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vendredi 8 juin 2018

21ème siècle: La griffe du matou!

D'après JN Cuenod 04.04.18 Blog Médiapart: "Un plouc chez les bobos"

Une réflexion intéressante sur l'intérêt que nous portons aux animaux en fonction du contexte économique et sociologique du moment...


La patte du chien a marqué de son empreinte le XXe siècle. 
«Rintintin» et «Belle» furent les grandes vedettes du petit écran. Impensable de penser à Tintin sans aussitôt songer à «Milou». Les deux guerres mondiales avaient apporté leur lot de héros à quatre pattes, tel Stubby, médaillé à treize reprises et élevé au grade de sergent par l’armée américaine, lors du premier conflit planétaire.
Le chien devint le totem de ce 20ème siècle dédié à l’effort collectif : glorification des masses dans les propagandes politiques, engagement de gros bataillons de prolétaires par le capitalisme industriel, dévouement au service de la cause ou de la patrie, effacement de l’individu au profit du groupe. 

Le brave clebs élevé au rang de symbole condensait toutes les vertus inhérentes à ce contexte. D’autant plus que, contrairement à l’homme, son dévouement était dépourvu de toute arrière-pensée. Il n’en attendait ni argent, ni gloire, ni espoir de voir son nom gravé dans les mémoires. C’était moins sa pitance quotidienne qui l’animait que le pur amour pour son maître. Un amour nu, sans filtre, sans frein.

A l’orée du XXIe siècle, le capitalisme financier a pris le relai de l’industriel. Changement complet de paradigme. 
Les bataillons prolétaires sont parcellisés, réduits jusqu’au niveau de l’individu. Celui-ci n’est plus attaché à sa profession. Il en changera mille fois au cours de sa vie professionnelle. Il est devenu l’individu consommateur. 
Consommateur de biens multipliés par les nouvelles technologies. 
Consommateur de travail (pour ceux qui n’en sont pas exclus) dans le sens où seul compte le plan de carrière personnel et non le destin d’une entreprise. Le micro-entrepreneur est l’exemple-type de cette nouvelle organisation du travail dominée par de vastes ensembles hors-sol mondialisés qui, aux salariés, préfèrent ces fournisseurs de service non-syndiqués, peu ou mal protégés par les lois.

Symbole de ce bouleversement, le chat a détrôné le chien de son rôle de totem. 
Le XXIe siècle porte désormais la griffe du matou, fascinant animal qui retombe toujours sur ses pattes, se sort des situations les plus complexes, n’attend rien du groupe et tout de lui-même. Le chien se faisait un devoir d’aimer son maître. Le chat s’en fait un plaisir.
D’ailleurs, le mot «maître» lui est étranger. L’humain du XXIe siècle n’a plus de patron clairement identifié. Le matou n’a donc pas de maître, mais une compagne ou un compagnon.

Le chat dispose d’une dimension supplémentaire par rapport au chien : le mystère. Sa prédisposition à se métamorphoser – rappelez-vous cet énorme greffier qui devient limande pour passer sous une barrière à ras du sol –, son aspect physique à la fois fluide et robuste, ses yeux envoûtants en font un être à part, entre terre et ciel. 
Dans «Les Fleurs du Mal», Baudelaire évoque ce charme particulier:


"Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux
Retiens les griffes de ta patte
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’agate. "

Il émane du chat des ondes puissantes, bienfaisantes et son ronronnement apaise les hypertendus. Le chat est donc une peluche, un clown, un thérapeute, un vecteur de poésie. Et même plus. C’est le Grand Consolateur d’un monde tellement centré sur l’individu qu’il en a perdu son humanité.

Ce Dieu qu’ignore la société sécularisée du XXIe siècle, le voilà qui revient sous la fourrure féline!


dimanche 20 mai 2018

On achève bien les éleveurs...

... ou Résistances à l’industrialisation de l’élevage




Quand éleveurs et chercheurs s'interrogent sur l’industrialisation de l'élevage ...

En décembre 2017 est paru chez l'Echappée On achève bien les éleveurs.

Ce beau livre grand format s'attaque à un sujet important, celui de l'élevage et de notre rapport à celui-ci. Il s’agit d’un recueil d’entretiens (brillamment) illustrés, classés en grands chapitres qui interrogent des domaines aussi variés que la politique agricole du 20ème siècle, les rapports historiques entre humains et animaux, l’agriculture biologique, le puçage des bêtes, l’acte de tuer un animal… 
Les personnes interrogées sont des universitaires, des chercheurs, des éleveurs, des militants, dont les points de vue se complètent ou se font écho.

C'est un dessinateur, Guillaume Trouillard, qui a ouvert les premières pistes de ce qui est devenu On achève bien les éleveurs. C'est lui qui a convaincu de la nécessité d'aborder la question du puçage des bêtes, du contrôle et plus globalement de l'administration du métier d'éleveur… et des résistances à cette lame de fond. C'est encore lui qui a mis en relations la chercheuse Jocelyne Porcher et l'éleveur Xavier Noulhianne. 
Puis Aude Vidal et Cédric Biagini des éditions l'Echappée ont sollicité de nouveaux intervenants:  
- Le chercheur Jean-Pierre Berlan qui, au pic de la crise de l'élevage porcin en Bretagne, décrivait sans ménagement la « techno-servitude » des « exploitants agricoles ». 
- Les éleveurs de la ferme du Pic-Bois – Baptiste Laboureur, Christian Dalmasso, Laurence Ferrini et Thierry Beati – sollicité-es pour leur science de la polyculture-élevage. 
- Fabrice Jaragoyhen, témoin du traitement administratif des crises sanitaires
- Stéphane Dinard, qui abat ses animaux sur la ferme en toute illégalité. 
- Et Christophe Richard, Marion Lorillard... 

Chaque rencontre, dédiée à un aspect de la lutte contre l'industrialisation de l'élevage, a débordé du cadre et a nourri une réflexion plus large sur la spécialisation des activités humaines ou la rupture entre ville et campagne.

Pendant les quatre années qu'a duré l'élaboration de cet ouvrage ont émergé des mouvements de pensée qui combattent la domestication des animaux par les êtres humains ou prônent l'égalité entre espèces (antispécisme). 

Des associations comme L214 alertent le grand public sur le désastre environnemental causé par la surconsommation de viande et de produits d'origine animale. 
Le constat qu'elles font est partagé par les écologistes bon teint comme par les contributeurs et contributrices de ce livre : les productions animales industrielles ont un impact environnemental accablant. 
L'aliment pour le bétail, en particulier le soja, s'échange sur un marché mondialisé. Ces cultures, comme les pâtures, prennent d'assaut les écosystèmes les plus riches de la planète, comme le bassin de l'Amazonie qui subit la déforestation. 
Elles sont trop souvent en concurrence avec l'alimentation humaine : mangeurs et mangeuses de viande, plus solvables que les pauvres des pays du Sud, sont servi-es en premier. 
Les rots des ruminants sont chargés de méthane, un puissant gaz à effet de serre, et ne contribuent pas peu aux désordres climatiques en cours. 
Les usines à animaux, comme celles de cochons en Bretagne, polluent les eaux et produisent des crises sanitaires à répétition.

La question animale n'est cependant pas réductible à la question environnementale et les productions végétales sont soumises aux mêmes logiques prédatrices et destructrices. 
Le problème n'est donc pas tant le type de production, animale ou végétale, que le mode de production, capitaliste et industriel. 
Même si l'impact est démultiplié avec les animaux, il faut se garder d'une « administration du désastre » et éviter de raisonner depuis le point de vue de consommateurs et de consommatrices urbaines en criant haro sur le baudet. 
Nous devons penser l'élevage au cœur d'une réflexion sur l'agriculture, la campagne et ses prairies. Il s'agit de considérer toute la diversité paysagère, donc biologique, que l'on doit à l'élevage, son imbrication avec l'agriculture, tout ce que les animaux apportent en agriculture biologique et la nécessité (sauf à renouveler fondamentalement la manière dont nous cultivons) d'avoir sur une ferme ni trop ni trop peu de bêtes. Car derrière les alertes consensuelles sur l'impact écologique des productions animales avance le refus de toute relation d'élevage.

Dans les milieux écologistes radicaux et anarchistes, l'antispécisme et la condamnation de l'élevage deviennent peu à peu une évidence, au titre de la lutte contre toutes les dominations : celle des hommes sur les femmes mais aussi des blancs sur les personnes de couleur, des adultes sur les enfants, celle enfin des humains sur les animaux. 
De prime abord, lutter contre ces dominations semble une nécessité, morale et politique. Mais, à la réflexion, la réduction des relations entre êtres humains et animaux à un rapport de domination fait perdre de vue le tableau qui est présenté ici : celui de la soumission toujours plus forte de toutes et tous à la société industrielle

Le monde se referme, la liberté cède le pas devant le contrôle systématique, les relations deviennent inhumaines : au fond, ce que nous faisons vivre aux animaux, nous nous l'infligeons à nous-mêmes.

Un point de vue critique de l'industrialisme, pas seulement anticapitaliste, est alors nécessaire. Des éleveurs et éleveuses, des chercheurs et chercheuses l'expriment dans ce livre.

On achève bien les éleveurs, aux Editions l'Echappée, illustré par Guillaume Trouillard - 144 pages, 24 euros -  Paru le 1/12/2017

d'après le blog d'Aude Vidal http://blog.ecologie-politique.eu/post/On-acheve-bien-les-eleveurs 

samedi 2 décembre 2017

Pourquoi certains chiens sont agressifs avec certaines personnes

D'après Wamiz.com 3/10/2017

Vous vous êtes déjà demandé pourquoi certains chiens peuvent avoir tendance à grogner, aboyer sur certaines personnes voire les menacer, comme par exemple des personnes de couleur ou avec des particularités physiques ? 
Voici des éléments de réponse pour vous aider à mieux comprendre le chien et ses comportements. 



Une mauvaise socialisation 

Il faut savoir qu’un chien, à la naissance, est vierge d’apprentissage. Son développement à la naissance n’est pas terminé et ses premiers mois de vie sont donc très importants pour son futur. Plus précisément, un chien entre 3 semaines et 3 mois (environ) enregistre tout ce qu’il vit, bonnes et mauvaises expériences sont ainsi enregistrées. C’est pourquoi si votre chien ne côtoie pas suffisamment de personnes nouvelles et différentes, il pourra développer des comportements de crainte et donc éventuellement d'agressivité par la suite. 
Pour vous donner un exemple concret, si vous souhaitez éduquer un chien afin qu’il devienne “chien visiteur” c’est à dire qu’il se rende dans des hôpitaux par exemple, pour rendre visite aux patients et les aider à mieux vivre leur hospitalisation, il faudra absolument que votre chien côtoie cet environnement le plus tôt possible, dès ses 2 mois dans l’idéal. Cette socialisation, pour être réussie, doit donc commencer jeune mais doit aussi être vécue positivement par votre chien. 
Donc si votre chien adopte des comportements inadaptés avec certaines personnes,c’est peut-être parce qu’il n’a pas été assez socialisé ou qu’il va vécu de mauvaises expériences avec une ou des personnes du même type. 

Une crispation du maître 

Une autre raison, plus subtile, à ce type de comportement canin, vient du maître. En tant qu’éducateur canin comportementaliste, j’ai travaillé dernièrement avec une maîtresse qui venait me voir car sa chienne, un Berger Australien, aboyait sur les personnes portant des casquettes. 
La première chose que j’ai fait a été de mettre une casquette afin d’observer le comportement du chien en direct. Sauf que la chienne en question n’a eu aucune réaction. En discutant avec la maîtresse, nous avons compris que le problème ne venait pas des personnes à casquette mais du stress de la maîtresse quand elle croisait, en sortant de chez elle, des bandes de jeunes qui pouvaient éventuellement porter des casquettes. 
Ainsi donc, sans s’en rendre compte, elle tenait instinctivement la laisse plus courte et tendue et sa chienne, qui connaissait très bien sa maîtresse, sentait le stress provoqué par la situation et réagissait en conséquence. 
En somme, si votre chien a une attitude inadaptée, vous devez déjà prendre conscience de votre influence sur le comportement de votre chien. 

Des sensibilités différentes
 
Pour finir, certains chiens sont naturellement plus sensibles et donc potentiellement plus réactifs. Votre chien peut tout simplement ne pas se sentir à l’aise avec des personnes arrivant trop directement, ou encore ayant une démarche particulière, comme des personnes alcoolisées, parce que leur caractère ne fait pas d’eux des chiens sûrs d’eux.
 
En conclusion, pour l’ensemble de ces raisons une amélioration est possible, à condition de connaître la cause du comportement gênant et d’établir un plan de travail adapté et progressif. Dans tous les cas, si votre chien à une attitude inadaptée, n’hésitez pas à faire appel à un éducateur canin professionnel qui vous aidera à être dans une démarche d’évolution avec votre chien. 

Chloé Fesch 
Educateur canin Comportementaliste et Formatrice à ce métier 

Près de chez nous:

Cercle Amical du Berger
16 bis chemin du stade
69670 Vaugneray
06 11 55 12 61

Centre d'Education Canine de Brindas
chemin de la rivière d'Yzeron
69126 Brindas
https://sites.google.com/site/cecbrindas/
06 79 52 65 16

Gay Jean-Christophe
46 rue Centrale
69290 Craponne
06 23 16 44 17

etc...