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samedi 19 janvier 2019

Faut pas pousser Mémé dans la téléassistance!

Censé permettre d’appeler à l’aide en cas de chute, le médaillon autour du cou des vieux est joli, rassurant… et parfaitement inutile. Patatras.

D'après "Les jours" 30 novembre 2018 - Nicolas Cori

Quand on perd l’équilibre, on tombe. Ça arrive souvent aux enfants qui apprennent à marcher, mais ce n’est pas grave : à cet âge-là, on pleure, on demande un bisou à papa ou à maman, et on repart. À 12 mois, on n’a pas encore de bons réflexes, mais un corps élastique qui permet d’encaisser les bobos. 
Quelques bonnes dizaines d’années plus tard, ce n’est plus le cas. Les vieux choient souvent et se font très mal. Il y a la fameuse fracture du col du fémur, mais aussi des statistiques importantes de mortalité. Les chutes sont la première cause de décès accidentel chez les plus de 65 ans. Du coup, les personnes âgées – et leurs enfants – ont peur de voir survenir un tel événement, souvent synonyme de déclin physique et psychologique et, à terme, d’entrée dans un Ehpad.
La crainte est d’autant plus importante que de nombreux vieux vivent seuls à leur domicile et ne peuvent donc compter sur personne. Pour les rassurer, eux et les aidants, un marché s’est développé : celui de la téléassistance. Mais pour une utilité si faible que l’on peut vraiment parler d’arnaque. Démonstration.

Le principe de la téléassistance ou de la téléalarme est a priori simple. La personne âgée porte sur elle un objet relié à une borne installée à son domicile, et avec une portée limitée à quelques mètres. Dans le scénario théorique présenté par tous les téléopérateurs, elle trébuche ou fait un malaise chez elle, perd l’équilibre, tombe et ne peut se relever seule. Elle appuie alors sur un bouton qui lui permet de prendre contact avec un téléopérateur. Si la situation n’est pas grave, ce dernier prévient un voisin ou la famille ; s’il faut une intervention médicale, il appelle les secours. 
Dans la vie de tous les jours, l’objet est censé être discret pour pouvoir être porté en permanence. Tenant dans la main et très léger (30 grammes maximum), il est conçu pour prendre la forme d’un objet du quotidien. Exemple, l’entreprise Assystel commercialise ainsi le bijou « Framboise », un gros pendentif de couleur rouge – également disponible en rose « pour les femmes coquettes ». Framboise peut aussi être porté sous forme de bracelet ou à la ceinture, ce qui est « parfait pour les hommes », dit la publicité (dans ce cas, le bijou est bleu, car c’est bien connu, les hommes portent du bleu, pas du rose).

Framboise, d'Assystel, le bijou de téléassistance
Le service est facturé de 20 à 30 euros par mois et, de l’avis de 60 millions de consommateurs qui a testé huit marques en 2015, vous en aurez pour votre argent si vous vous abonnez. 
C’est-à-dire que, si vous appuyez sur le bouton d’appel, il y a bien quelqu’un à l’autre bout du fil 24 heures sur 24, même s’il faut attendre quelques minutes. « La plateforme Vitaris a été extrêmement rapide à décrocher lors de nos appels, écrit le mensuel. L’accueil a été apprécié par nos testeurs. » Conclusion : « Les services de téléassistance offrent une sécurité précieuse pour les personnes âgées vivant seules à domicile. (…) Ce service, essentiel pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées et/ou handicapées, est appelé à se développer. »

Les pouvoirs publics poussent depuis très longtemps ce marché. Dès la fin des années 1970, quand de nombreux Français n’avaient pas de téléphone fixe, on parlait de créer un « service public de téléalarme » à destination des personnes âgées. 
Puis, dans les années 1980, avec la décentralisation, ce sont les départements qui ont lancé des numéros spéciaux avec, à l’autre bout du fil, des centres d’appels spécialisés. Des acteurs mutualistes et des associations ont d’abord occupé le terrain, avant de voir arriver des sociétés privées. 
Les services ont évolué : les gros boîtiers de téléalarme lourds à porter ont été remplacés par des médaillons plus discrets. Le soutien des pouvoirs publics, lui, est resté constant. Depuis la loi Borloo de 2005 sur les services à la personne, souscrire à un contrat de téléassistance donne même droit à des crédits d’impôt et la dépense peut être prise en charge pour les plus pauvres dans le cadre de l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA.

Les soldes aussi en téléalarme!
Résultat, plus de 550 000 personnes disposent aujourd’hui d’un tel dispositif, selon l’Association française de téléassistance (Afrata), le lobby de la profession. 
Le marché est éclaté entre de nombreux acteurs : groupes privés spécialisés (Assystel, Vitaris), acteurs financiers qui s’adressent à leur clientèle vieillissante (Crédit mutuel Arkéa, Axa ou Groupama) et associations (Présence verte). À côté des dispositifs nationaux, les départements proposent aussi des contrats à des tarifs souvent avantageux (le service étant ensuite assuré par des opérateurs privés).

Oui, mais tout cela sert-il vraiment à quelque chose ? Les vieux ont-ils vraiment besoin d’un service différent du reste de la population pour appeler leurs proches ou les urgences ? 
Quand l’idée de la téléassistance a été émise, dans les années 1970 et 1980, alors qu’une partie de la population n’avait pas de téléphone ou ne disposait que d’un appareil fixe à cadran, on pouvait comprendre la nécessité d’un dispositif simple et portatif. Mais à l’heure du portable généralisé, pourquoi payer un tel service ? Les opérateurs de téléassistance sont d’ailleurs très discrets sur l’efficacité de leurs produits par rapport à un appel au 15 ou au 18. Exemple, sur sa plaquette commerciale, Assystel communique sur les « 5 000 chutes » qu’elle « traite » par an (pour 30 000 clients), mais sans détailler l’utilité de ses services...

Dans leurs messages commerciaux, les entreprises préfèrent mettre en avant la « sécurisation » de la personne âgée, la « tranquillité d’esprit » que cela assure à son entourage et le coût du service, beaucoup moins élevé qu’un placement en maison de retraite. Mais, si on creuse un peu, on se rend compte que les numéros d’appel ne servent pas qu’à faire face aux situations d’urgence. Au contraire, même. 
Les professionnels reconnaissent ainsi que, dans la plupart des cas, les clients qui appuient sur le bouton n’ont pas chuté et n’ont pas de problème physique. «75 % à 85 % des appels sont des appels de confort ou de soutien psychologique qui permettent de rompre l’isolement, de calmer une angoisse ou un coup de déprime. Il faut savoir lire entre les lignes, car souvent l’abonné nous dit qu’il n’a pas appelé et qu’il s’agit d’une erreur. (…) Ces personnes ont besoin de parler et ne veulent pas déranger leur famille », expliquait ainsi Philippe Godiard, directeur général de HomVeil-Téléassistance, au mensuel Le Particulier pratique.


Mieux vaut effectivement que les vieux appellent des téléopérateurs plutôt que d’encombrer les urgences (ce qu’ils font aussi, mais tout comme d’autres personnes, plus jeunes). Seulement, facturer 30 euros par mois pour bénéficier d’un service comme SOS Amitié (gratuit, on le rappelle) n’est pas un argument marketing qui fait mouche, surtout auprès des familles, souvent à l’origine de l’achat du produit. Alors, on fait peur. 
Mais pas n’importe comment. On ne parle pas des chutes traumatiques qui se traduisent par des pertes de connaissance. À quoi servirait un pendentif sur lequel il faut appuyer dans ce cas ? Non, on développe à foison les risques à rester longtemps couché par terre après une chute qui, en elle-même, n’est pas grave. 
L’assureur Axa (qui vend le produit Tranquileo à destination des vieux) décrit ainsi les « conséquences physiques et psychologiques importantes », en particulier après 80 ans, d’une situation prolongée au sol : la « phlébite » qui peut « se compliquer en embolie pulmonaire », la « mauvaise oxygénation de la peau » qui va provoquer des escarres, l’« écrasement des muscles » qui « peut entraîner la mort des fibres musculaires » (ça s’appelle la rhabdomyolyse), la déshydratation, l’hypothermie… Une étude est souvent citée par les promoteurs de la téléassistance : les individus ayant passé plus d’une heure au sol après une chute ont un risque de mortalité multiplié par deux à six mois, même en l’absence de traumatisme. Conclusion : chaque minute compte, alors, comme le proclame Assystel dans ses publicités pour Framboise, dépêchez-vous de vous équiper avec « le bijou qui sauve des vies » !

Là, on peut être partagés. Si Framboise sauve des vies, peu importe son coût, allez-vous dire. Et tant pis si les vieux l’utilisent comme remède à la solitude. Il suffit d’une fois pour que le bijou soit vraiment utile… Autant d’arguments qui semblent a priori raisonnables, mais s’écroulent quand on regarde comment les personnes âgées se servent vraiment de la téléassistance après être tombées : dans bien des cas, les personnes âgées n’appuient pas sur le bouton d’appel. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles ne le portent pas à ce moment-là : Elles ont oublié de le mettre, ou sont en fait opposées au pendentif acheté par leur fils ou leur fille parce qu’elles le trouvent stigmatisant… Il peut aussi arriver que les vieux portent leur médaillon mais ne le peuvent pas le déclencher car ils se retrouvent coincés dans une position qui ne leur permet pas d’appuyer dessus. Ou bien ils sont trop désorientées et n’y pensent pas, etc.

En 2008, une étude a été menée par une épidémiologiste et une infirmière de recherche clinique, publiée dans le British Medical Journal, sur le comportement de personnes de plus de 90 ans ayant chuté et n’arrivant pas à se relever seules. 
Elle établissait que, parmi les possesseurs de système de téléalarme, 80 % n’avaient pas appuyé sur le bouton déclencheur. Raisons avancées par les personnes elles-mêmes : « J’ai essayé d’appeler, mais le médaillon ne marchait pas car il était déchargé », « Je l’avais enlevé avant d’aller au lit et placé sur la table de nuit où je n’ai pas pu l’atteindre », « J’ai un médaillon mais je n’ai pas l’habitude de le porter. Je l’accroche ici, au dos de cette chaise », « Je ne voulais pas appuyer sur l’alarme, même si je portais le bouton déclencheur, par peur d’être emmenée à l’hôpital »… 
Conclusion des deux auteures : « Du travail d’information est nécessaire pour que les systèmes de télé alarme soient effectivement utilisés. Les services prestataires doivent mieux comprendre les attentes des personnes âgées afin de leur fournir de meilleurs services. » 

Dix ans plus tard, cela ne semble toujours pas être le cas. Une nouvelle étude, menée en 2017 en France par des médecins, constatait que « les sujets qui avaient acheté un système de téléalarme ne présentaient pas de différences significatives en termes de temps passé au sol ou de conséquences médicales avec ceux n’en ayant pas acheté ».

Vu comme ça, effectivement, la téléassistance ressemble bel et bien à une arnaque. 
Et il semble étonnant que tous les acteurs officiels (pouvoirs publics, associations de personnes âgées, journaux de défense des consommateurs…) en fassent la publicité sans voir que la protection qu’elle offre est bien souvent illusoire.
 
Proposons une hypothèse : ces abonnements sont le signe qu’on se sent coupables de laisser « nos » vieux seuls chez eux, et on ne va pas chercher plus loin l’efficacité de ces dispositifs. Une mauvaise conscience qui nous coûte à tous, puisque ces appareils sont en partie financés par nos impôts.

Mais cela ne veut pas dire que la téléassistance est vouée ad vitam æternam à l’inefficacité. Dans la conclusion de l’étude réalisée par les médecins français citée ci-dessus, il y a une recommandation qui mérite d’être examinée avec attention : « Les personnes n’ayant pas déclenché leur bouton d’alerte devraient bénéficier de la nouvelle génération de produits ne nécessitant pas d’être contrôlés par ces derniers », est-il écrit. De quoi parle-t-on ? De systèmes qui se déclenchent tout seuls, grâce à des capteurs détectant un comportement physique anormal ou inhabituel chez la personne âgée. Par exemple, le bracelet antichute, souvent proposé comme un outil complémentaire par les sociétés de téléassistance (et donc facturé 5 à 10 euros plus cher). Ce qui prouve, au passage, que les entreprises sont bien conscientes des limites de leur offre traditionnelle (mais ne le disent pas très fort).

Pour l’instant, aucune étude scientifique indépendante n’existe sur ces nouveaux produits, qui semblent d’ailleurs peu connus du grand public. Difficile donc de juger de leur efficacité réelle. Mais l’offre de solutions technologiques se développe : SeniorAdom ou Telegrafik proposent ainsi d’installer dans les foyers des bornes afin d’analyser, grâce à des algorithmes, le mouvement des personnes y résidant et de donner automatiquement l’alerte en cas de chute. Pour le coup, on est là devant des solutions franchement intrusives. 


Et même si, sur le papier, cela semble plus efficace que les simples pendentifs, on peut se demander si l’espionnage généralisé des moindres faits et gestes des vieux est bien éthique!

vendredi 15 juin 2018

Quel regard portons-nous sur les vieux ?

Quel regard portons-nous sur les vieux ?
Sont-ils, à nos yeux, notre mémoire vivante ? Des personnes riches « d’être», de savoir et d’expérience ? 
Ou bien sont-ils infréquentables et rebutants parce qu’ils nous renvoient à notre propre finitude ?
Selon Gérard-François Dumont, démographe-géographe et économiste (1), notre regard a changé depuis une soixantaine d’années : « Lorsque dans notre société, il y avait peu de personnes âgées, celles-ci étaient considérées comme des personnes sages, reconnues et respectées », ce qui est beaucoup moins le cas aujourd’hui, à l’heure où « notre société investit très fortement les enfants et plus largement la jeunesse ». Cette question du respect des personnes âgées, et de la prise en compte de leurs droits fondamentaux, est au cœur d’un rapport du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Pour cette autorité, « le soubassement éthique d’une politique d’accompagnement du vieillissement n’a pas été suffisamment investi » dans le cadre des lois. Voir Les enjeux éthiques du vieillissement 15 février 2018

Quand nous nous mobilisons pour des citoyennes et citoyens fragilisés, exclus de la société, pensons-nous aux vieux ? La réponse est négative, car nous ne les voyons plus, puisque nous les avons concentrés dans des établissements d’hébergement (Ehpad).
Pour beaucoup, ces institutions sont des lieux de solitude et de souffrance, malgré l’engagement des professionnels trop souvent débordés. « Trois quarts des personnes résidentes interrogées auraient souhaité ne pas vivre la fin de leur existence en Ehpad » (2), selon une étude citée dans le rapport du Comité d’éthique, qui ajoute que « 9 résidents sur 10 souffrent d’affections neuropsychiatriques, souvent réactionnelles à leurs conditions de vie ». 40% des résidents présentent un syndrome dépressif et 11% ont des idées de suicide, selon le psychiatre Pierre Vandel, auditionné par le comité.

Nos sociétés « ont confiné des personnes en raison de leur âge et de ses contingences, dans des « lieux de vie » souvent violents et parfois même maltraitants. Cette tendance à l’institutionnalisation et à la sur-médicalisation a exclu ces questions du champ de la responsabilité sociale et individuelle », poursuit le rapport.

Il est donc impératif de changer notre regard sur la vieillesse, et de promouvoir une solidarité qui ne doit pas être que familiale, pour faire face « au défi démographique du vieillissement ».

Quelques pistes:
- Le Comité d’éthique propose la dé-ghettoïsation : à l’image des quotas de logements sociaux, les nouveaux immeubles intégreraient un ou deux étages pour un Ehpad. 
- Pour permettre le maintien à domicile, il propose aussi de « penser un plan pour le répit et le soutien aux aidants », ces proches qui aident le parent âgé. Des lieux intermédiaires seraient créés en milieu ordinaire et non hospitalier : des maisons et séjours de répit, ainsi que le baluchonnage", qui permet à un professionnel de suppléer le proche aidant à son domicile, pendant plusieurs jours.
- Le rapport recommande également la création d’un 5ème risque de la sécurité sociale (au côté de la maladie, des accidents du travail, du handicap et de la vieillesse), qui ne porterait pas seulement sur les cotisations des salariés, mais serait aussi calculé selon la richesse des personnes imposées. Ce cinquième risque contribuerait notamment au financement du maintien à domicile, aujourd’hui supporté difficilement par les collectivités territoriales. Il permettrait de s’engager résolument vers de « nouvelles formes de solidarités et de fraternité » envers nos vieux...

D'après Nicole Gellot L'Age de faire 5 juin 2018


1 – Auditionné par le Comité consultatif national d’éthique.
2 – Drees (Études et résultats 2014).

dimanche 21 janvier 2018

Ne confondons pas génépi et GEMAPI! - Compte-rendu du Conseil municipal du 15 janvier

La couleur pourrait tromper! Mais si le génépi est  une liqueur particulièrement agréable à déguster en fin de repas, la GEMAPI ne se boit pas... 
Les conseillers municipaux qui ne connaissaient pas  GEMAPI et ont joué sur les mots, ont été vite détrompés : GEMAPI, c'est la Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations, tâche difficile à laquelle s'atèle notre syndicat de rivière, le SAGYRC.
GEMAPI, ça ne se boit pas, ça se paie! Le montant de la taxe peut s'élever jusqu'à 40 euros par foyer. A l'heure où l'on parle de disparition de la taxe d'habitation, voici une piste à explorer pour combler le déficit, l'avenir le dira...  Le 15 janvier donc, le Conseil municipal a pris connaissance du rapport d'activité 2016 du SAGYRC, syndicat particulièrement efficace dans l'aménagement de l'Yzeron, du Rattier et du Charbonnières. 
L'année 2016 a été marquée pour le SAGYRC par une intense concertation sur les projets de barrage, notamment à Francheville, et par de nombreux travaux sur nos cours d'eau. A noter que si toutes les communes concernées participent au fonctionnement du syndicat, les dépenses d'investissement ne sont payées que par les communes directement impactées. Vous trouverez sur https://www.riviere-yzeron.fr/ toutes les informations et toute l'actualité sur ce syndicat indispensable.

A part cela, le Conseil municipal a entériné le paiement par prélèvement bancaire pour le restaurant scolaire, et adopté un nouveau règlement pour les garanties d'emprunts accordées aux bailleurs sociaux construisant des logements sociaux sur la commune.  Tous les bailleurs sociaux voient maintenant leurs emprunts garantis à 50% par le département du Rhône, la communauté de commune et la commune garantiront le solde à égalité, soit 25% chacune. Elles bénéficieront en échange d'un droit de réservation de 10% des logements construits. Chaque dossier fera néanmoins l'objet d'une délibération du Conseil municipal.

Quelques nouvelles de l'EHPAD les Émeraudes:


L'établissement comporte actuellement 82 lits de maison de retraite mais bénéficie d'un agrément pour 94 lits qu'il n'utilise donc pas. En 2014 la plupart des foyers logements ont été transformés en lits, et la mise en sécurité incendie de tout le bâtiment a été effectuée 
Deux projets sont en cours:
 - un projet d'agrandissement en dédoublant des chambres doubles peu utilisées et en construisant un bâtiment supplémentaire de 27 chambres, en même temps qu'une terrasse plus grande pour le Cantou. Ce projet est estimé à 1,8 million d'euros HT.
- un projet de réhabilitation globale des Émeraudes, l'établissement datant de 1991, pour 1,15 millions d'euros HT.
Enfin, la grande maison bourgeoise pourrait devenir un lieu d'hébergement pour parents âgés ayant  la charge d'enfants handicapés, ce genre d'établissement étant particulièrement rare et nécessaire.
Nous vous tiendrons informés de l'évolution de ces dossiers.

Enfin, et avant que débute le recensement 2018, le Conseil municipal a eu communication du chiffre de la population légale de Vaugneray, arrêté au 1er janvier 2015: 5 558 habitants! (dont 293 pour St Laurent-de-Vaux). Il n'est jamais trop tard pour l'INSEE pour publier ses chiffres!

Le prochain Conseil municipal sera exceptionnel et ne comportera qu'un point à l'ordre du jour: l'approbation des marchés pour la réhabilitation de la salle des fêtes. Il aura lieu le 12 février.
Le 26 février aura lieu le Débat d'Orientation Budgétaire pour 2018: le Conseil municipal débattra des projets à inscrire au budget ainsi que des ressources dont la commune disposera pour les réaliser. N'hésitez pas à faire remonter vos propositions aux élus d'Union pour l'Avenir, ils sont là pour être vos relais.


jeudi 14 septembre 2017

"tout va bien, j'ai demandé au facteur de s'occuper de mes parents."

d'après https://mi-figue-mi-venin.blogspot.fr/2017/06/


Récemment on a pu avoir la surprise de voir, dans les bureaux de poste, des bandeaux de pub pour un nouveau service : "Pour votre tranquillité, je veille sur celle de vos parents".


Le site de La Poste explique : "Grâce à son entreprise "Veiller sur mes parents" , le groupe La Poste facilite le maintien à domicile des personnes âgées, en leur apportant des services pratiques et rassurants pour eux comme pour leurs proches."

En bref, le client charge le facteur — moyennant des sous — de visiter ses parents ; le facteur rend ensuite des comptes au client. Il s'agit de "lutter contre l’isolement des personnes âgées en conservant un lien social", peut-on lire. Un tel dispositif semble choquant... mais qu'est-ce qui a justifié sa création ?

Le pays souffre d'une insuffisance des services de santé, aggravée par la fragilisation des services publics et des dispositifs de solidarité : difficile de trouver des personnels soignants ou des infirmiers à domicile, ou des maisons de retraite à des tarifs abordables.

Or comme l'affirme Éric Baudrillard (directeur des plateformes de services aux particuliers à La Poste), « avec 6 millions de personnes âgées de plus 75 ans, dont 40 % vivent seules chez elles [la Poste est] la seule entreprise à bénéficier en France d’un tel réseau de proximité ». Mais dites, ça fait un gros marché à prendre, ça ! Voilà sans doute ce qui a mené le groupe à adopter "une stratégie de diversification, pour faire face à la baisse de l’activité de l’acheminement de courrier", comme l'exprime le site Funéraire info.

En 2015, le groupe La Poste avait expérimenté une assurance dépendance, avec la visite à domicile des parents isolés. Puis l'expérience a été déployée avec Veiller sur mes parents.

Tu as des soucis pour veiller sur tes vieux parents ? abracadabra, le facteur est là ! Selon le contrat, il passera chez eux de 1 à 6 jours sur 7, pour dire bonjour, savoir si ça va, remplir un formulaire de réponses, et installer une appli qui permet à tes vieux de solliciter des services de téléassistance.

La Poste tartine sa pub à grands coups d'images souriantes et familières, de caricatures de "petits vieux" et de "gentils facteurs"...

On sait comment, en France, on néglige déjà nos vieux. Certains clients vont maintenant pouvoir s'acheter une bonne conscience, en négligeant les services d'aide compétents, voire en négligeant carrément leurs parents. C'est exactement ce que témoigne un client (rapporté par l'Obs) : "Je cherchais quelque chose qui me sécurise. [à défaut de sécuriser les vieux, on rassure leurs enfants...] Le fait que ça soit La Poste a beaucoup compté dans mon choix. J’ai plus confiance que dans une aide à domicile."

Or les facteurs ne remplacent ne pourront pas remplacer les personnels d'aide à la personne. De toutes façons, le groupe n'y a pas mis les moyens : des dizaines de milliers de facteurs ont suivi une "formation" de TROIS HEURES... et pour certains, il a suffi d'une formation sur Internet. À la suite de quoi ils ont reçu une "habilitation" pour pouvoir s’assurer que les personnes âgées vont bien. C'est si minable que les communicants de La Poste ne le disent pas publiquement ; ils devraient, pourtant.

Les facteurs ont été amenés au fil des années à faire du commerce, du conseil financier, et aujourd'hui à assurer des missions sociales et sanitaires. Certains d'entre eux lé déplorent. Patrick Brilouet, facteur et syndicaliste à SUD PTT, explique pour l'Obs : "la Poste joue sur la relation humaine qu'on a avec la population et la dénature. Aujourd'hui, on ouvre toujours la porte à un facteur. Si on se met à vendre des tas de trucs aux gens, j’ai peur qu’à terme on ne nous ouvre plus." De leur côté, SUD PTT accuse le groupe de "vendre le lien social du facteur", et la CGT dénonce "les conditions de mise en place de ce dispositif mercantile"...

Sur le terrain, le manque de formation et le flou des missions donne des situations absurdes, comme celle, rapportée par Le Monde, du facteur qui, en remplissant le formulaire avec le client et quand il a fallu mentionner si la personne allait bien, n’a pas inscrit de réponse. « Je ne suis pas médecin, comment savoir ? Du coup, j’ai été convoqué et j’ai écopé d’un blâme », témoigne-t-il. Quand il s’en est plaint à sa cheffe, elle lui a rétorqué : « S’il tient debout, tu dis qu’il va bien. »

Voilà de quoi justifier le tarif !

Tiens, tout ça me fait penser à un projet de réforme imminent qui consiste à supprimer les cotisations salariales sur l'assurance maladie... logique ! si on baisse les dépenses de santé, faudra bien que les particuliers puissent s'adresser, selon leurs moyens, à des ersatz de services sanitaires...

Pourtant, des personnels soignants et des auxilliaires de vie, il en faut. La société doit protéger ses vieux (qu'ils aient ou non des enfants). Pour ça, il y a un moyen : développer les services sanitaires, les lieux d'accueils, revaloriser les métiers d'infirmier, aider les personnes aidantes. Et mettre le paquet.

vendredi 4 mars 2016

Une maison de retraite coopérative et écologique pour que « les vieux » ne deviennent pas « des marchandises »

Ils ne voulaient pas terminer en traditionnelle maison de retraite mais être acteurs de leurs vies. Sept ans après leurs premières discussions sur le bien-vieillir, un groupe de retraités entame les travaux de la première coopérative d’habitants pour personnes vieillissantes. La non-spéculation, la démocratie et l’écologie sont au fondement du projet « Chamarel - Les Barges », situé dans un quartier de Vaulx-en-Velin à l’est de Lyon. Un projet tellement inspirant que la banque a même accordé à ces sexagénaires un prêt sur cinquante ans ! 
Insertion paysagère du projet Chamarel-Les Barges (Arketype Studio)

Rencontre: (PAR 
Le rendez-vous est donné au quinzième étage d’une des tours de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue est de Lyon. C’est là que se trouve le siège de l’association Chamarel, créée en 2010, à l’initiative de la première coopérative d’habitants pour personnes vieillissantes. Patrick, Janine, Hélène, Luc et Jean achèvent leur rendez-vous avec un couple de retraités intéressés par leur projet d’habitat coopératif. À dix minutes à pied se trouve le terrain où les travaux ont commencé début décembre 2015. Les seize logements et espaces mutualisés devraient être achevés à la mi-2017. Ce sera l’une des premières coopératives de retraités.

Tout est parti, sept ans plus tôt, d’une discussion entre deux amies sur les difficultés de proches n’ayant pas anticipé leurs vieux jours. « Rapidement, nous avons été plusieurs à nous réunir en se disant qu’il faudrait peut-être en parler pour ne pas emmerder nos enfants », se remémore Patrick, instituteur à la retraite.

« Les vieux deviennent des marchandises »

Autour de la table, tous pointent l’absence de financement pour les foyers-logements et les longues listes d’attente des maisons de retraite. « Ne restent que les “senioriales” (des résidences pour les seniors), inabordables pour la plupart des gens », dénonce Luc. « Les vieux deviennent des marchandises et certains s’en mettent plein les poches », appuie Jean, désireux de trouver une solution pour enrayer le phénomène. « Tous les soins échappent à la décision de la famille, on devient assistés, complète Hélène. Alors que, nous, on veut être acteurs de nos vies. » Ensemble, ils ont entamé une réflexion sur le bien-vieillir. Le groupe s’est progressivement agrandi autour de valeurs communes, afin de vivre au mieux leur vieillesse, avant de se lancer dans la création d’un lieu de vie commun.

Premier défi : trouver le bon statut pour leur projet d’habitat. Une rencontre avec la Fédération française des coopératives d’habitants les convainc de choisir la coopérative d’habitants, une troisième voie entre propriété privée et location. Le principe : regrouper des personnes voulant gérer et améliorer ensemble les logements qu’elles occupent dans un même immeuble. « Nous leur avons présenté les valeurs piliers de la coopérative d’habitants, que sont la propriété collective, la non-spéculation immobilière et la gouvernance démocratique », explique Valérie Morel de la Fédération Auvergne-Rhône-Alpes. « C’était les valeurs que nous défendions, et nous avions là le statut pour les mettre en pratique », se réjouissent les coopérateurs.

Illustration sur la non-spéculation: « Quand vous tapez EHPAD [établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, Ndlr] sur Internet, on vous invite à investir et on vous promet la rentabilité et des défiscalisations », note Patrick, agacé par cette surenchère. « Dans notre projet, la valeur des parts sociales est indépendante de la valeur immobilière. » Les coopérateurs sont propriétaires collectifs de l’immeuble : chacun amène des parts sociales. Mais si l’un d’entre eux quitte le logement, il part avec la valeur de la part sociale détenue au départ, quelle que soit la plus-value prise par l’immeuble. « Notre slogan est plutôt : investissez en parts sociales avec la certitude de ne pas faire de bénéfices ! », plaisante Patrick.

« Une personne égale une voix »

Le projet associatif des Babayagas à Montreuil, une maison de retraite autogérée, citoyenne et écolo, les fait réfléchir sur le mode de fonctionnement à adopter. Ils font le choix de l’autogestion et privilégient les valeurs démocratiques. Accompagnés et conseillés par Habicoop, les adhérents de Chamarel créent en décembre 2012 la société par actions simplifiées (SAS) « Chamarel-Les Barges », du nom du quartier dans lequel se trouve le terrain proposé par la ville de Vaulx-en-Velin.

La SAS – statut également adopté par les résidents du Village Vertical à Villeurbanne – permet de gérer le bâtiment dans l’attente de la légalisation du statut des coopératives d’habitants en France. Par exemple, le vote n’est pas proportionnel au nombre de parts sociales détenues, mais basé sur le principe « une personne égale une voix ». « En général, la décision est plutôt prise au consensus, et ça marche bien, observe Luc. Le consensus, ce n’est pas le plus petit dénominateur commun, mais souvent une troisième solution qui apparaît. »
Photo de membres de l’association Chamarel lors d’un repas coopératif en janvier 2016.
« On a fait une sorte de pari, poursuit Patrick. Quand il y a un chef, les décisions peuvent se prendre plus rapidement. Nous, on prend un peu de temps pour arriver au consensus, mais avec la volonté que le résultat soit plus solide dans la durée. »« Quand on m’a dit qu’il n’y avait pas de chef, ça m’a tout de suite plu ! » sourit Janine, qui rappelle que toutes les décisions sont prises lors des assemblées générales (AG) mensuelles de l’association. Entre chaque AG, les membres s’investissent dans des commissions – « bâti », « communication », « recherche de subventions », « éducation populaire », etc. « Normalement, je n’aime pas les réunions car c’est toujours les mêmes qui parlent, relève Hélène. Mais là, il y a des demandes de prise de parole, une écoute, ça donne confiance et on peut trouver sa place. »

Des murs en paille plus résistants au feu que du béton

En ce début d’année 2016, les réunions se multiplient. « C’est la course avec le chantier et les rencontres avec les artisans pour les devis », confirme Janine. Plutôt que de confier leur projet à un promoteur immobilier, les coopérateurs ont décidé d’être eux-mêmes les maîtres d’ouvrage. Ils ont choisi leur bureau d’études et les architectes, en fonction de leurs capacités d’écoute et de leur sensibilisation à l’écologie. Pour pouvoir peser sur les décisions techniques, les adhérents de Chamarel se sont formés à l’éco-construction, aux côtés de l’association Oïkos.« Nous avons compris que la base d’un bâtiment écologique était l’enveloppe (l’isolation) du bâti, son orientation et le réel savoir-faire des professionnels »,résument-ils. L’abonnement à des revues spécialisées comme La Maison écologique et des visites de chantier – parmi lesquels Le Toit vosgien, un bâtiment de sept étages en isolation paille – ont complété leurs connaissances.

« Ils sont motivés et motivants ! », confirme l’architecte Stéphane Peignier, de la société Arketype. Aux côtés de son collègue Clément Bel, doté de plusieurs expériences en habitat participatif, ils se lancent, avec Chamarel-Les Barges, dans le plus haut bâtiment isolé en paille en région Rhône-Alpes. Plusieurs obstacles ont déjà été surmontés. Un bureau de contrôle a par exemple refusé de valider comme coupe-feu des enduits terre sur paille, faute d’homologation française. Au terme de nombreuses heures de réunion, un nouveau bureau de contrôle a finalement accepté une homologation anglaise. « Les tests ont révélé une tenue au feu de 130 minutes, plus que n’importe quel mur en béton ! » pointe l’architecte Stéphane Peignier. Une ténacité récompensée.

Une construction écologique adaptée aux personnes vieillissantes

Outre l’isolation paille dans la majorité du bâti, les futurs résidents ont choisi des appartements traversants, de la lumière naturelle dans toutes les pièces et dans l’escalier pour inciter à l’emprunter, et une façade principale au sud. Le résultat transparaît sur les plans affichés à l’entrée de l’association. L’immeuble de quatre étages comprendra quatorze T2 de 45 mètres carrés, deux T3 de 63 mètres carrés ainsi que des espaces collectifs au rez-de-chaussée, dont deux chambres d’amis, une salle commune avec cuisine, un atelier bricolage, une buanderie, un bureau pour l’association Chamarel. « On a même prévu un local à vélos que l’on appelle entre nous “garage à déambulateurs” », lance, amusé, Patrick. Les coopérateurs ont également décidé que tous les appartements seraient identiques (double orientation, équipement cuisine similaire, etc.) dans un souci d’équité.

« Les coopérateurs se sont tout de suite posé la question de l’adaptabilité du logement aux problématiques du vieillissement et du handicap », ajoute Valérie Morel d’Habicoop. Ils ont notamment prévu des portes larges et coulissantes, et des facilités d’adaptation dans le temps... « On veut faire quelque chose qui puisse être fonctionnel pour les personnes vieillissantes », confirme Janine. L’emplacement du bâti garantit également une facilité d’accès aux transports en commun, commerces et services. En revanche, les contraintes budgétaires les ont amenés à différer la mise en œuvre de certains choix qui leur tenaient à cœur, comme la récupération de l’eau de pluie ou l’installation de panneaux photovoltaïques pour l’électricité.

Quand une banque accorde un emprunt sur 50 ans à des personnes âgées...

De la ténacité, il en aura aussi fallu pour le montage financier du projet, d’un coût total de 2,46 millions d’euros. Chaque futur résident doit apporter entre 25 000 et 30 000 euros. À ces apports personnels s’ajoutent quelques subventions, notamment de la région, et trois emprunts d’un montant total de 1,7 million d’euros. « C’est fabuleux comme montage, s’enthousiasme Luc. Des personnes âgées ont réussi à emprunter 75 % du coût total sur 50 ans ! Les bailleurs ont fini par accepter car ce projet leur fait de la pub. » « Je me souviens de la première fois où j’ai parlé du projet à mon banquier, renchérit Patrick, la soixantaine. Je lui ai dit qu’on avait un super projet, mais qu’il fallait emprunter 2,5 millions d’euros sur 50 ans... Le mec a toussé ! »

Les sociétaires anticipent également l’avenir. La redevance mensuelle (environ 800 euros pour un T3 et 600 euros pour un T2), sert à rembourser les prêts contractés par la société coopérative. Une partie de cette redevance (environ 30 %) est récupérable à terme, c’est en quelque sorte une épargne obligatoire qui permet à la coopérative d’équilibrer l’opération dans le temps, en intégrant des réserves de trésorerie permettant de maintenir le bâtiment en bon état, de faire face à d’éventuels non-paiement de loyer, à la vacance prolongée d’un logement par exemple. « Cette redevance assure une sécurité pour les bas revenus, sans mauvaise surprise dans les vingt ans qui viennent », précisent les coopérateurs.

Un lieu ouvert, empreint d’éducation populaire

À mesure que les travaux avancent, les coopérateurs envisagent de faire de leur bâtiment une vitrine. « Nous voulons proposer des visites à nos futurs voisins, à des écoliers, des lycéens, des étudiants, des enseignants, des élus », confient-ils. Leurs yeux brillent lorsqu’ils évoquent leur rencontre avec les étudiants d’architecture de Vaulx-en-Velin, ainsi qu’avec les enfants d’une école primaire avec lesquels ils ont échangé. Ces derniers mois, ils ont multiplié leur participation à des ciné-débats et des conférences. « On a vraiment envie que notre expérience puisse servir d’appui à d’autres, que ce lieu fasse réfléchir. » Ils sont également à l’initiative des deuxièmes « rencontres nationales du vieillir ensemble, mieux et autrement », qui se sont tenues en mars 2015.

Pour l’heure, huit coopérateurs se sont engagés à devenir de futurs habitants. Une vingtaine d’autres sont sociétaires et soutiennent le projet, comme Hélène, qui a encore besoin de mûrir sa décision. « Pour habiter ici, il faut être adhérent de l’association pendant au moins six mois, et que chaque partie se connaisse », tient à préciser Patrick. Personne ne doute de l’intérêt que suscitera leur projet.

En Suisse, en Norvège et au Québec, les coopératives d’habitants sont légales, et les listes d’attente s’allongent. « Plus on avance et plus ça devient concret, plus les gens nous disent qu’ils en ont marre d’être des anonymes dans un bâtiment »,observe Jean. Alors que quatorze des seize logements seront en prêt locatif social(PLS), une discussion s’amorce autour de la mixité sociale de leur futur lieu de vie.« Notre problème à Vaulx-en-Velin, ville la plus pauvre du département du Rhône, c’est de faire venir des riches. D’ailleurs, vous en avez déjà rencontré, vous, des coopératives de riches ? »

Si vous êtes intéressé(e) par le projet, vous pouvez envoyer un email à patrickchretien@hotmail.com ou téléphoner au 04 72 04 32 31, et l’association Chamarel vous proposera une date de rendez-vous (voir leur site).