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samedi 18 mai 2019

Rétablissons la consignation du verre en France!

Nous n'avons pas pour habitude de vous présenter des pétitions à signer, mais nous faisons une exception pour celle-ci, qui nous semble parfaitement pertinente.

Pétition adressée à François de Rugy, 
Ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire

D'après François Benest, MesOpinions.com


La récupération du verre dans les conteneurs dédiés est une bonne chose, mais que devient-il finalement ? Si une partie est effectivement refondue pour fabriquer du verre, l'autre est enfouie dans les décharges.

Les récipients que nous mettons dans les conteneurs sont généralement en bon état et ça  fend le cœur d'entendre des verrines et des bouteilles se briser lorsqu'on les jette alors qu'elles pourraient être réutilisées sans problèmes pendant plusieurs cycles. 
Dans ces conditions, pourquoi ne pas rétablir la consignation du verre qui avait cours en France jusque dans les années soixante-dix et qui est toujours pratiquée en Allemagne ?


Du fait de la contrepartie financière lorsqu'on rapporte des récipients en bon état, on pourrait attendre de cette solution les avantages suivants :

- diminution des déchets enfouis dans les endroits où le recyclage du verre n'est pas effectif
- diminution des dépenses énergétiques dues à la refonte du verre
- diminution de l'impact sur les ressources en sable et autres éléments destinés à la fabrication du verre
- diminution du prix des aliments en verrine
- diminution des déchets en verre dans la nature

Certains emplois des fonderies de verre pourraient être mis à mal, mais ils seraient de toute façon compensés par les emplois créés dans les usines de nettoyage et de tri des récipients.

Il serait possible, dans un second temps, d'inciter les industriels qui sont passés aux récipients en plastique à repasser au verre. On pense notamment aux sodas et à l'eau minérale. Cette solution limiterait en outre le rejet de plastique dans la nature, et les transferts de plastique dans les aliments et boissons que nous ingérons tous les jours.

Une autre piste à explorer serait la standardisation en France, voire au niveau européen, des récipients en verre afin que les coûts de production soient diminués, ainsi que les problèmes de tri.



Quelques sites pour aller plus loin:

samedi 29 septembre 2018

Peut-on vivre sans plastique?


Pourquoi le plastique est-il si présent dans notre vie quotidienne ?
Le plastique peut être utilisé pour des applications très diverses. C’est un matériau versatile, qui peut se mettre en forme et se profiler très facilement, là où le verre, le papier ou le métal sont difficilement modelables. Même à petite échelle, on peut fabriquer des pièces en plastique de toutes sortes, fines ou épaisses, rondes ou cubiques. C’est aussi un matériau qui présente un excellent rapport poids-résistance, ce qui explique qu’on le retrouve dans l’automobile et l’aéronautique, notamment. Enfin, c’est un matériau très peu cher, grâce aux investissements importants consentis après-guerre dans la pétrochimie, qui le rendent accessible à tous. 
Que représente aujourd’hui la production de plastique dans le monde ?
On produit environ 300 millions de tonnes de plastique chaque année. Et plus de la moitié de ces matières plastiques produites sont utilisées par l’agroalimentaire, notamment pour l’emballage des aliments.
C’est un choix qui a été fait pour des raisons d’hygiène, de légèreté, de praticité, mais surtout de prix, car ces emballages éphémères doivent ne pas coûter cher à produire. La première conséquence, c’est que les techniques d’emballage et de transport traditionnelles ont été remplacées et quasi oubliées. La seconde, c’est que l’essentiel de ces plastiques, à la durée d’utilisation très courte, finissent rapidement en déchets
Quels sont les effets de ces déchets plastique sur notre environnement ?
Pour mesurer la quantité de plastique rejetée, il faut avoir cette image en tête : nous consommons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel. Or ce plastique va persister bien au-delà de notre propre vie, au moins cinq à six fois la durée de notre existence. D’autant que le plastique est un matériau à densité faible, donc avec des volumes très élevés. Les effets sur l’environnement sont dramatiques. À court terme, on connaît ses effets polluants sur la faune et la flore – nous avons tous vu ces images de tortues ou de poissons piégés par des sacs plastique. Mais les risques sont encore plus importants à long terme : le plastique est un polymère qui ne se dissout pas comme le métal ou le verre, mais se dégrade en petits morceaux, microscopiques puis nanoscopiques. À cette échelle, qu’ils soient enfouis sous la terre, placés dans des réservoirs géotextiles ou immergés dans les océans, ces plastiques peuvent se diffuser et contaminer l’ensemble de notre environnement et des organismes vivants. 


Quels sont les risques pour notre santé ?
Le plastique met cent à deux cents ans pour se dégrader, voire plus. Or cela fait cinquante ans que nous avons commencé à l’accumuler, soit des milliards de tonnes de plastique qui ont tout désormais d’une bombe à retardement. On peut le constater avec les plastiques déjà utilisés à une taille très faible, comme les microparticules dans les cosmétiques ou les sacs plastique de caisse très fins par exemple : l’eau potable, le sel et certains produits de la mer sont déjà contaminés par ces micro- et ces nanoplastiques. Ingérés par notre organisme, ceux-ci peuvent traverser les tissus, s’accumuler dans les organes, entraîner des phénomènes inflammatoires graves et, dans le cas d’exposition à des doses massives, provoquer des réactions chimiques difficiles à prévoir. 
Quel est aujourd’hui le devenir des plastiques que nous produisons ?
On donne souvent des chiffres qui font référence au plastique collecté – or celui-ci ne recouvre qu’une partie des plastiques consommés. Aujourd’hui en Europe, environ 40 % de ces déchets sont dispersés de manière incontrôlée dans notre environnement, 30 % sont enfouis, 15 % sont incinérés et 15 % sont collectés pour être recyclés. Et sur ces 15 %, seule une petite minorité pourront être recyclés en circuit fermé, à condition d’être triés, décontaminés et repolymérisés en les mélangeant à du plastique vierge ! En réalité, seuls 4 à 5 % des plastiques que nous consommons entrent aujourd’hui effectivement dans un processus de recyclage. 
Le gouvernement promet 100 % de plastiques recyclés en 2025. Est-ce envisageable ?
Il y a une vérité qu’il ne faut jamais oublier : tous les plastiques produits termineront en déchets. Même le recyclage ne permet pas de détruire ces plastiques, il ne peut qu’assurer à certains d’entre eux d’être réutilisés une ou deux fois. Quand on recycle du métal ou du verre, on peut reproduire cette matière indéfiniment. Pour le plastique, on ne peut que retarder sa relégation au rang de déchet, et on devrait plutôt nommer décyclage cette opération. Alors, évidemment, il faut encourager le recyclage et le tri des déchets. Mais il ne faut pas non plus se leurrer : ce n’est pas parce que nous mettons notre bouteille d’eau dans le bon container que celle-ci va disparaître par magie. Et les messages du gouvernement qui vantent un avenir où tout le plastique serait recyclé ne font que retarder la vraie urgence, celle de réduire considérablement notre consommation de plastique.
L’incinération de ces déchets est-elle une mauvaise idée ?
Non, c’est une solution possible au problème du devenir des déchets plastique. Mais elle devra être mise en œuvre au sein de stations qui permettent de limiter l’émission de composés volatils toxiques, afin qu’ils ne finissent pas dans l’atmosphère. La recherche avance de ce côté-là, y compris pour transformer à terme ces émissions en carburant. Mais nous n’en sommes pas encore là, et l’incinération ne peut pas constituer le seul débouché possible, vu la diversité des plastiques concernés.
Que pensez-vous des recherches autour du « bioplastique », qui pourrait prendre le relais des plastiques traditionnels ?
Le « bioplastique » tel qu’il est présenté aujourd’hui est en général un matériau conçu à partir de ressources alimentaires pour les transformer en matières plastiques, avec les mêmes propriétés, mais aussi les mêmes problématiques en termes de déchets ! Donc l’intérêt est très limité, si ce n’est au niveau marketing. Mais la recherche, là aussi, progresse, notamment vers l’emploi de résidus non utilisés, résidus agricoles ou effluents urbains notamment, pour produire des matières plastiques qui soient à la fois biodégradables et recyclables. Et cette recherche, soutenue par l’Europe, suscite un très grand intérêt chez les industriels de l’emballage, bousculés par les dernières réglementations qui interdisent certains plastiques.
Est-ce une préoccupation uniquement  européenne ?
Non, l’Europe cherche à mettre en place une stratégie de coordination avec des grands pays comme la Chine ou l’Inde. Il n’y a pas de sens à mettre en place seuls des actions de long terme pour la gestion de ces déchets, car ils ne vont s’arrêter ni à nos côtes ni à nos frontières. 
Peut-on imaginer à l’avenir une société sans plastique ?
Notre société connaît une forme de dépendance, voire d’addiction au plastique. Et il faut être lucide, nous ne pourrons certainement pas nous en passer entièrement. Tout comme notre organisme est capable d’ingérer une dose raisonnable d’alcool ou de tabac, notre société peut traiter une certaine quantité de plastique. Mais il faut aujourd’hui définir, au cas par cas, ce qui relève de l’indispensable afin de ne pas étouffer. Le plastique a pu incarner, au XXe siècle, une forme de modernité. Mais si la modernité doit nous pousser dans une direction qui ne nous permette pas de vivre mieux, alors il nous faut inventer une nouvelle modernité, qui sache s’affranchir en grande partie de ce matériau qui nous fera vivre de plus en plus mal. Cela passe par une taxation beaucoup plus forte des plastiques vierges, afin de faire payer leur vrai coût environnemental. Et un investissement massif de tous les acteurs de la société pour réduire notre consommation de plastique. Le plastique est aujourd’hui si peu cher, si répandu, si disponible, qu’il a perdu toute valeur à nos yeux. Apprendre à s’en passer peut nous permettre de retrouver cette notion dans nos modes de consommation. 

D'après Nathalie Gontard et Julien Bisson, Le 1 - 10/09 2018


samedi 14 juillet 2018

Un petit pétard pour le 14 juillet?

Et si nous faisions le point sur la circulation du cannabis en France? Un article paru dans Le 1 du 4 juillet nous y aide. Sa conclusion?

INTERDIRE EST FACILE, RÉGULER C’EST MIEUX!
 

Propos de Gaspard Koenig, recueillis par Éric Fottorino et Laurent Greilsamer


Question:  Génération Libre, think tank (ou laboratoire d’idées) indépendant d’inspiration libérale dont vous êtes le président, vient de publier une note demandant la légalisation du cannabis. Quels sont vos principaux arguments ?

Réponse de Gaspard Koenig: Nous constatons que cinquante ans de prohibition n’ont pas eu les effets escomptés. Au contraire, la consommation de drogues ne cesse d’augmenter, leur dangerosité aussi ! La pénalisation de la consommation et de la vente du cannabis en 1970 n’a rien amélioré. Ce n’est pas à l’État d’apprécier ni de juger si les citoyens ont le droit ou non de consommer tel ou tel produit. Le rôle de la puissance publique est de s’assurer que le produit est fabriqué dans les conditions les plus saines possible et que le consommateur est bien informé. Tout cela ne peut pas se faire dans un contexte de prohibition. Actuellement, l’État n’est pas dans son rôle. Il interdit pour des raisons morales au lieu d’expliquer et de faire de la prévention. 

Q: Pourquoi insistez-vous autant sur l’importance du contrôle de la qualité du cannabis et de sa traçabilité ?

R: La légalisation permettrait aux consommateurs de savoir précisément ce qu’il y a dans le produit qu’ils achètent. Aujourd’hui, les taux de THC, la principale substance psychoactive du cannabis, ne cessent d’augmenter. Le cannabis fait non seulement l’objet d’un trafic clandestin, mais il est lui-même trafiqué. Toutes sortes de produits encore plus addictifs et nocifs lui sont ajoutés. Légaliser la vente du cannabis permettrait déjà de séparer sa diffusion de celle des autres drogues. N’oubliez pas que le cannabis a été expérimenté par 17 millions de Français au moins une fois. La France constitue le plus gros marché européen.

Au Colorado, j’ai visité une exploitation de plusieurs milliers de plants, chacun étiqueté avec un code-barres. Il existe des contrôles d’hygiène et sanitaire encore plus forts que dans les autres industries. On connaît la composition, le taux de THC de chaque variété, qu’il s’agisse de cannabis sous forme d’huile pour le vapotage ou sous forme de produits comestibles (cakes, gâteaux, bonbons, eaux minérales, etc.). La vente de ces produits se fait obligatoirement par parts ou petites doses égales qui permettent de se repérer dans sa consommation. Voilà une action intelligente de l’État et du régulateur. Interdire est facile, informer, réguler c’est mieux.


Q: Après le Canada qui vient de voter la légalisation du cannabis, la France va-t-elle franchir le pas ?

R: On n’entend plus du tout parler de légalisation, de cette promesse de la campagne électorale d’ouvrir le débat. La proposition de loi sur la dépénalisation portée par un jeune député LR est très décevante. En France, le sujet est pourtant devenu banal. Des élus de droite à Marseille ont demandé la légalisation dans une tribune. La question du cannabis n’est plus un sujet d’ordre public mais de santé publique. 

Q:La puissance publique n’a-t-elle pas l’intention de légaliser le cannabis à des fins thérapeutiques ?

R:La ministre de la Santé a fait une déclaration très importante début juin à ce sujet. Elle ouvre la voie. Mais pour le coup, la France est très en retard dans ce domaine. Les bienfaits thérapeutiques sont prouvés.

Le Sativex, à base de cannabinïdes THC et CBD, est utile par ex pour la sclérose en plaque
Le cannabis permet aux patients en cure de chimio de retrouver l’appétit, par exemple. Et il existe bien d’autres usages médicaux du cannabis. C’est une plante dont l’homme s’est approprié les vertus depuis deux mille cinq cents ans ! Sur ce plan, je ne crois pas qu’il y ait de résistances très fortes. 


Q: Quel serait l’impact économique d’une légalisation pour l’État et pour les territoires ruraux qui pourraient se consacrer à cette culture ?

R: La légalisation fait baisser la criminalité de manière automatique, donc les coûts policiers et judiciaires, tout en augmentant les recettes fiscales. Dans le Colorado, ce secteur a généré un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars annuel. Les taxes prélevées ont notamment permis d’investir dans la prévention.

Mais, au-delà de cet avantage, ce pourrait être un moyen de relancer des territoires en difficulté. Je pense aux DOM-TOM, où il existe différentes variétés. Dans l’Hexagone, l’exemple de la Creuse, qui manifeste son intérêt pour cette production, montre bien qu’il y a des possibilités. C’est un mouvement mondial. Il est temps de se poser la question : veut-on conquérir ce marché ? Pour l’instant, aucun pays européen n’a autorisé sur son sol la production industrielle. 


Le but ultime de la légalisation, c’est de transformer le dealer en petit entrepreneur. Ça, c’est plus compliqué, car une fois la légalisation acquise, c’est plutôt l’industrie qui prend le dessus. Quand vous vous rendez à la Foire du cannabis de Denver, vous constatez que les entrepreneurs de ce nouveau secteur pourraient être des cadres de l’assurance. Ils sont en costume. Cela devient très vite un business comme un autre.

Q: Quelles seraient les conséquences de la légalisation du cannabis sur l’économie des quartiers sensibles et sur la filière d’approvisionnement marocaine ?

Ce sont deux questions très sensibles. La légalisation va sortir le trafic des banlieues et risque de paupériser encore davantage ces territoires. Il faudra regarder de près l’expérience californienne, en particulier pour l’octroi de licence. Il ne faut pas conditionner la capacité de vendre à l’absence de casier judiciaire. Il y a un travail législatif important à mener. Il faudra faire en sorte que les banlieues soient incluses dans le processus. Sinon, on ruinera cette économie d’un coup. Si cette mutation s’opère bien, on peut nourrir en revanche une vision optimiste. La légalisation du cannabis pourrait redynamiser les banlieues en construisant une vraie économie légale. Un petit dealer qui devient entrepreneur, c’est moralement et socialement différent : il aura un vrai compte en banque, un revenu légal, une possibilité d’acheter un logement sans craindre de se faire prendre. Il s’embourgeoisera : c’est la logique du « Enrichissez-vous »… On ne peut se plaindre de la perspective d’une baisse des activités criminelles.
Le responsable d'un point de vente émarge en moyenne à 7500 euros mensuels

S’agissant du Maroc, le nouveau marché légal intérieur ne le remplacerait pas. Il y aura de la place pour tout le monde. Certains producteurs en France se spécialiseront dans le made in France bio qui sera vendu plus cher. Il pourra exister des produits moins chers importés du Maroc comme il existe des tomates moins chères, produites par une main-d’œuvre moins payée permettant de vendre à des prix compétitifs.

Q: Quelles réactions a provoquées le rapport de Génération libre ? 

R: En privé, les responsables politiques se disent tous intéressés et prêts à avancer. Mais en public, c’est incroyable de voir l’écart qui demeure entre les sondages montrant qu’une majorité de la population est favorable à la légalisation du cannabis et les réflexes idéologiques qui bloquent le processus. Le débat est largement ouvert dans la société, mais dans le champ politique, le sujet reste fermé. 

Je note que dans la plupart des pays étrangers, la légalisation s’est faite par votation populaire. Au parlement du Colorado, seul un élu était favorable à la légalisation. Les autres étaient tous contre ! C’est passé par référendum. En France, on ne dispose pas de cette clé. 

Q: Le blocage vient aussi des inquiétudes concernant la consommation des adolescents. Qu’en pensez-vous ?

Il faut que l’usage du cannabis soit formellement interdit aux mineurs. Un, parce qu’ils ne sont pas forcément éclairés dans leurs choix. Deux, parce qu’il y a des problèmes reconnus au niveau du développement cérébral, de l’apprentissage, de la mémorisation. Des jeunes décrochent de leurs études pour avoir trop fumé. Mais je pense que la légalisation ne peut qu’améliorer cette situation. Quand une pratique devient légale, il est plus facile d’en parler, d’apprendre à ses enfants à consommer avec modération quand ils auront atteint la majorité. Une prévention solide peut se mettre en place.

Q: Dans l’hypothèse d’une légalisation, comment pourrait s’organiser ce marché ? Qui fixerait les prix ?

R: Je vois plusieurs hypothèses. 
Certains défendent un monopole d’État, un monopole de production. Une Française du cannabis. L’État pourrait contractualiser ses propres agriculteurs, comme la SEITA avec les producteurs de tabac, le tout assorti d’un contrôle des prix et des quantités. Cela aurait le mérite de rassurer les gens. Mais comme tout monopole, il finirait par être démantelé à la suite de problèmes inévitables de rente, de copinage politique, de raréfaction des produits, de manque de diversité et d’innovation. 
Selon moi, on pourrait s’épargner cette étape et aller directement vers une légalisation pleine et entière où les agriculteurs – mais pas seulement eux, je pense à des acteurs issus du monde de la pharmacie – pourraient créer leurs serres, embaucher des jardiniers pour produire du cannabis. On pourrait imaginer que des agriculteurs produisent en plein champ, à leur rythme, et vendent des produits bio un peu plus cher. 

Q:Où pourrait-on se procurer cette herbe légale ?

R: La question est de savoir si elle serait vendue en pharmacie ou dans une structure d’État. Le plus raisonnable serait des magasins spécialisés avec une licence répondant à certains critères d’hygiène, de traçabilité, de vérification de l’identité et de l’âge des acheteurs. Il faudrait que chaque magasin puisse être ouvert selon une décision du conseil municipal. Celui-ci déciderait des emplacements, notamment par rapport aux écoles. Ces décisions peuvent être décentralisées à l’échelon communal.
En Suisse les magasins Lidl vendent du cannabis CBD




Q: Quelle serait la répartition des rôles entre l’État et le marché ?

R: Tout marché existe par la régulation. Il est créé par elle. L’État aura donc un rôle important de régulation concernant l’aspect sanitaire ou la concurrence et les prix. Il devra s’assurer qu’il n’existe ni oligopole, ni concentration, ni action de lobbying. Il devra aussi vérifier le respect des droits du consommateur. Ce sera un rôle plus exigeant qu’aujourd’hui, où sa position sur le cannabis consiste à ne pas savoir et à ne pas vouloir voir. 


vendredi 29 juin 2018

Hop! Epson, Apple, les collants qui filent... ça vous parle?

Malgré la loi de 2015 qui a fait de l’obsolescence programmée un délit, les firmes n’ont rien changé à leurs pratiques. Les lignes sont toutefois en train de bouger, notamment grâce au travail d'une petite association.

Entente secrète des fabricants d’ampoules visant à limiter leur durée de vie à 1 000 heures ; ingénieurs payés pour concevoir des collants qui filent ; présence de programmes informatiques qui bloquent les imprimantes malgré des cartouches d’encre encore utilisables… 
On se souvient peut-être de ces exemples marquants, révélés par le documentaire « Prêt à jeter », qui avait alerté l’opinion publique lors de sa diffusion par Arte en 2012 (1). 
Le concept d’« obsolescence programmée » était alors apparu dans les médias : un ensemble de pratiques utilisées par les fabricants pour réduire la durée de vie de leurs produits afin de pousser à la consommation. 
En 2015, l’article 99 de la loi sur la transition énergétique a fait de l’obsolescence programmée un délit, passible de 2 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. En pénalisant ainsi les techniques visant à « réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement », la France devenait un pays précurseur dans la lutte contre l’obsolescence programmée.

Et depuis 2015 ? Rien n’a changé, si l’on se fie à la durée de vie toujours aussi courte des cartouches d’imprimante, ou encore, récemment, aux téléphones portables de la marque Apple, subitement ralentis après la mise à jour recommandée par le fabricant.





En revanche, côté consommateurs, du chemin a été parcouru par certains, notamment sous l’impulsion de l’association Hop, ou Halte à l’Obsolescence Programmée.
Première plainte fin 2017!

En septembre 2017, Hop a déposé une plainte contre X pour obsolescence programmée – une première – au sujet des imprimantes à jet d’encre. Dans sa plainte, l’association a compilé l’ensemble des éléments qui font peser la suspicion sur les quatre fabricants se partageant le marché, en particulier le japonais Epson
À la lecture du document, on se dit que les ingénieurs ont épuisé les possibilités visant à manipuler le consommateur, tant les éléments de tromperie sont nombreux, et parfois tellement grossiers ! Est-ce, par exemple, la quantité de plus en plus faible d’encre dans les cartouches au fil des années – alors que la taille de ces cartouches est restée la même – qui a finalement convaincu le procureur à agir ? 
Quoi qu’il en soit, le Parquet de Nanterre a ouvert, le 24 novembre 2017, une enquête préliminaire visant Epson. « C’est la DGCCRF (2), la police des consommateurs, qui mène l’enquête, avec des moyens bien entendu plus importants que les nôtres », souligne Laetitia Vasseur, déléguée générale et unique salariée de Hop.

Compiler les témoignages

Quelles que soient les suites judiciaires qui seront données, l’ouverture de cette enquête a permis à l’association de faire connaître plus largement son combat, notamment sur les réseaux sociaux. La page Facebook de Hop, par exemple, est aujourd’hui suivie par 12 500 personnes. 
Là où auparavant les individus se trouvaient démunis face aux géants de l’industrie, Hop a ainsi créé une communauté en mesure de faire entendre sa voix : « Qui va aller, seul, devant les juges, avec son imprimante à la main, pour poursuivre Epson ? », illustre Lætitia Vasseur. Et quelle est la valeur de centaines de témoignages individuels pris séparément ? En les regroupant, Hop leur donne une visibilité. 
Elle propose ainsi aux victimes d’obsolescence programmée de décrire le problème rencontré avec leur imprimante ou avec leur téléphone portable, en remplissant un formulaire sur internet. « Nous porterons ces témoignages à la connaissance de la DGCCRF, cela leur donnera une idée de l’ampleur du problème. » 
Pour l’heure, l’association a recueilli une centaine de témoignages concernant les cas d’obsolescence d’imprimantes, « alors que nous ne proposons de remplir le formulaire que depuis peu », se réjouit la militante, qui invite toute personne concernée à faire part de ses problèmes (3). 
On n’est jamais trop nombreux quand on s’attaque aux géants de l’impression, et encore moins face à Apple (4): le 27 décembre 2017, Hop a déposé une nouvelle plainte, cette fois-ci contre la firme américaine. Cette plainte fait suite aux déclarations de l’entreprise, quelques jours auparavant, reconnaissant qu’elle ralentissait ses anciens modèles de téléphone, invoquant son souci de « préserver les batteries » des appareils en question."Il est facile de prouver que ces ralentissements coïncident avec la mise sur le marché de nouveaux modèles",explique Laetitia Vasseur.
Une enquête préliminaire a été ouverte début janvier contre la firme à la pomme, enquête également confiée à la DGCCRF. Pour l’heure, Hop a recueilli plus de 7 000 témoignages de victimes d’Apple.

D'après L'âge de Faire, Fabien Ginisty, février 2018
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1 – « Prêt à jeter », de Cosima Dannoritzer, 2010, 74mn https://archive.org/details/PretAJeterLobsolescenceProgrammee
2 – Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
3 – Les liens vers les différents formulaires pour témoigner d’un problème rencontré avec une imprimante ou un appareil Apple sont a retrouver sur le site de Hop : https://www.halteobsolescence.org/
4 – La firme Apple est la première capitalisation boursière au monde, avec plus de 900 milliards de dollars.

dimanche 15 avril 2018

Du bon, du bio, du bobard...


Il est de bon ton d'acheter bio. Légumes et fruits bien calibrés, belle couleur, rien qui dépasse. Voyons voir... Ouf ! Le label AB est présent, j'achète ! Du bon, du bio... ?
Lidl, Leclerc et les autres vendent de plus en plus du Bio. Juteux le marché. La nouvelle tendance s'appelle le "Bobobiobio". Les grandes enseignes agro-alimentaires ont élargi la brèche. Du bio en tête de gondole et omniprésent dans tous les rayons. 
Le même cirque est en train de naître avec la nouvelle tendance : Vegan. Même Mac Do vient de nous sortir le Hamburger Veggie. 
Comment peut-il y avoir autant de production bio ? Suspect. Où va l'argent ?Et bien voilà : 
Les cartels agro-alimentaires comme Nestlé, Cargill, Coca-Cola ont acheté la plupart des distributeurs d'aliments biologiques. 
Lima et Danival, pour la France, ont été rachetés par Hain Celestial (USA), derrière lequel se cache Monsanto, Walmart, Philipp Moris, City Group et Martin Lockeed. Du lourd, du très lourd. 
En France : Nous avons Bonneterre, Bjorg, Evernat, Allos, Tartex, Alter Eco... Mais quand vous achetez un yaourt Bonneterre, vous engraissez Royal Wessanen, monstre européen de l'agro-alimentaire. 
95% des légumes bio sont produits à partir de semences de variétés hybrides. En clair, votre melon bio dans votre assiette a une “chance” sur deux d'avoir été engendré par les trois monstres sacrés du chimique : Monsanto/Bayer/Syngenta.
Kokopelli (association française qui distribue des semences issues de l'agriculture biologique et de l'agriculture biodynamique dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère) est “certifiée” bio par Qualité France, elle-même rachetée par Véritas, l'un des leaders mondiaux du contrôle industriel...
Au niveau planétaire, l'IFOAM (la fédération internationale de l'agriculture biologique) oblige le petit paysan pauvre à produire du bio, et encore plus de bio, au détriment des sols.Monde cupide sans foi ni loi. Nous sommes loin de l'image que les Bobobiobio se font du paysan Bolivien content de produire du café pour les satisfaire. C'est comme en Espagne. On produit du bio en surexploitant une main d'œuvre de migrants vivant dans des conditions misérables. 

Voyageons un peu dans les rayons d'un supermarché. 

Ah, le rayon fruits et légumes. 
Désolé pour nos voisins espagnols, mais ce ne sont pas les rois du bio. En théorie, les cultures hors-sol sont interdites en agriculture bio, mais l’exemple de la province d’Almeria, en Andalousie montre à quel point la réglementation est contournée. Depuis les années 80, est né l'eldorado de plastique. Les tomates, courgettes, aubergines, poivrons, framboises sont produites toute l’année. Remarquable. Tout est cultivé dans du sable recouvert de plastique, avec des nutriments bio délivrés par un système de goutte-à-goutte continu. 
Et voilà. Origine Espagne. C'est bio, mais c'est de l'arnaque. Seul le sable est bio, car local (et encore) et les nutriments sont bio. 
C'est cultivé plein champ (expression à la mode) mais cela ne veut rien dire. Déprimant. 

Le rayon volaille. 
Et si on se faisait un petit poulet rôti ? Un label rouge, élevé en plein air et tout le tintouin. 
Oui, mais, le label AB dans la réglementation européenne stipule que l’animal peut s’ébattre en journée, mais… sur 40 centimètres carrés. 40 cm 2 ! Franchement, si j'étais un poulet, j'en rêverais... Et puis, il faut savoir que les poulets sont souvent sans becs pour ne pas s’étriper. 
Pfou... Ils ont le droit aux antibiotiques une fois par an... Quand même ! Et aux traitements contre les parasites sans limite. Ouf, me voici rassuré. 
Pas de traçabilité garantie, pas de transparence sur le contenu de leur gamelle (nourriture importée). Comme son cousin industriel, le poulet estampillé AB se goinfre de soja importé, bio (?) mais qui peut contenir jusqu’à 0,9% d’OGM. L’éleveur bio est devenu un simple exécutant qui engraisse pendant 81 jours des volailles qui ne lui appartiennent pas, nourries par les géants de l’agroalimentaire. 

Le rayon des produits transformés (laitages, biscuits, plats préparés). 
Du bio ! Oui, mais là encore, ces aliments doivent être constitués d'au moins 95% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique. Pas d'OGM, ni produits chimiques, ni additifs, ni conservateurs. 
Je veux bien, mais quid des 5% d'ingrédients qui restent ? 
De plus, le label AB tolère 0,9 % d'OGM. Ennuyeux... 
Il faut savoir également que l’Asie, l’Amérique latine, l’Afrique, la Roumanie et l'Espagne, principaux fournisseurs de produits bio, ne sont pas ou très peu consommateurs de bio. C'est un non-sens. Des producteurs bio qui n'en n'ont rien à cirer du bio. Décourageant. 

Tiens, le rayon vins et alcools : 
Une petite bouteille de rouge pour oublier ? 
Oui, mais, sulfites, or not sulfites ? Pesticides, or not pesticides ? Vin naturel?
Bio ? Certifié Terra Vitis ? Vegan ? Du vin Vegan ? Comprends pas. 
Explication : 
Pour faire du vin, il y a une étape qui s'appelle le collage. Coller le vin consiste à lui ajouter une substance d’origine protéique, qui coagule au contact des tanins, pour emprisonner et éliminer les particules en suspension. Cette étape prépare et optimise la filtration du vin. Dans le collage, on peut utiliser des produits animaux (lait, colle de poisson). Donc un collage avec par exemple des bentonites qui sont des argiles naturelles, donnera des vins Vegan. 
Mais revenons au vin. AOC et AOP sont toutes les deux des appellations indispensables, car elles garantissent qu'un vigneron n'introduise pas des vins d'ailleurs dans un Sancerre ou un Corbières par exemple. Une charte oblige tous les vignerons d'une région à utiliser le ou les cépages locaux. 
Mais aujourd'hui des vignerons veulent sortir des cépages imposés et ont envie de faire des vins avec d'autres cépages. Du coup, pas d'AOC ni d'AOP, mais des vins de pays ou des vins de France, et qui peuvent être bio. 
Certains vignerons sont donc plus bio que bio, mais ne peuvent pas avoir le label AB. C'est une histoire de fous. Vous pouvez acheter un vin bio qui sera moins bio qu'un vin naturel sans le label bio. 
Bon, c'est quand même mieux d'acheter un vin bio qu'un Bordeaux par exemple qui ne l'est pas, car dans une bouteille classique, flotte 10 à 12 pesticides différents et 70 additifs chimiques. 

Enrichissant voyage au travers des rayons. Qu'est-ce que l'on n'a pas vu ? 

Le miel. 

Pays d'origine des matières premières: CEE et hors CEE

Impossible d'avoir du miel bio aujourd'hui. Parce que les abeilles butinent là où elles veulent. Malheureusement pour elles, quand elles butinent les produits chimiques du criminel Monsanto, elles en meurent. Tous comme les oiseaux d'ailleurs. Pour celles qui survivent encore à ce carnage, le miel sera forcément chargé de produits Monsanto. 
Il faut savoir que tous les miels des grandes surfaces même labellisés bio, sont des miels mélangés à d'autres venant d'ailleurs. De Chine par exemple, et comme les Espagnols, les Chinois ne sont pas des parangons du bio. 
J'ai rencontré un apiculteur qui produit un miel extraordinaire dans le Lubéron. Il est obligé d'installer ses abeilles dans des endroits choisis avec soin, afin d'éviter le plus possible les cultures OGM et les pesticides. Il n'a pas eu le label AB, car il a refusé l'imposition de produits phytosanitaires pour nettoyer ses ruches. Il faut savoir que dans le cahier des charges AB, vous devez utiliser des produits de nettoyages soi-disant naturels. Il préfère nettoyer ses ruches à l'ail. Plus antiseptique que l'ail, on ne trouve pas, mais du coup pas de label AB. Et pourtant, son miel est extra. Allez comprendre. 

L'huile d'olive. 
Alors là, c'est le grand délire. Toutes les huiles d'olive ou presque dans les grandes surfaces sont des hu
iles mélangées de provenance de la CEE et hors CEE. Labellisées bio. Faudra m'expliquer le contrôle sanitaire d'une huile en provenance de l'autre bout de la planète. 

Vous allez me dire, mais alors, que peut-on manger ? 

Et bien, pour l'alimentation en général, privilégions les circuits courts. Moins vous avez d'intermédiaires, mieux c'est. Ne faites pas confiance aux super marchés, ni aux géants de l'agro-alimentaire. 
Pour le chocolat, le café, le miel et autres, même chose. Privilégiez les circuits sans trop d'intermédiaires. Vous pouvez trouver de l'excellent chocolat en provenance d'Amérique Centrale par exemple. Il sera plus cher que la tablette du supermarché, mais au moins vous aurez la satisfaction de ne pas engraisser Nestlé. 
Rien n'est parfait en ce bas monde et rien n'est idéal. Mais en conservant une analyse aiguisée, on peut arriver à se nourrir le plus sainement possible sans devenir obligatoirement des Bobiobobios extrémistes. 

Pour aller plus loin: 

Voici les principaux labels bio :


LE LABEL AB (LOGO AB)
En France, le plus connu des labels bio reste le label AB créé en 1985. Mais depuis l’apparition du label européen en 2010, le label français AB doit répondre aux mêmes exigences et possède donc les mêmes garanties. Le logo européen remplace progressivement le logo AB. Si certains produits bio affichent les deux logos, c’est parce-que le logo bio AB reste encore mieux connu des consommateurs français.

LE LABEL EUROPÉEN (LOGO EUROPÉEN « EUROFEUILLE »)
Le label bio européen remplace le label bio AB en imposant son cahier des charges à tous les pays de l’union européenne. Quelles sont les principales garanties du label européen ?
– Interdiction d’utiliser des pesticides et engrais chimique de synthèse 
– 100 % d’ingrédients bio ou au moins 95% dans le cas des produits transformés si la part restante n’est pas disponible en bio 
– Maximum 0,9% d’OGM pour les produits transformés 

LE LABEL BIO COHÉRENCE
Il s’agit d’une certification privée qui reprend les grandes lignes de l’ancien label AB maintenant remplacé par le label européen. Le label bio cohérence est plus strict que le label européen dans la mesure où il impose une culture, une production et une transformation des produits sur le sol français. La mixité des produits bio et non bio est interdite et une limite de 0,1% d’OGM est autorisée. La certification Bio Cohérence est délivrée par un tiers indépendant, méthode reconnue par le règlement européen.

LE LABEL BIO PARTENAIRE
Les produits étiquetés Bio Partenaire sont contrôlés et certifiés par un organisme de contrôle agréé par les pouvoirs publics, ils sont donc en accord avec le cahier des charges européen. Mais l’association va plus loin que cela en assurant de bonnes conditions aux producteurs (contrats pluriannuels sur 3 ans minimum, discussions régulières, revenus justes…).

LE LABEL NATURE ET PROGRÈS
Nature & Progrès est une association de consommateurs et de professionnels qui établit son propre cahier des charges et le fait évoluer en groupe au fil du temps. La certification bio européenne n’est pas imposée aux producteurs. La mixité des produits bio et non bio est interdite et aucune trace d’OGM n’est tolérée. Le label Nature et Progrès se veut être en faveur d’une agriculture biologique respectueuse des hommes, des animaux, des plantes et de la planète.

LE LABEL DEMETER
Le label Demeter met en avant l’agriculture biodynamique. En favorisant la santé des sols et des plantes, des produits sains voient le jour. Les produits répondent au cahier des charges européen avec des exigences supplémentaires, notamment pour les produits transformés qui doivent être composés d’au minimum 90% d’ingrédients certifiés Demeter. Les 10% restants doivent obligatoirement être certifiés bio.

L’association Max Havelaar œuvre en faveur du commerce équitable. Elle fait en sorte que les producteurs puissent vivre de leur travail. Le label Fairtrade assure un revenu juste aux producteurs. Attention toutefois car les produits qui affichent le logo Fairtrade ne sont pas forcément bio. Le logo bio européen doit donc figurer sur l’emballage lui aussi pour garantir un produit issu de l’agriculture biologique. Le bio a un impact sur l’environnement des producteurs tandis que le label Fairtrade/Max Havelaar a un impact sur leurs conditions de vie. Une complémentarité intéressante !

D'après Claude Janvier, Agoravox 05.04.2018





mardi 10 avril 2018

Les "bactéries cauchemardesques"

ALKOV
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Les "bactéries cauchemardesques" entraînent une surconsommation d’antibiotiques dangereuse et un problème de santé mondial.

D'après le Dr Eric Du Perret le 07.04.2018

La consommation d’antibiotique a augmenté de 65% en 15 ans. Une situation intolérable pour les spécialistes des maladies infectieuses qui, depuis quelques années, se posent une étrange question : doit-on craindre une épidémie planétaire contre laquelle, les antibiotiques ne pourront rien ? La réponse est oui, si l’on continue à distribuer ces médicaments n’importe comment, tant chez les humains que chez les animaux  d'élevage. Cela provoque l'apparition de "bactéries cauchemardesques" comme les ont surnommées les médecins américains

Le célèbre centre d'épidémiologie d'Atlanta, le CDC (Center for Disease Control and Prevention) a recensé l'apparition de bactéries dont la caractéristique est d'être résistantes à la plupart des traitements connus et bien évidemment en premier lieu les antibiotiques. Ce ne sont pas de nouveaux microbes mais plutôt des très anciens qui ont réussi, au fil des années et des traitements inutiles, à apprendre à se défendre contre les médicaments que l'homme avait inventés. Les malades atteints par ces "tueurs" restent confinés à l'hôpital et ne reçoivent plus que des soins "palliatifs" comme le disent leurs médecins.

La France est le 4ème pays Européen en terme de consommation d’antibiotiques,  ce qui est une mauvaise performance compte tenu des efforts déployés pour apprendre à moins les consommer, mais ce qui signifie aussi qu’il y a des pays pires que nous et que le problème est réellement international

"Si la résistance aux antibiotiques continue à progresser à ce niveau d’intensité, sans autre option de soin, il y aura bientôt des infections banales que l’on ne pourra plus soigner » alertait le professeur Eric Sonneville au nom d’un ensemble de spécialistes en novembre dernier.


Infections nosocomiales: 12 000 morts par an et 150 000 infections…

On arrive aujourd’hui à une situation impensable lors de la découverte de ces médicaments qui semblaient d’une puissance incroyable : l’homme risque un jour de décéder d’infections jugées banales il y a encore quelques années, uniquement parce qu’un microbe sera devenu résistant à tous les produits disponibles. Ce scénario qui paraissait incroyable, n’a rien de la science fiction, et l’augmentation continue des cas et des morts par infection nosocomiale, ces infections que l’on attrape à l’hôpital alors que l’on est hospitalisé pour toute autre raison, est là pour en témoigner. 12 000 morts par an et 150 000 infections…Le monde hospitalier est un gigantesque bouillon de culture, une base arrière de microbes qui y trouvent les forces pour devenir des agents dévastateurs.

Microbes ultra-résistants

Le combat contre les microbes, que l’on pouvait espérer terminé, est très loin d’être gagné. C’est même un combat très inégal. Un million de milliards de millions de microbes un peu partout sur notre planète contre 6 milliards et demi d’individus qui croyaient, il y a soixante dix ans, avoir gagné le combat avec la découverte des antibiotiques. 

Des centaines de milliers de tonnes d'antibiotiques ont été déversées dans la nature ou consommées par les humains, sans réserve ni précautions. Conséquence, les bactéries ont mutées et sont devenues résistantes. Un microbe n’est pas un organisme frustre, mais une machine infernale rompue à la guerre totale. Dotée d’une vraie intelligence qui nous dépasse un peu, compte tenu de sa taille et de sa simplicité. Chaque nouvel antibiotique est salué, quelques années plus tard, par la transformation du microbe qui apprendà lui résister. Nos militaires sont moins rapides contre les nouvelles méthodes de guerre…


Résister à la pression des malades

"Les antibiotiques c’est pas automatique!"  Personne n'a échappé à ces spots publicitaires qui prônent la lutte contre la prescription abusive d’antibiotiques. Ils ont d’abord eu le mérite d’aider le médecin, pour qui le refus de prescrire reste un moment délicat. Aujourd’hui c’est même un peu l’inverse et celui qui donne des antibiotiques, passerait presque pour un ringard. 
Mais avec le mauvais temps, et les bobos qui vont avec, la demande des patients reste pressante, en particulier en cas d’angines. Pourtant, le paracétamol, associé à l’aspirine ( seulement chez l’adulte) règle le problème dans 80 % des cas, puisqu’il s’agit d’une angine due à des virus sur lesquels les antibiotiques n’ont aucun effet.

Faire pression sur la recherche des firmes pharmaceutiques

Même s’ils coûtent cher à la collectivité, les antibiotiques sont encore indispensables. Et surtout, la recherche doit se poursuivre. 
Les laboratoires ont cessé de chercher en raison du prix de vente très faible des antibiotiques. Il y a là certainement matière à réflexion. Pour que le génie de l’homme continue à posséder une avance sur le génie du microbe qui, de façon incessante, apprend à résister au point d’avoir rendu certains des plus anciens médicaments totalement inefficaces. 

Consommer autrement

Depuis vingt ans, la consommation globale des antibiotiques a diminué de 17% et l’on réfléchit aussi à une nouvelle durée de prescription: les médecins insistaient autrefois sur un minimum de 7 jours mais prescrire mieux et moins, n’est-ce pas donner des produits plus efficaces et moins longtemps ?

Et les animaux...


En même temps qu'il faut mettre un peu d'ordre dans l’utilisation médicale des antibiotiques, il faut aussi s’attaquer aux millions de tonnes déversées dans la nature, principalement pour l'élevage des animaux consommés par l’homme. Mais c’est un débat qui échappe au monde de la santé car c'est un débat sociétal...


Pour aller plus loin:
etc...

mardi 20 mars 2018

La Gratiferia est de retour!

Depuis 2014, juste avant les grandes vacances, Union Pour l'Avenir de Vaugneray vous propose sa Gratiferia, journée de rencontres chaleureuses et de bonnes affaires solidaires! 


Cette année, la Gratiferia aura lieu le dimanche 1er juillet à la salle polyvalente. C'est maintenant le moment de faire l'inventaire de vos placards...




Rappel: le concept de gratiferia ou marché gratuit est né en 2010 en Argentine, et se répand de plus en plus. L’idée est simple, il s’agit de donner le superflu sans rien attendre en retour.

Seules conditions pour l'organisation: il faut que le lieu soit public, ouvert à tous et qu’aucun droit d’entrée ne soit exigé. Avec un message simple: "Amenez ce que vous voulez, ou rien du tout. Repartez avec ce qui vous plaît".

Aux objets qui se trouvent habituellement sur un marché d’occasion, tels que vêtements, livres, meubles ou appareils électroniques, plantes, peuvent s’ajouter des biens immatériels (offres de savoir ou de main d'oeuvre, services...) Bien sûr, toutes les activités proposées éventuellement pendant une gratiferia (concerts, ateliers divers...) sont gratuits.

Une gratiferia est donc avant tout une invitation à se débarrasser de possessions matérielles devenues inutiles ou superflues, afin qu’elles circulent à nouveau et profitent à d’autres, le tout dans une ambiance de rencontres chaleureuses et solidaires.


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CHARTE  DE  LA  GRATIFERIA  D’UNION  POUR  L’AVENIR

Une Gratiferia est un marché gratuit, fondé sur le partage.

· Il n’y a ni argent, ni troc, ni réciprocité : tout est donné sans contrepartie. 

. Il vous est demandé d’agir en respect et convivialité, de penser aux autres, de ne pas vous servir abusivement.

· Les objets et substances illicites, pornographiques ou litigieux (couteaux, armes ou répliques) ainsi que les animaux sont interdits.

· On peut donner des objets, des offres de savoir ou de main d’œuvre, des services...

· Les objets proposés vont avoir une seconde vie : ils doivent être en bon état, propres et fonctionnels : la gratiferia n’est pas une déchetterie !

· Pour les objets de grand format (gros meubles, lave-linge etc..), il est recommandé de les photographier, et d’apporter seulement les photos avec les coordonnées du donneur.

. Pour nous aider à rendre un local propre après la gratiferia, n’abandonnez pas vos objets qui n’ont pas trouvé preneur. Évitez sacs plastique et cartons.

. Les objets qui n’auront pas trouvé preneur et que vous ne reprendrez pas à la fin de la gratiferia seront donnés à une association caritative.

· Un objet pris à la gratiferia n’est pas destiné à être revendu sur internet ! S’il ne convient pas, il pourra sans doute trouver une autre vie à la prochaine gratiferia !