression des trains)
  • La réalisation de pistes cyclables, sécurisées, séparées de la route,pour relier Vaugneray à  Ste-Consorce, Marcy-l'Etoile, Grézieu, Craponne, voire Yzeron, est indispensable. Le vélo électrique est en plein essor et adapté à notre relief. La CCVL fait des efforts mais cela ne suffit pas.
  •  Le covoiturage doit être privilégié pour les trajets domicile-travail par des incitations financières.
  • Le télétravail doit être développé : incitation à créer des espaces de co-working, sensibilisation des entreprises pour qu'elles autorisent leurs salariés à travailler depuis chez eux lorsque c'est possible.
Parallèlement à tous ces mesures pour réduire les déplacements individuels et développer les déplacements doux, il convient absolument de mener une politique d’aménagement du territoire
pour raccourcir les distances domicile-travail, et pour sanctuariser les terres agricoles et les espaces naturels en favorisant l’implantation des jeunes agriculteurs :

* Sanctuarisation des zones agricoles et naturelles en aménageant les PLU à cet effet.
* Développement des productions et des ventes de produits agricoles de proximité. pour limiter les déplacements de marchandises et favoriser l'emploi local
* Développement des productions agricoles biologiques.
* Interdiction des produits chimiques dans l’agriculture en accélérant, notamment, l’interdiction du glyphosate.

Bien entendu, ce ne sont que des outils supplémentaires, de simples suggestions que vous pouvez à loisir compléter, modifier, discuter ou oublier... Le débat, c'est fait pour ça, si toutefois vous y participez!













samedi 2 février 2019

Hausse des prix de 5 à 6% en moyenne sur votre liste de courses au 1er février!

D'après Le Parisien, 29 janvier 2019
Avec la loi Alimentation, les prix de certains articles vont bondir en supermarché depuis le 1er février. Concernant par exemple 24 produits phare, le ticket de caisse flambe de 6,3%... Pourquoi cette hausse?

Un pot de Nutella dont le prix bondit de 8,4% (tant mieux, on mangera moins de Nutella et moins d'huile de palme!), des yaourts Danone plus chers de 6%, du lait Guiguoz affichant + 8,1%… Voici quelques exemples d’envolées de prix à partir du 1er février. Dans tous les hypermarchés et supermarchés de France, de nombreux produits de grande consommation verront leur prix gonfler en raison d’une nouvelle réglementation. 
Combien de produits concernés ? Globalement, dans un hypermarché, sur un catalogue de 25 000 références, quelque 1 000 produits verraient leurs tarifs augmenter. Dans un supermarché, sur 13 000 références, 500 à 600 produits seraient impactés, avec une hausse moyenne de 5 à 6%.
Les produits concernés sont l’épicerie sucrée et salée, les boissons alcoolisées et non alcoolisées, le « frais en libre-service » (pizza, fromage, etc.) et les aliments pour animaux.
Autant dire, en pleine crise des Gilets jaunes, que le sujet peut faire grincer des dents...
Mais comment de telles hausses de tarifs sont-elles possibles ? Tout vient des Etats généraux de l’alimentation de 2017, qui se sont soldés par la loi Alimentation votée en octobre 2018, et qui entre pleinement en application ce 1er février 2019. Lors de ces Etats généraux, décision a été prise de mieux rémunérer les agriculteurs, en tenant davantage compte de leurs coûts de production. Pour les produits agricoles (viande, poisson, lait, fruits et légumes essentiellement) vendus en grande surface, les distributeurs sont donc priés de réduire leurs marges, afin de garantir un meilleur revenu aux agriculteurs. Pour le consommateur, les prix de vente, eux, sont quasi stables.
Mais il fallait une contre-partie pour les distributeurs! C'est ce qu'ils ont obtenu dans la loi Alimentation,  votée à grand renfort de lobbying...

En effet, en échange de l'effort des distributeurs sur les produits agricoles, la loi Alimentation relève le « seuil de revente à perte » (SRP) de 10% sur les produits alimentaires ou la nourriture pour animaux. Derrière ce vocable technique de SRP se cache une réalité simple : tout produit acheté 100 euros par un distributeur doit être revendu au moins 110 euros au consommateur. Autrement dit, la grande distribution a désormais l’obligation (!) de faire 10 % de marge sur une flopée d’articles.

Des hausses surtout sur les produits aux marges faibles

Quels seront précisément les produits concernés ? Les plus les plus touchés seront les produits sur lesquels les marges étaient jusqu’à présent très faibles, voire au plancher.... du fait de la rude bataille commerciale entre les enseignes.
Sans surprise, on retrouve dans cet inventaire à la Prévert les produits « listes de courses », qui se retrouvent très souvent dans le chariot des ménages, des produits dont les consommateurs connaissent souvent le prix exact, car ils en achètent régulièrement, voire à chaque fois qu’ils font leurs courses. Sur 24 produits star (voir illustration), la hausse moyenne est de 6,3 %.
Certes, le pot de Nutella ou le pastis Ricard ne sont pas des produits très diététiques et on peut/on doit en réduire la consommation. Le souci de la santé du consommateur n'est cependant pas l'objectif premier de la loi Alimentation...
Ce sera également la fin des superpromos, car la loi interdit aussi les promotions supérieures à 34% sur un produit. En clair : les opérations « 1 produit acheté = 1 produit offert », équivalant de facto à une remise de 50%, ne seront plus autorisées. De plus, seuls 25% des volumes de produits peuvent faire l’objet d’une promotion. Certes, nous ne verrons plus les émeutes provoquées l'année dernière par une promo monstre sur le Nutella, et ce n'est pas un mal. Mais les promos représentent en moyenne 17 % de la dépense des Français (données Nielsen). Chaque année, ce sont 141 euros qui sont ainsi économisés et jusqu’à 253 euros pour les « chasseurs de promotions », ces consommateurs qui scrutent à la loupe les catalogues.
Pour limiter la casse, les distributeurs étudient des solutions dans deux directions:  baisser les prix de leurs marques propres ou augmenter les avantages des cartes fidélité par exemple. Nous verrons à l'usage... 
En septembre dernier, Michel-Édouard Leclerc, patron des hypermarchés Leclerc, avait évoqué « une ponction d’un milliard d’euros sur le pouvoir d’achat ». Au ministère de l’Agriculture, on tempère : « Cette hausse des prix ne représentera que 7 % du panier de la ménagère. » Une broutille, on vous dit!

samedi 12 janvier 2019

Le lundi, on remplace le bœuf par un œuf!

Avez-vous entendu parler de l’opération « lundi sans viande »? L’initiative a été lancée par des personnalités et des ONG, et elle séduit de prime abord. 
Mais les éleveurs y voient une nouvelle stigmatisation de leur activité, alors que certaines pratiques agricoles ont des effets positifs sur l’environnement. 
On essaie de faire le point, le problème est complexe...

Le problème est complexe.
A vos réponses dans les commentaires!
d'après reporterre.net .07.01.2019 Lorène Lavocat

Le lundi, on remplace le bœuf par un œuf!
Le lundi 7 janvier, un groupe de chercheurs du CNRS et de l'INRA a lancé l’opération Lundi vert. Le principe est simple : tous les lundis, les participants, inscrits le site lundi vert seront invités à remplacer la viande et le poisson. Autrement dit, à s’essayer au végétarisme. 
Tout au long de l’année, ils devront indiquer chaque semaine s’ils poursuivent leur engagement, et recevront un accompagnement individualisé. 
Les scientifiques espèrent ainsi pouvoir étudier à grande échelle — ils visent 500.000 inscrits — notre capacité au changement alimentaire.

« Il s’agit à la fois de comprendre ce qui pousse les gens à modifier leur alimentation, leurs motivations et leurs blocages, mais aussi ce qui les fait tenir dans la durée. Nous allons ainsi envoyer des messages au fil des mois, pour encourager et motiver les participants. » Après "Stop Tabac", nous aurons ainsi "Stop la Viande le Lundi!"

L'initiative a été couplée, à grand renfort médiatique, à un appel à « diminuer collectivement notre consommation de chair animale », signé par 500 personnalités, principalement des scientifiques, mais également quelques têtes d’affiche, comme les actrices Isabelle Adjani, Juliette Binoche et Cécile de France, les animateurs Stéphane Bern et Frédéric Lopez, ou le photographe Yann Arthus-Bertrand.
Le but de cet appel relayé sur le site lundi vert: « La sauvegarde de la planète, la santé des personnes, le respect de la vie animale » 

« C’est une opération de communication et de sensibilisation, résume Greenpeace France, l’une des ONG signataires de l’appel. L’idée est de rappeler qu’un changement dans les comportements alimentaires est possible et indispensable. Et de combattre les nombreuses idées reçues sur le végétarisme à coup de pédagogie. »

D'après Greenpeace, le frein principal à la transition alimentaire provient d’une « méconnaissance de l’enjeu ». « La plupart des gens ne savent pas que lorsqu’ils consomment de manière excessive de la viande, ils participent indirectement à la déforestation », explique-t-on, en soulignant également un problème culturel: « Notre surconsommation de produits carnés est assez récente. Il y a une cinquantaine d’années, nous mangions un tiers de protéines animales et deux tiers de végétales. Depuis, le ratio s’est inversé, la viande est devenue un produit de consommation du quotidien, un signe d’abondance, de progrès ». Résultat, l’un des obstacles pour passer au végétarisme, c’est qu’on ne sait plus cuisiner sans viande…

Pour tenter d’inverser à nouveau la balance protéique, l’appel détaille donc, dans un texte élaboré par des associatifs et des scientifiques, trois « raisons impératives » de réduire notre consommation de viande : « La sauvegarde de la planète, la santé des personnes, le respect de la vie animale. »

Sauvegarde de la planète

Les auteurs de l'appel rappellent que « pour produire une seule calorie de viande il faut 4 à 11 calories végétales » et près de vingt fois plus d’eau, et que « 85 % des surfaces déboisées de la forêt d’Amérique du Sud ont été dédiées à l’élevage ». L’élevage contribuerait ainsi à 14,5 % des émissions totales des gaz à effets de serre. « Si on veut rester sous les 2 °C de réchauffement, il s’agit de réduire la consommation de protéines animales de 50% d’ici 2050 au niveau mondial. Mais en Europe, où nous sommes de gros consommateurs, il nous faudra manger cinq fois moins de viande qu’aujourd’hui." 


Déforestation illégale dans le Mato Grosso (Amazonie)
 pour faire place à l'élevage bovin - source Greenpeace
Cependant, toutes les agricultures ne se valent pas : les élevages traditionnels ont un effet moindre sur l’environnement et le climat que les élevages intensifs hors-sol. De plus les prairies peuvent être d’importants puits de carbone. Et les bêtes vont bien souvent se nourrir dans des endroits inaccessibles, où il serait impossible de cultiver des végétaux.

Effet sur la santé

Non seulement « la viande n’est absolument pas indispensable à l’équilibre alimentaire », pouvant être remplacée par des protéines végétales, mais elle serait facteur — à haute dose — de cancer, maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité. « Les Français consommant près de 100 g de viande chaque jour augmentent de 30 % leur probabilité de développer un cancer en comparaison à ceux qui se limitent à 40 g en moyenne »,décrit ainsi le texte de l’appel.

Respect de la vie animale

« En France, 99 % des lapins, 95 % des cochons, 90 % des veaux et 82 % des poulets de chair sont élevés hors-sol de manière intensive, c’est-à-dire qu’ils sont confinés dans des cages ou des bâtiments fermés afin de les engraisser et les maintenir en vie jusqu’à leur abattage précoce », peut-on lire sur le site Lundi vert. 
Et dans le cas de la pêche au chalut, « d’immenses filets en forme d’entonnoir capturent tous les animaux qui s’y amassent, mêlés à divers débris. Déversés sur de la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompression».

On est bien d'accord sur ces arguments, mais ils oublient une vérité de taille: «Jamais cet appel ne pointe du doigt la responsabilité des industriels et des distributeurs » 

Colère de la Confédération Paysanne:

« Cet appel est une preuve supplémentaire de l’insupportable stigmatisation vécue par les éleveurs et les éleveuses qui produisent chaque jour pour vivre de leur travail, écrit la Confédération Paysanne dans un communiqué. Jamais cet appel ne pointe du doigt la responsabilité des industriels et des distributeurs qui, dans leur course aux prix bas, empêchent la généralisation des pratiques d’élevage les plus vertueuses. Jamais cet appel ne souligne les bienfaits de l’élevage paysan pour l’environnement, le respect des animaux et le dynamisme des territoires. Jamais cet appel n’évoque que de nombreuses terres agricoles (estives, alpages, prairies permanentes) ne peuvent être valorisées que par l’élevage extensif. »

L
Au CNRS et à l'INRA, on se défend de « toute attaque » contre les éleveurs. «Même s’il ne l’indique pas clairement, l’appel promeut l’idée qu’on peut consommer moins de viande, mais de meilleure qualité en matières environnementale et de bien-être animal, argumente-t-on. Il y a plusieurs manières de consommer et de produire de la viande, et les modes industriels sont clairement ceux à réduire prioritairement. »

Nulle part sur le site lundi vert nous n'avons trouvé d'incitation en ce sens! Dommage, bien dommage!

Les chèvres, comme ici en Ardèche,
aident à maintenir ouverts des espaces non cultivables.
Quant à elle, l’Association végétarienne de France (AVF), se dit plus réservée sur les conséquences d’une telle démarche : « Un jour végétarien par semaine, ce n’est pas suffisant, estime-t-elle. C’est un pas dans la bonne direction, mais il s’agit de diviser par cinq voire par dix notre consommation collective de viande, donc cela passera par des politiques publiques. Il nous faut des objectifs nationaux de réduction de la consommation de viande, comme on en a pour les émissions de CO2. »
Mais c’est justement de ce côté-là que ça coince, car « les lobbys de la viande et du lait sont très puissants auprès des parlementaires et du gouvernement ».

Un repas végétarien par semaine dans les cantines, le lundi?

À l’occasion de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, votée le 2 octobre 2018, les associations sont tout de même parvenues à faire adopter une expérimentation pendant deux ans d’un repas végétarien par semaine dans les cantines.
« C’est une grande victoire, estime l'AVF. Car les volumes concernés — toutes les cantines scolaires de France — sont énormes, et rien ne se fera sans un changement des mentalités qui passe par l’éducation des plus jeunes. » 
Autre levier à activer : la politique agricole commune (PAC), au niveau européen. « La prochaine PAC, qui est actuellement en négociation, doit subventionner davantage les élevages écologiques et la production de protéines végétales », soutient Greenpeace.

En attendant, un lundi de nourriture allégée après les agapes familiales du dimanche ne peut faire de mal à personne. On commence tout de suite? 
Mais attention, si vous remplacez la viande ou le poisson par des œufs, prenez des œufs bio, pondus par des poules ayant couru en liberté!

On attend vos commentaires pour la réponse!

samedi 1 décembre 2018

Pesticides: Département du Rhône, alerte orange!

Une série de cartes de France, permettant de se faire une idée de l’exposition aux pesticides dans chaque département, a été dévoilée ce mardi 20 novembre par l’ONG Générations Futures.
Carte de vente de glyphosate par hectare de surface agricole utile par département en 2017
L’association s’est servie des données officielles de 2017, fournies par la BNVD  (base regroupant les données de vente des distributeurs de pesticides). Ce document a été compilé afin d’obtenir des cartes lisibles par tout un chacun. 
A leur lecture, on constate ainsi que, en chiffres absolus, l’Aube est le département où il s’est vendu le plus de pesticides en 2017, suivi par la Gironde et la Marne. Si ces quantités sont rapportées à la surface de chaque département, ce sont le Vaucluse, le Gard et la Gironde qui se distinguent.
Mais pour rendre compte de la réalité de l’intensité de l’utilisation agricole des pesticides dans les différents territoires, il faut les rapporter à la surface consacrée à l’agriculture dans chaque département (ou surface agricole utile).
Pour le Rhône, les chiffres absolus sont les suivants: il s'est vendu (en 2017)  518 092,29 kg de pesticides. En première ligne du soufre pour pulvérisation (micronisé), puis du glyphosate, enfin du fosety-aluminium. Notre département se situe donc à la 49ème place des départements français pour la vente de pesticides... mais il est aussi l'un des plus petits départements! Si l'on rapporte le kg de pesticides à la surface agricole utile concernée, nous sommes en pole position! 
En effet, il s'est vendu dans le Rhône 3,74 kg (!) de pesticides par hectare de Surface Agricole Utile en 2017 (moyenne nationale 2,632 kg)... Dont  les deux tiers (2,46 kg) de pesticides non utilisables en agriculture biologique...  
On comprend mieux les difficultés auxquelles sont soumises les exploitations agricoles qui voudraient se convertir au bio dans un environnement pollué...
L’association a également établi des cartes en fonction de la dangerosité des pesticides
Ainsi, les départements où il se vend le plus de pesticides classés par l’Union Européenne comme sûrement ou possiblement CMR, c’est à dire Cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont l’Aube, le Tarn-et-Garonne et le Pas-de-Calais. Pour le Rhône, c'est 0,45 kg de pesticides cancérigènes mutagènes par hectare de surface agricole utile, ce qui nous classe au-dessus de la moyenne nationale (moyenne nationale 0,417).
Pour les pesticides suspectés d’être perturbateurs endocriniens, Générations Futures s’est basé sur le classement de l’ONG-institut de recherche indépendant TEDX. Ce sont alors l’Aube, la Gironde et le Vaucluse qui figurent en tête de liste. Pour le Rhône, c'est 1,22 kg de pesticides perturbateurs endocriniens par surface agricole utile, ce qui est également une bonne performance (moyenne nationale 1,052).
Enfin, pour le glyphosate, les trois départements utilisant le plus de glyphosate sont le Vaucluse, La Réunion, la Martinique, la Gironde et l’Aube. Pour le Rhône, c'est 0,55 kg de glyphosate par hectare de surface agricole utile, et là nous sommes champions: la moyenne nationale est de 0,326 kg!
De façon générale, ce sont principalement les départements viticoles et de grandes cultures qui ressortent. Merci le Beaujolais!
A noter que les données sur lesquelles s’appuie Générations Futures n’ont été que récemment mises à disposition des citoyens. Jusqu’en 2017, ces informations n’étaient pas accessibles au grand public. Il s’agit des données les plus précises aujourd’hui pour apprécier l’exposition de la population aux pesticides, bien que ceux-ci puissent être achetés dans un département et épandus dans un autre. 
Des données plus précises, avec les codes postaux des communes, devraient être bientôt rendues disponibles par le gouvernement.