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lundi 1 février 2016

Mémento pour accueillir des migrants...

 Nous pensons important de vous communiquer le texte ci-dessous, 
compte-rendu d'une réunion citoyenne sur l'accueil des migrants
 qui s'est tenue  le 9 décembre dernier à St Martin en Haut

Intervention de Philippe Eluard

1    Introduction 

Pourquoi une telle réunion ? L'actualité se charge de nous rappeler régulièrement que des personnes quittent leur terre d'origine pour migrer vers nos pays d'Europe. Pour citer quelques événements récents qui viennent de se superposer :
·         Une photo sur internet d'un petit enfant décédé sur une plage et qu'un sauveteur recueille dans ses bras a un impact médiatique très fort, par l'intermédiaire d'internet. Notre opinion publique réagit vivement. Pourquoi cette photo a un tel impact alors que cela fait plusieurs années que des personnes qui migrent en Méditerranée se noient ? C'est difficile à dire. Mais cette photo indigne nos concitoyennes et concitoyens.
·  Les frontières de l'Est de l'Europe sont assaillies par des milliers de personnes qui, majoritairement, fuient les guerres. Les médias insistent sur cette situation en pointant, en particulier, le conflit en Syrie. Là encore, l'impact médiatique est tellement fort que les gouvernements européens s'emparent de la question… Faut-il accueillir les personnes qui demandent asile ?
·    Les dernières élections régionales en cours posent la question de l'accueil des personnes migrantes. La zone de Calais dite la jungle est dénoncée par des associations à cause de l'insalubrité qui y règne. Le Front National se sert de cette situation pour développer l'idée que les personnes étrangères qui viennent son facteur de déséquilibre social et nous entraînent toutes et tous dans le chaos social.
·         Dans le même temps, une voix s'élève au sein de l’Église catholique, celle du pape François. Celui-ci se saisit de la question écologique au moment de la conférence internationale sur le climat. Ainsi il écrit un texte, une encyclique, Laudato se.
     Dans ce document, le pape François nous présente notre terre, comme une maison commune. Pour l'Evangile et donc pour l’Église catholique, toute personne humaine doit pouvoir vivre dignement dans cette maison commune. Toute personne doit pouvoir circuler librement dans la maison. Rien ne justifie que certaines personnes doivent s'entasser dans la cave ou le grenier alors que quelques unes ou quelques uns se réservent des étages entiers. 
     Tout le monde doit pouvoir bénéficier de l'eau, du gaz ou de l'électricité à égalité. Un individu qui est obligé de quitter sa terre par force et qui est obligé de migrer dans une autre région du monde, est atteinte gravement dans sa dignité. Aussi le pape François invite l'humanité et particulièrement l'Europe à cesser de fermer ses frontières et à se mettre en situation d'accueil des autres et non pas de rejet. 
     La libre circulation et l'accueil dans les zones plus riches, plus sûres est une obligation, au nom de la dignité humaine. C'est peut-être une utopie….mais c'est l'invitation ferme du pape François. Il invite en particulier les catholique individuellement et collectivement à participer comme ils le peuvent à l'accueil des migrantes et migrants.

Toutes ces raisons juxtaposées et sans doute bien d'autres conduisent des personnes à se mobiliser pour l'accueil des personnes étrangères. Et c'est ainsi que quelques unes, à Saint Martin, ont proposé cette soirée.
Moi-même, j'ai été sollicité pour cette soirée à cause de mes liens d'amitié avec Marie Françoise et Michel Valette. Je suis donc  Philippe Eluard. J'habite tout prêt à Saint Genis l'Argentière. Longtemps assistant de service social, la question des personnes étrangères en difficulté sociale en France a marqué profondément ma pratique professionnelle. Diacre de la Mission de France, dans l’Église catholique, je suis particulièrement sensible à l'appel du pape François, ce qui m'a conduit à participer directement à la cellule diocésaine d'accueil des migrant-es et c'est un peu à cause de tout cela que j'ai été invité à intervenir ce soir.

Je vais donc vous parler de l'accueil des personnes migrantes, et ma parole sera surtout une parole citoyenne, c'est à dire une parole enracinée dans notre devise républicaine qui ne dépend d'aucune religion : liberté, égalité, fraternité. Ce que nous vous proposons ce soir, c'est une action de la société civile sans présupposé idéologique, même si mon propos sera forcément marqué par mon statut de croyant chrétien, engagé dans l’Église catholique…

2           Les personnes migrantes, de qui parlons-nous ?

 Pour vous parler des différents statuts des personnes en situation de migration en France, je vais me servir d'un document du Secours Catholique. Surtout n'y voyez pas une volonté d'imposer une vision de cet organisme et de l’Église. Mais c'est un document qui me semble très clair pour présenter cette situation.

  1 -Commentaire du document du Secours Catholique.

Précisons d'emblée un premier élément : Quand nous parlons des personnes migrantes, nous parlons bien des personnes qui se mettent en position de quitter le lieu où elles ont toujours vécu de manière involontaire. Elles quittent leur terre pour des raisons qui ne leur sont pas propre. Nous ne parlons pas des personnes qui, par choix, se disent qu'elle vont aller vivre à l'étranger parce que je vais m'enrichir, etc. Dans notre réflexion, ils 'agit bien des personnes qui partent parce qu'elles vivent une insécurité sociale.

Cette insécurité, comme nous l'avons vu dans les médias, vient d'abord des situations de guerre. Les différents conflits sont nombreux. Nous pouvons citer l'Irak, la Syrie, le Moyen Orient, le Mali et bien d'autres. Oui, la guerre est source d'insécurité. 
Une deuxième raison de l'exil, c'est les situations de persécutions. « Je suis de tel peuple, de telle religion,de telle philosophie. Et bien des habitants du pays où je vis, me tombe dessus au nom des idées que j'ai, au nom de ma race, etc, Les personnes de mon pays font tout pour que je parte. C'est des intimidations, de la violence, des humiliations, la restriction des déplacements, l'interdiction de certains lieux publics,etc.) ». La persécution peut être très large. Le peuple Roms, en Europe, est dans cette situation.
 La misère est source d'insécurité. C'est le cas du pourtour méditerranéen, de l'Afrique. Ce sont les gens qui ont des revenus mensuels d'environ une dizaine d'euros, alors que les prix alimentaires sont ceux de nos sociétés, et bien il est impossible de vivre dignement. Évidemment nous allons citer le climat. C'est à la mode avec la COOP 21. 
J'aurai tendance à dire qu'il est vraique des personnes migrent à cause du climat. Mais cela est connu depuis longtemps. Par exemple, l'extension du Sahara depuis plus de cinquante ans, fait que des gens sont conduit à quitter leur terre parce qu'il n'est plus possible d'y vivre car il n'y a plus d'eau. Les raisons climatiques, il est vrai, se multiplient. La montée des mers touchent des îles qui sont submergées.

Ainsi des gens partent et ils commencent un voyage. Ce n'est pas un voyage organisé avec des autocars, etc. On part et on cherche des solutions. Et évidemment, dans notre monde bien organisé, des personnes profitent de la situation pour se faire de l'argent. C'est la question des passeurs. Ils oublient de préciser les conditions du voyage. Cela explique les nombreux morts en Méditerranée.

Les personnes qui finissent par arriver en France: Elles ont vécu les difficultés du voyage, le rôle très compliqué des passeurs qui leur ont vendu un voyage, quelquefois un récit de vie, pour s'introduire en Europe. Elles doivent trouver le moyen de rester en France. En effet, au bout de trois mois, le statut de touriste s'interrompt. Il faudrait repartir ailleurs. 
La première démarche, c'est la demande d'asile. C'est dire qu'on a quitté son pays, à cause de persécutions. Il faut s'adresser à l'organisme qui s'appelle l'OFPRA. C'est une procédure qui dure entre six mois et deux ans. Tant que le dossier est étudié, les gens peuvent rester sur le territoire. Mais ils n'ont pas le droit de travailler. Ils peuvent être hébergés dans des centres spécialisés. Ils reçoivent un petit pécule pour vivre. Cela était la situation de certaines personnes qui ont été hébergées, il y a quelques temps, à Saint Clément les places. Cela n'est pas forcément facile à vivre, mais les personnes ont un statut provisoire. Les gens ont un récépissé qui leur sert pour les contrôles d'identité.
Les personnes qui ne demandent rien, sont dans une situation illégale. Ainsi, déjà, dans un premier temps, deux situations apparaissent, les sans-droits et les demandeurs d'asile. 
Ces deux situations ne concernent pas les citoyens européens qui ont le droit de la libre circulation en Europe. C'est le cas de la majorité des Roms par exemple. Les Albanais ne sont pas des ressortissants européens, même si l'Albanie est en cours d'intégration européenne.

L'OFPRA, après étude des dossiers et lecture des récits, peut décider de ne pas accorder le droit d'asile. Les personnes sont déboutées du droit d'asile. C'est 70 % des personnes qui ont fait une demande d'asile. Elles sont avisées de la décision par une lettre. Le courrier leur signifie une « OQTF », une obligation de quitter le territoire français. 
A partir de ce moment, la police peut, à tout moment, contrôler ce document et peut à tout moment, les prendre sous sa responsabilité, les conduire dans un centre de rétention. Les personnes normalement doivent être reconduites à la frontière, et renvoyer dans le pays d'où elles viennent. Majoritairement, elles restent en France. Elles sont dans un statut très angoissant pour elles, d'une menace permanente de reconduite à la frontière.

Autre cas, l'OFPRA accorde le droit d'asile. Les personnes ont un statut de réfugié. Il leur est accordé une carte de dix ans de séjour en France. C'est une situation qui devient la même que celles des étrangers réguliers. Le droit au travail est accordé. Avec le travail, viennent les droits à la sécurité sociale, aux logements sociaux. Ces personnes ont le droit à une protection spéciale dans certains cas.

Le centre de rétention est un lieu de passage. Il sert à garder les gens pour respecter les délais pour les recours juridiques que peuvent introduire les personnes expulsées.
Les enfants sont sous la responsabilité de la protection de l'enfance qui vérifie la scolarisation, la bonne santé et l'absence de violence à leur endroit. Mais la police peut prendre des enfants pour les conduire en centre de rétention. C'est arrivé quand il s'agit d'expulser toute une famille.

Les décisions de l'OFPRA sont toujours relatives, car il est impossible de vérifier la totalité des dires d'une famille. Ce que nous pouvons dire, c'est que compte tenu des difficultés des parcours migratoires, et des souffrances des voyages, il faut une motivation extraordinaire pour entreprendre la démarche de partir. On peut affirmer qu'il ne s'agit pas d'une démarche de quelques personnes qui font une démarche pour aller d'un confort qu'elles possèdent, pour trouver un confort plus grand. Cependant il faut remarquer qu'il me semble impossible de trier les situations des personnes migrantes en fonction des raisons qui ont motivées leurs décisions, : guerre, climat, économie... Souvent les motivations sont multiples. Nous sommes dans des situations multiples.

Le droit au titre de réfugié répond à des conditions très précises liées à la convention de Genève. L'asile est possible pour des personnes victimes de persécutions à cause de leur race, de leur religion, etc. Les situations de violences ne sont pas suffisantes pour autoriser l'attribution du droit d'asile. Les violences familiales ou claniques n'entrent pas dans ce cas, par exemple. Pour les homosexuels, il s'agit de raisons philosophiques ce que la convention de Genève reconnaît. Pour les autres violences, le droit d'asile est refusé, ce qui pose problème, car il est possible qu'une expulsion vers le propre pays les soumettent à une extrême violence. Quelquefois on accepte de les envoyer vers un autre pays. C'est en quelque sorte jouer à la patate chaude.

Suite aux impacts médiatiques récents, l'Europe a décidé d'accueillir des réfugiés syriens. C'est bien l'impact du choc médiatique qui pousse les gouvernants à permettre des accueils. Dans le cas des réfugiés venant de Syrie, c'est l'Europe, à l'entrée de l'espace Schengen, qui assure le tri des personnes et qui donne le titre de réfugié. L'OFPRA n'a pas à intervenir. Ce sont les réfugiés syriens qui sont attendus. François Hollande avait annoncé que la France s'engageait à en accueillir à peu près 30000 en deux ou trois ans. Ils arriveront en France avec le titre de réfugiés.

C'est une nouveauté car ils vont arriver en France avec le statut de réfugié européen. Autre nouveauté, le gouvernement a souhaité que ces réfugiés soient accueillis par les communes, moyennant une aide de 1000 euros venant de l'état. Les maires ont donc été sollicités par des courriers venant des préfets, au mois de juillet. Les associations habilitées à accueillir les réfugiés ne sont donc pas sollicité par le gouvernement et les services de l'Etat. C'est donc un nouveau circuit d'accueil qui se met en place.

Ce qu'il faut rajouter, c'est que parmi ces personnes victimes de la guerre, il se trouve qu'une majorité des futurs réfugiés est musulmane, les autres étant chrétiens. Il peut être rassurant d'accueillir des réfugiés chrétiens pour éviter d'accueillir des personnes radicales et terroristes. Donc certains maires, comme celui de Roanne par exemple, et certaine catégories de la population souhaitent, s'ils accueillent des réfugiés, avoir la garantie qu'ils sont chrétiens. Le débat est ouvert.

Le pape François, lui, ne dit pas cela. La question qu'il pose à l'Europe, comme il l'a posé aux Etats Unis, comme il l'a posé à l'Afrique du sud, c'est l'accueil de toutes les personnes en situation de migrations, qu'elles soient réfugiées ou pas, chrétiennes ou pas. L'appel du pape très clairement est un appel à accueillir toute personne en déplacement involontaire pour quelques raisons que ce soit. Je réaffirme cela, car beaucoup de confusions sont apparues dans notre société. Le pape François a un certain impact médiatique, même dans les médias français. Il s'est exprimé entre autre au moment de la photo. Les politiques se sont surtout emparés des retombées de la photo médiatique. Ils ont donc repris la question des réfugiés de quelques guerres très précises. Les gens se disent qu'il est proposé d'accueillir des réfugiés. Le pape nous demande d'accueillir. Il faut répondre à cet appel. Dans un raccourcis, on en arrive à penser qu'il faut accueillir des réfugiés, de bons réfugiés, ci-possible avec la garantie qu'ils ne sont pas terroristes.
Le pape a invité les catholiques à participer à ce mouvement d'accueil de migrants. Il a demandé à toutes les paroisses d'accueillir au moins une famille de migrants, sans distinction. Il a été encore plus loin en demandant à chaque catholique de participer à cet accueil.

2. A Lyon

A Lyon, qu'est ce qui s'est passé ? La situation est un peu différente. Je parle à partir de l'action de l’Église catholique, mais cela a eu et a encore des répercussions pour l'ensemble du territoire.

A Lyon, au mois d'avril, le préfet a fait procéder à l'expulsion d'un squatt regroupant plus de cent familles. Ces familles sont majoritairement albanaise et quelques unes kosovars. Mais, et c'est une relative nouveauté, il ne propose aucune solution de relogement aux familles expulsées. Du coup, l’Église catholique n'a pas accepté cela.
Donc l’Église catholique a décidé d'ouvrir des lieux d'accueil de ces gens qui étaient dans la rue, sans jamais se poser la question du statut de ces gens là. Majoritairement ils étaient déboutés du droit d'asile. Ils sont donc sans papier. C'est le cas des trente familles qui sont actuellement à Craponne. D'autres familles sont à Villeurbanne ou à Tarare ou encore dans d'autres paroisses lyonnaises. A Craponne c'est une cure ancienne en cours de rénovation qui sert à l'accueil, par exemple. On ouvre des lieux pour accueillir quelquefois dans des conditions relativement précaires, mal adaptées.
Ensuite, se pose la question de l'accompagnement de ces familles. L’Église a donc pris contact avec le préfet. Une discussion a lieu avec le préfet. Le préfet, devant le fait accompli de l'accueil par l’Église, finit par accepter d'étudier au cas par cas la situation de ces familles.

Cela nous concerne dans les monts du lyonnais. Il y a trois couples présents dans la cure de saint Genis l'Argentière. Cinq ou six familles sont à Tarare. Une famille est à Savigny dans les coteaux du lyonnais. 
Un accord a été conclu avec le préfet. Si les personnes ont une promesse de travail, le préfet accordera un titre de séjour pour la durée du travail. Les conditions qu'il a imposé, c'est la nécessité d'avoir une promesse de travail d'au moins trois mois, et au moins un mi-temps. Quelques familles ont réussi, avec l'appui des équipes de bénévoles, à obtenir des promesses de travail. Elles ont reçu un titre de séjour pour la personne qui travaille. Ensuite les entreprises ont pu faire le contrat de travail. C'est le cas des trois couples, par exemple, de Saint Genis l'Argentière. Les hommes ont eu un contrat de travail. L'un travaille chez un traiteur de Tarare. Et les deux autres travaillent dans une entreprise du bâtiment à Sainte Foy l'Argentière. Ce sont toujours des emplois qui ne sont pas pourvus par des Français. C'est bien une situation exceptionnelle avec une négociation au cas par cas.

Au niveau des populations dans les communes qui accueillent, il faut bien voir que tout le monde n'est pas prêt à accueillir des étrangers. Il faut comprendre les peurs des citoyens qui voient des étrangers présents dans la commune. Le choc des cultures est véritable. Les monts du lyonnais ont une vraie culture très affirmée. Il faut donc travailler avec la population sur l'accueil.
Il est vrai qu'actuellement les jeunes agriculteurs sont confrontés à une insécurité réelle de leur situation. Des réflexes identitaires sont donc explicables.
Il faut voir actuellement que de nouveaux cas d'expulsions de squatts sont en cours sur Lyon. Il s'agit de plusieurs centaines de familles de Roms, qui sont majoritairement européens. Le préfet a déjà donné l'ordre d'expulsion. La pression de la société civile et des associations aussi bien chrétiennes que non fait que le préfet tente une négociation pour des relogements. Il cherche des solutions d'accueil sur des terrains appartenant à l'état. Il faut voir que les habitants réagissent. Des pétitions contre l'accueil de migrants circulent et le préfet cherche des solutions qui apaisent.

Le diocèse, devant cette question de l'accueil, s'est organisé. Une petite cellule de huit personnes s'est constituée et coordonne les initiatives d'accueil et les propositions d'accueil ou d'aide à l'accueil de la part des catholiques. Des petites équipes se constituent dans certaines paroisses. Dans la suite de ce travail, les associations lyonnaises, en lien avec le diocèse, se sont organisées dans un collectif qui est une sorte de forum autour de l'accueil des étrangers.

Il est important de bien prendre conscience des difficultés qui sont posées par l'accueil de migrants qui à priori n'ont pas d'avenir en France. C'est pourquoi il est essentiel de constituer de petites équipes pour parvenir à un accueil de qualité. Nous recommandons aux personnes de ne pas se lancer tout seul dans l'accueil. Il faut une équipe autour d'un lieu d'accueil. Il faut négocier le type d'accueil qu'on propose. Tout le monde n'est pas apte à accueillir des personnes sans papier. Il faut se poser toutes les questions juridiques liées aux locaux qui servent à l'accueil. Il faut penser aux frais, comme l'assurance, le chauffage, etc.

3 En conclusion :

Des personnes sont conduites par les conditions de vie dans leurs pays d'origine de chercher à venir vivre en Europe. Elles sont au nombre d'environ un million aux frontières. 
Il serait possible de les accueillir à condition de changer nos visions de la société que nous voulons construire en Europe.
Des associations appellent à cet accueil et plusieurs églises chrétiennes dont l'église catholique appellent à accueillir les migrants et les réfugiés.
Dans nos communes, des initiatives sont prises pour l'accueil et plusieurs familles sont présentes et sont accompagnées. Quelques unes parviennent à trouver du travail et à régulariser leur situation.
Pour d'autres, ce sera sans doute plus difficile. Pour autant, une présence amicale auprès d'elles est importante.

Nous encourageons à prendre des initiatives d'accueil des étrangers qu'ils soient en situation régulière ou non. C'est une démarche exigeante et difficile. C'est pourquoi nous conseillons de s'organiser pour accueillir. Il est bien de constituer de petites équipes que nous sommes prêts à accompagner dans la réflexion.

mercredi 13 janvier 2016

Votez pour Catherine avec le Petit Journal!

Le Petit Journal, premier quotidien en ligne des Français de l'étranger, organise chaque année les Trophées des Français de l'étranger. Qui trouvons-nous cette année dans la catégorie des Entrepreneurs?
CATHERINE SEISSON
Profession: (P) Artisane Boulangère

Pays de Résidence: États-Unis
Pays d'origine: France, commune de Vaugneray (Rhône)

"Catherine, 51 ans, veuve, maman de deux enfants, s’est totalement reconvertie aux Etats-Unis. De cadre dans l’industrie pharmaceutique, elle est devenue fondatrice d’une boulangerie à la française en Pennsylvanie.
Récit d’un rêve audacieux devenu réalité."

... L'histoire racontée sur femmexpat.com. Des mots sur une vraie aventure, de vais défis et joies au quotidien, chaque jour à pétrir, conquérir, avec le sourire et l'énergie de l'entrepreunariat...

Curieux d'en savoir plus sur la génèse? : 
Curieux d'en savoir plus sur l'accueil en Pennsylvanie et sur La Baguette Magique?
La baguette magique: reconversion professionnelle en boulangerie
Et tout reste à inventer.. ouvrir le fournil aux enfants, aux adultes, pétrir ensemble, cuire et partager.. avec les écoles, les hôpitaux, les associations locales, les sans-abris.. tous ces projets sont à l'étude pour démarrer en 2016... en accueillant du personnel en situation de handicap, en plus de nos stagiaires..

Pour voter pour Catherine, suivre le lien ci-dessous, aller au bas de la page, et liker, partager, tweeter...

mardi 14 juillet 2015

A ceux qui me répètent qu’on ne peut pas accueillir “toute la misère du monde”.

  PAR RACHEL NEF (blogsmediapart.fr)

Parce que je n'en peux plus d'entendre, à chaque fois que je dis que je travaille dans l’accompagnement des demandeurs d’asile “Mais il sont vraiment trop nombreux, non ?” “Déjà que la France est un des pays les plus généreux en Europe ...” et autres “La France ne peut pas  accueillir toute la misère du monde"... j'ai décidé d’écrire ce texte, pour contenir ma frustration, mon indignation qui croît chaque jour en entendant les politiques nous abreuver de chiffres hors contexte censés nous démontrer que nous sommes une forteresse assiégée, et contenir ma tristesse de voir notre gouvernement de “gauche” si tétanisé par l’influence de l’extrême droite dans le champ politique qu'il finit par rentrer dans son jeu
Je comprends que les gens finissent par s'y perdre et par se demander si, vraiment, on accueille trop de demandeurs d’asile en France. 
Alors déjà pour ceux qui me citent la fameuse phrase de Rocard, il ne faudrait tout de même pas en oublier la seconde partie : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part ».

Et pour ce qui est de prendre sa part, on va le voir, malgré son image de pays des Droits de l’Homme, la France est loin d´être exemplaire.

En ce qui concerne les demandeurs d'asile – c’est à dire des personnes ayant fui leur pays parce qu’elles y ont subi des persécutions ou craignent  d’en subir et qui sont en quête d’une protection internationale – la France a enregistré 62800 demandes d’asile en 2014, loin derriere les Etats-Unis (88400) ou d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne par exemple (202 700 demandeurs), la Suede (81200) ou l'Italie (64600)1.

Et si on rapporte ce chiffre a la proportion de la population de chaque État membre de l’UE, ce qui est plus significatif, les taux les plus élevés de demandeurs ont été enregistrés en Suède (8,4 demandeurs d’asile pour mille habitants), devant la Hongrie (4,3), l’Autriche (3,3), Malte (3,2), le Danemark (2,6) et l’Allemagne (2,5). La France n’arrive qu’en douzième position (1 demandeur d’asile pour mille habitant).
La France est donc loin de “ployer” sous le poids des demandes comme on ne cesse de nous le répéter.
Centre d'accueil d'urgence Oullins
La France n’est pas non plus le pays qui accorde le plus de statuts de réfugié (ce qui constitue l’aboutissement “positif” de la demande d’asile) : en 2014, dans l’UE, 45% des demandes d’asile ont été reconnues positives. Le taux d’accord en France pour 2014 était quand a lui de 28%3. Donc pour la France si généreuse, on repassera.

Et si on regarde au niveau mondial, quel est selon vous, le pays qui accueille le plus de réfugiés ?
Ca doit être en Europe pour qu’on nous répète inlassablement que c’est un si lourd fardeau ... Et bien non, figurez vous!  C’est le Pakistan qui arrive en tête des statistiques du HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés), avec 1,6 million de réfugiés, suivi de l’Iran avec 857 000 réfugiés  et du Liban qui en compte 856 000.
Le Liban a, sur son sol, 178 réfugiés pour 1 000 habitants, ce qui, rapporté à la France, donnerait quelque 12 à 15 millions... Or, on estime à environ 165 000 le nombre de personnes disposant du statut de réfugié politique en France (0,29% de la population). C’est une goutte d’eau, nous sommes tout à fait en capacité de les accueillir.

Contrairement aux idées reçues, ce sont les pays en développement qui reçoivent la majorité des personnes en demande de protection – 90% des demandeurs d’asile et des réfugiés vont dans des pays proches ou frontaliers, donc l’Europe n’est absolument pas la zone du monde la plus affectée. Par rapport à la situation des réfugiés syriens par exemple, l'exemple est flagrant.Alors que le nombre de déplacés va bientôt atteindre la barre des 4 millions, l'ONU a demandé que 30.000 d'entre eux soient « réinstallés » dans des pays occidentaux. L’Allemagne a promis d’en accueillir 20000, la Suède 1200, la France, devinez combien?........500. L’immense majorité de ceux-ci (97%) s’installent au Liban, en Jordanie, en Turquie ou en Irak. Nous sommes loin d’être envahis. Le monde entier ne rêve pas de rejoindre l'Europe. Relisez les chiffres ci-dessus pour comprendre à quel point c’est faux.
De plus, on réduit le migrant à son statut de migrant, comme si l’unique but de sa vie était de venir frapper à notre porte, mais derrière chaque demande d’asile se cache un homme ou une femme avec son histoire, son passé, un homme ou une femme qui a grandi quelque part, a eu une enfance, a des attaches, un endroit où il s’est sentí chez lui. Je me souviens de ce Monsieur tchétchéne qui m’évoquait les larmes aux yeux les montagnes de son enfance, car jamais il n’aurait pensé ne pas vieillir a leurs pieds ou de ce Monsieur bangladais qui s’était effondré dans mon bureau car il venait d’apprendre la mort de son père au pays et savait qu’il ne pourrait même pas lui rendre un dernier hommage… Qui voudrait vivre ca ? Franchement, qui ? Sans parler des trajets abominables pour atteindre l’Europe tristement illustrés par les récents  naufrages en Méditerranée…

Vous pensez que quand on vient de pays comme la Somalie ou Érythrée on vient parce que le système d’allocations est plus avantageux en France que chez soi ? Il faut arrêter la plaisanterie, imaginez un instant ce que cela représente de tout quitter et vous comprendrez qu’on part parce qu’on n’a pas le choix.

Vous voudriez vous, rester dans un Etat où règne la terreur, la guerre, où vous avez peur chaque jour pour vos enfants ? Un Monsieur sri-lankais que je suivais et qui dormait dehors faute de solution d’hébérgement m’a dit un jour “C’est très dur. Mais au moins ici je suis libre et je n’ai plus peur en permanence.”
Renseignez-vous sur les régimes politiques en Somalie ou en République Démocratique du Congo, demandez-vous si vous resteriez en Syrie dans la situation actuelle. Ou en Russie si vous êtes menacé de mort parce que vous avez écrit un texte qui déplaît aux autorités. En Guinée où votre fille se ferait potentiellement exciser comme vous dès le plus jeune âge.
Equipe de foot créée par le Secours Catholique à Lyon en 2013
L’espoir d’une vie meilleure est équitablement partagé sur notre planète et ne nous est pas réservé parce que nous sommes né du bon coté de la barrière. Plus généralement, l'immigration est toujours présentée comme un problème, alors même que de nombreuses études indiquent que l’immigration est positive pour l’Etat français, en termes démographiques, en termes de croissance, de savoir, de diversité et qu’elle rapporte même de l’argent (12 milliards par an tout de même selon une équipe de chercheurs de l’Université de Lille)5. C’est donc le regard médiatico-politique sur les migrants qu’il faut réussir à changer. Et ne pas céder aux discours populistes qui prospèrent à l’aune de la montée du Front National qui trouve là un terrain fertile en ces temps de récession économique.

Nos démocraties peuvent tout à fait accueillir ces migrants, et au lieu de succomber à un populisme mortifère, devraient réfléchir à une politique migratoire de maniere plus sereine et apaisée et arrêter de faire des migrants les boucs émissaire de nos sociétés.

Sinon c'est notre humanité qu'on perd peu à peu.

 
1- Chiffres Eurostat
2- Chiffres Ofpra
3- Chiffres Ofpra
4-  A ce propos, lire le magnifique livre de Fabrizio Gatti “Bilal sur la route des clandestins”, ed. Liana Levi, 2008.
5-Courrier international, Les très bons comptes de l’immigration, 27/04/2012

dimanche 15 mars 2015

Fukushima, 4 ans déjà

C'était il y a 4 ans. Déjà! Le 11 Mars 2011 fait partie de ces dates maudites dont chacune et chacun d'entre nous se souvient, avec douleur et effroi, comme tous ces instants -hors du temps- qui font basculer l'histoire.


1500 jours plus tard, des dizaines de milliers de japonais vivent toujours le chaos. Pas moins de 6000 personnes sur le site continuent de se relayer jour et nuit pour "limiter les dégâts" et organiser le démantèlement minutieux de la centrale, qui prendra encore plusieurs décennies. Les rejets d'eaux contaminées dans le Pacifique font courir des risques immenses pour la biodiversité. Les terres agricoles, elles, sont condamnées pour les prochaines centaines de milliers d'années qui viennent.

En France, sans avoir connu de catastrophe similaire, le nucléaire français vit des heures difficiles. En plus du danger qu'il fait courir, il apparaît pour ce qu'il est : un puits financier sans fond. Les comptes d'Areva, fleuron de l'atome, sont dans le rouge et affichent 4, 8 milliards de perte. Au même moment, la doyenne des centrales françaises Fessenheim -installée sur la plus grande nappe phréatique d'Europe ! - est mise à l'arrêt total pendant plus d'une semaine suite à un énième incident. Le chantier de l'EPR de Flamanville accumule quant à lui les retards et les surcoûts. Sans occulter le problème critique des déchets, dont la gestion sera reléguée aux générations futures.

La transition énergétique présente l'occasion d'un coup d'envoi pour un nouveau modèle pour aller, à terme, vers une sortie totale du nucléaire. Le développement des énergies renouvelables et des filières de démantèlement de centrale sont une chance pour créer des emplois non délocalisables.

Comme tous les mythes, le nucléaire a la vie dure. Indépendance énergétique, énergie sûre et bon marché : la fin des 30 glorieuses a levé le voile sur ces fausses réalités. En sortir oblige à repenser le futur et ré-interroger les choix stratégiques entrepris au XXème siècle. Il y urgence pour la planète, et pour ses habitants.

D'après Emmanuelle Cosse
Secrétaire nationale d’EELV

mercredi 5 novembre 2014

C'est bientôt la semaine de la solidarité internationale

Depuis 1998, la 3e semaine de novembre de chaque année est consacrée à la Solidarité internationale
Ainsi, la Semaine est un grand rendez-vous national de sensibilisation à la solidarité internationale et au Développement Durable. Des manifestations alliant réflexion, créativité et convivialité sont organisées partout en France. Elles permettent de dépasser nos idées reçues, d’échanger et de s’interroger sur ce que nous pouvons faire pour rendre ce monde plus solidaire, que ce soit à travers nos actes quotidiens les plus simples comme les plus engagés.



Dans le Rhône, le Village de la Solidarité Internatinale sera ouvert du 14 au 16 novembre et accueillera expositions, concerts, tables-rondes, débats, projections et même une séance d'épluchage collectif avec Disco Soupe. 


Un moment fort le samedi 15 novembre avec la dégustation d'insectes … brrrr, ça vous fait frémir ? et pourtant, c'est peut-être bien la solution pour que tout le monde mange à sa faim demain sans dévaster la planète.







Le festival Sol’enFilms, manifestation associée à la Semaine de la solidarité internationale, se propose une fois de plus d’explorer un thème à travers des oeuvres cinématographiques : «Agriculture, alimentation, consommation, les vrais défis»

Sol’en Films, ce sont des films, mais aussi des échanges avec des associations liées à la solidarité internationale, dans une ambiance toujours conviviale. Un rendez-vous privilégié !

A Vaugneray, le Cinéval diffusera "Sacrée croissance" le jeudi 27 novembre à 20h30.


Le programme complet sur : http://www.lasemaine.org

jeudi 23 octobre 2014

Faites le quizz "empreinte forêt", vous serez surpris!

(d'après le Huffingtonpost - 21/10/2014) 
Consommation de cuir, de thé, de papier... nous pouvons désormais mesurer l'impact de nos habitudes quotidiennes sur les forêts via un calculateur en ligne lancé ce mardi 21 octobre par l'ONG Envol Vert, un outil permettant de calculer notre "empreinte forêt".
http://empreinte-foret.org/quizz/
Combien de paires de chaussures achetées chaque année? Combien d’œufs consommés chaque semaine? Quel budget consacré aux produits cosmétiques? 
En treize questions, on peut évaluer sa propre empreinte: faible, modérée ou importante.
Entre les questions, sont insérés des informations ("l'élevage bovin avec le cuir et la viande est le principal responsable de la déforestation en Amérique du sud", "les Français sont les plus gros consommateurs européens de chaussures avec 6 paires par an" etc...) et des conseils pour agir.
Il n'y a pas que le papier à prendre en compte. Sont ainsi ciblées les matières premières au cœur des processus de déforestation: bœuf, soja, café, huile de palme...
Nous aussi, nous avons fait le test et le résultat est... inquiétant
A UPA, on a fait le questionnaire. Nos réponses étaient la plupart du temps, dans la moyenne: 2 à 3 tasses de thé ou café par jour, tri du verre, du plastique et des emballages, réutilisation du papier imprimé, pas trop d'achats de produits en cuir ni de produits de beauté et d'hygiène. Dans certains cas, on pensait même avoir tout juste: achats de produits locaux bio, peu ou pas de viande, marche à pied ou vélo plutôt que voiture, transports en commun si possible... On se retrouve au final avec une empreinte "modérée"! C'est à dire que même en faisant attention à nos comportements, nous participons à la déforestation.
Au-delà de ce Quizz pour le grand public, Envol Vert, créée en 2011 et intervenant notamment sur les questions de déforestation en Amazonie, est en train de développer un calculateur "empreinte forêt" pour les entreprises, ce qui est un tout autre challenge. Est ainsi en cours de finalisation un outil pilote sur le cuir (permettant aux entreprises de mesurer l'impact de leurs approvisionnements dans cette matière, à la traçabilité souvent difficile à établir).
A la fin du questionnaire, des actions d'engagement pour réduire notre impact sur la déforestation nous sont proposées. A nous de les mettre en pratique!
La mobilisation est payante,voyez la réaction de l'entreprise bien connue Eram :



Suite à la campagne Le Cuir Tanne La Forêt  d’Envol Vert,  le groupe Eram a fait savoir en mars 2013 s’être fixé comme objectif « d’éliminer tout risque d’utiliser des cuirs provenant d’élevages liés à la déforestation amazonienne » d’ici 2015...

vendredi 12 septembre 2014

Prostitution et trafic de drogue pour booster la croissance!

D'après Fabien Ginisty, L'Age de Faire, août 2014
La Commission européenne a enfin trouvé LE moyen révolutionnaire pour créer de la richesse. Accrochez-vous : elle a demandé aux Etats membres d’intégrer la prostitution et le trafic de drogue dans le calcul de leur PIB ! 
Un article du Monde.fr précise que ça peut rapporter gros : « Pour l’Italie, l’« économie criminelle » ferait passer la croissance italienne de 1,3 à 2,4 % en 2014. Et les journalistes de préciser : "Une bonne surprise en période d’austérité budgétaire ; en effet, le déficit diminue à proportion que le PIB se ragaillardit. » Grâce à l’économie souterraine, tout devient enfin possible ! On entend déjà les analystes, soulagés, annoncer le « respect des engagements », le meilleur « climat des affaires », et le « moral des Français » en hausse !
Sans aucune considération morale, la comptabilité ? 
Assurément : le produit intérieur brut, qui représente la valeur de l’ensemble des richesses créées, prend aussi bien en compte la création d’une baguette que celle d’une mitraillette. 
Dans ce bric à brac de biens et de services, dont le seul point commun est d’avoir un prix, on retrouve la valeur créée par l’ouvrier du bâtiment et le cadre supérieur, mais aussi les antidépresseurs qui leur sont vendus en cas de souffrance au travail! 

Au contraire, la richesse créée par l’activité bénévole n’apparaît pas dans les comptes. 

Ainsi, le système comptable actuel agit comme une paire de lunettes déformantes, valorisant des richesses qui n’en sont pas, et masquant d’autres richesses, pour la seule raison qu’elles ne donnent pas lieu à un échange d’argent.
En soi, ce ne sont que des chiffres. Mais cela devient un problème quand les sociétés et leurs dirigeants chaussent ces seules lunettes pour orienter leurs décisions. Alors, comment faire ?
Derrière notre comptabilité amorale, il y a des croyances qui structurent notre façon d’envisager la richesse. 
Peut-être d’abord la croyance que "plus" est nécessairement mieux. Après tout, la première crise de surproduction est assez récente puisqu’elle date du XXème siècle. Comme le dit en substance l’économiste Keynes, l’économie a lutté pendant des millénaires contre la rareté. En revanche, « nous ne savons pas gérer l’abondance ». 
Une autre croyance qui structure notre façon d’envisager la richesse de manière amorale, est peut-être de croire que « les vices privés font le bien public » et justifient le libéralisme économique.

Et si nous changions de croyances, au lieu de vouloir à tout prix équilibrer des comptes amoraux ? 
Travailler pour le bien commun, en coopération, ce n'est pas si rare. Les milliers de contributeurs de Wikipedia, l’encyclopédie libre sur Internet, ont ainsi créé une plateforme d’une richesse inestimable.
Et si chacun  participait à un projet pour le bien commun, que deviendrait le modèle économique basé sur la compétition ? Cette démarche, qui dépasse aujourd’hui le cadre de l’informatique et d’Internet, commence à se structurer autour de la notion de « biens communs » : des biens et des services qui constitueraient un patrimoine mondial dont personne ne pourrait s’approprier la rente, mais qui pourrait être utilisé par tout le monde. On pense aux semences, aux médicaments génériques, à l’eau… 

Avec les lunettes de la comptabilité actuelle, on ne peut « mettre en valeur » ces richesses et les encourager pour orienter différemment nos sociétés. Peut-être faudrait-il changer de lunettes ?


mercredi 10 septembre 2014

Changement climatique : les grandes réunions internationales ne servent à rien!

(D'après Antoine Reboul - Enviscope -  le 18 juin 2014)

Des chercheurs à Grenoble, Oxford et Berlin ont étudié les raisons de l’immobilisme des sommets des Nations Unies sur le changement climatique. Verdict : Ces « grand-messes » médiatiques sont devenues trop difficiles à manager, les négociations y sont trop fragmentées, et les participants trop nombreux veulent y défendre leur point de vue, plutôt que de faire avancer la cause commune du changement climatique.






Malgré la très grande mobilisation des chefs d’états, hommes politiques, institutions et ONG pour assister aux sommets des Nations Unies sur le changement climatique, leur efficacité à trouver des accords mondiaux semble douteuse... 
Explications. 

Des sommets trop lourds à manager, voire ingérables

Au fil des ans, les négociations autour du marché du carbone et de sa compensation se sont complexifiées. « Les experts se sont multipliés impliquant des négociations très fragmentées et provoquant un décalage profond entre le discours politique et les négociations techniques » précisent les chercheurs. De plus « ce clivage et cette complexité se retrouvent lors des sommets de l’ONU. Les délégations sont plus nombreuses, les acteurs plus diversifiés et pas seulement liés au climat, les interactions entre négociateurs et ONG ne se font plus… Sous la lumière médiatique, chacun veut défendre sa cause et plus seulement celle de la lutte contre changement climatique. » Bref, ces rencontres sont ingérables.




De moins en moins d’efficacité, de plus en plus de médiatisation

Plus les conférences annuelles sur le changement climatique connaissent une popularité croissante plus leur efficacité diminue, c’est la conclusion à laquelle sont arrivés les chercheurs qui ont passé au crible, rapports, articles de presse, documents d’archives… de tous les sommets organisés sur le changement climatique entre 1995 et 2012 par l’ONU.

« Cela n’a pas toujours été le cas, expliquent-ils. Dans la première phase de la politique transnationale de l’ONU, les sommets annuels ont conduit à une augmentation des interactions entre les acteurs concernés et à une prise de conscience du monde entier sur l’urgence à agir. Ils ont servi de base à la mise en place de ressources communes et aux mécanismes de marché. »


Depuis Kyoto, les perceptions changent: Les intérêts économiques se sont invités dans les rencontres

Dès l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto en 2005, les chercheurs notent une évolution de la perception et de l’objectif de ces sommets. La mise en place du mécanisme de régulation des émissions de carbone fait entrer de nouveaux acteurs sur le terrain et complique les négociations. Ce qui a pour conséquences d’accroître le nombre et la variété d’acteurs participants à ces sommets, lesquels n’ont plus pour seul objectif la lutte contre le changement climatique. Il s'agit également de garantir "raisonnablement" des intérêts économiques menacés.

Conclusion: il faut mettre fin aux grandes messes incantatoires

Ces sommets, conçus volontairement comme des arènes traitant de questions politiques complexes et mal définies, ne sont plus adaptés. Leur format actuel a été utile pour sensibiliser et informer l’opinion publique concernant les enjeux du climat. Mais il faut maintenant organiser de plus petits forums avec des questions plus simples et aborder des sujets plus concrets afin de faciliter les accords.


Espérons que cette préconisation sera entendue, il y a urgence!

Sources: L'étude est parue dans l’Academy of Management Journal, réalisée par Charles Clemens Rüling,, professeur à Grenoble Ecole de Management (GEM), avec deux collègues Elke Schüßler, Freie Universität Berlin, et Bettina WittnebenUniversité d’Oxford.


samedi 19 juillet 2014

Envoyez-nous vos photos de vacances!


Et nous les publierons, soit sur le blog, soit sur la page Facebook, soit sur les deux!


Nul doute qu'à la fin de l'été, cela fera un magnifique kaléidoscope.


Indiquez-nous le lieu où la photo a été prise. 
Ajoutez tous les commentaires que vous souhaitez...
Pour les envois, une seule adresse mail: unionpourlavenir.vaugneray@gmail.com




Nous commençons aujourd'hui avec des photos de Bretagne, 
envoyées par Martine.


Audierne

Contemplation

Locronan

Pors Poulan

Quimper

vendredi 16 mai 2014

Bring back our girls!

Union Pour l'Avenir est solidaire

Enlèvement au Nigeria : “Il s’agit d’un féminicide”


Par Christelle Monteagudo, Manon Badard et Thomas Coudert 

Publié le 13/05/2014  à 08:24


Marie Da Fonseca, militante lyonnaise d’Osez le féminisme, était l’invitée de L’Autre Direct, ce mardi 13 mai dès 9h surLyoncapitale.fr. Elle est revenue sur la manifestation organisée ce mardi à 18h30, dénonçant l’enlèvement de plus de 200 lycéennes dans le nord du Nigeria par le groupe fondamentaliste armé Boko Haram.
Marie Da Fonseca ()
© Océane Fournier
Selon la militante d'Osez le féminisme, Marie Da Fonseca, le gouvernement nigérian a une grande part de responsabilité au sujet de l'enlèvement des jeunes lycéennes au nord du pays par une secte islamiste. "Ces femmes sont en danger de mort : le leader islamiste a annoncé hier qu’il les avait converties à l’islam, mais aussi qu’il allait les marier de force et les vendre, explique la militante. Pas étonnant que cela prenne autant d’ampleur. Le gouvernement nigérian n’a rien fait pendant trois semaines."

La mobilisation vient des Nigérians eux-mêmes

Le slogan "Bring back our girls", repris par de nombreuses personnalités dans le monde, provient en réalité du "terrain", seloon Marie Da Fonseca. En effet, au Nigeria, les manifestations se multiplient pour alerter l'opinion publique. "Les Nigérians ont fait appel aux associations partout dans le monde afin d’avoir un relais médiatique et une mobilisation généralisée", avance la jeune femme.
La mobilisation des stars féminines est aussi un élément positif pour la militante. "Cela aide, ça donne plus d’ampleur au problème. Il était temps aujourd’hui que les femmes puissent parler des conditions et des violences qu’elles peuvent subir. Pour moi, c’est normal", affirme-t-elle.

Ces jeunes filles, un “butin de guerre”

Employant le terme de féminicide”, Marie Da Fonseca estime que les femmes sont aujourd’hui “un butin de guerre”, et que le viol est “un crime de guerre, même s'il n’est pourtant pas reconnu comme tel”"Il y a une symbolique très forte : ce sont des jeunes femmes, au nombre de 223, scolarisées dans une école laïque." Autant de critères qui ont, d’après Marie Da Fonseca, incité les islamistes à mettre leur action à exécution.
“Se rassembler”, tel est le mot d’ordre de la militante lyonnaise afin de rendre hommage à ces jeunes filles et à leurs familles. Un rassemblement s'est donc tenu mardi soir à 18h30, sur la place des Terreaux à l'appel de nombreuses associations féministes.