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vendredi 3 novembre 2017

SI VOUS ÊTES EMBAUCHÉ AU SMIC, VOUS PASSEREZ VOTRE VIE AU SMIC

Propos de DANIEL COHEN, économiste, recueillis par ÉRIC FOTTORINO, le UN

Pour nous rafraîchir les idées sur le SMIC...




Quelles réflexions ont conduit à la création d’un salaire minimum en 1950 ?
C’est une idée concomitante avec la fin du libéralisme des années 1930. À cette époque, on estimait que le chômage s’aggravait car les salaires étaient trop élevés par rapport à ce que les entreprises pouvaient payer, et qu’il fallait donc les baisser pour retrouver le plein-emploi. Keynes a fait voler en éclats cette vision. Il a montré que les salaires n’étaient pas responsables du chômage.
La crise était liée à une insuffisance de la demande. La solution n’était surtout pas de baisser les salaires. La mise en place d’un salaire minimum illustre la sortie de l’approche libérale de l’économie. Au départ, il s’agissait du SMIG, c’est-à-dire d’un salaire minimum garanti, un filet de sécurité. Notons qu’il n’a pas fait partie ensuite de la politique des Trente Glorieuses. En 1968, on a observé une grande discordance entre l’augmentation générale des salaires et le niveau du SMIG, qui n’avait pas bougé. D’où l’idée de Chaban-Delmas et de Delors, dans le cadre de la Nouvelle Société, d’indexer le salaire minimum sur la croissance pour ne plus voir se créer une déconnexion. Ainsi est né le SMIC, qui est devenu un instrument à part entière de la politique des revenus en France, au-delà du seul souci de sécurité des salariés. 
Le SMIG initial correspondait aux dépenses d’une personne célibataire en 1950. Cette approche reste-t-elle pertinente ?
Le minimum social fixé à cette époque n’a pas été revalorisé à proportion de la croissance. La croissance a été très rapide et il n’y avait pas de chômage. Le SMIG a donc cessé d’être une préoccupation. Le raisonnement était le suivant : on a pu penser qu’il existait des besoins incompressibles de la personne, qui se définissent dans l’absolu – se nourrir, se loger –, correspondant à un salaire minimum garanti. Dans cette optique, si la croissance était plus forte, on ne considérait pas pour autant que les besoins allaient nécessairement augmenter. Je vois là une double illusion, économique et anthropologique. Économique d’abord : de façon mécanique, le pouvoir d’achat dépend de ce que font les autres. Pour se loger, il faut que le revenu minimum soit indexé sur les loyers. Or les loyers sont indexés sur ce que les autres peuvent payer, donc sur la croissance. D’un point de vue anthropologique, la notion de pauvreté est toujours relative. Le Prix Nobel Amartya Sen l’a bien montré. Ne pas pouvoir se payer une télé quand tout le monde en a une, c’est souffrir d’une exclusion sociale insupportable. Le panier de biens minimum qui permet d’exister dans une société dépend de ce que les autres peuvent s’offrir. Une télé n’est pas un luxe et, aujourd’hui, l’accès à Internet n’est pas un luxe. C’est comme boire et manger. Sans accès à Internet, on est exclu du monde des autres. Il faudrait qu’il figure dans le panier de biens minimum.
Pourrait-on calculer un SMIC optimal ?
Ce débat s’est dédoublé pendant la dernière campagne présidentielle entre salaire minimum et revenu d’existence. Il faut les distinguer. Ce n’est pas la même chose de définir la productivité du dernier employé embauché qui permet de contribuer au monde du travail et de définir quel niveau de revenu permet à cette même personne d’exister. Il peut y avoir un hiatus entre les deux notions. Si le salaire minimum que touche un individu pour son travail est inférieur au revenu minimum qui lui permet de vivre, l’État va payer la différence entre les deux. À l’origine, on ne faisait pas cette dissociation. On supposait que le salaire était supérieur au revenu d’existence. Avec la crise, il est possible que ces deux types de revenus se soient rapprochés. L’articulation est mal faite entre le SMIC et le socle de prestations relevant d’un revenu d’existence – qu’on peut évaluer à 800 euros en France, comme le minimum vieillesse. Il faudrait élargir l’éligibilité à ce socle.
Compte tenu des disparités territoriales du coût de la vie en France, a-t-on eu tort de supprimer la régionalisation du SMIC ?
Il me semble impossible de renoncer à l’idée que, dans notre République, les provinces forment un tout insécable. Mais la question se pose indiscutablement. Le pouvoir d’achat d’un smicard à Paris n’est pas celui d’un smicard dans la Creuse. Il faudrait réfléchir à la meilleure articulation entre le SMIC et le complément de richesse nécessaire pour vivre, dans le cadre d’un revenu de base qui serait indexé au véritable coût de la vie en région.
Le SMIC est-il un instrument efficace pour lutter contre la pauvreté ?
Une observation préalable : à l’heure où les inégalités se creusent, on voit le SMIC être partout revalorisé. Les Allemands l’ont adopté à reculons, mais ils en sont aujourd’hui satisfaits. Comme les Anglais qui y sont venus tard et l’ont fortement augmenté. Le SMIC permet en effet une politique de redistribution efficace, et à moindre coût pour l’État. On s’assure que les emplois offrent un certain niveau de rémunération, même s’il reste un équilibre à trouver pour ne pas pénaliser les plus éloignés du marché de l’emploi. 
Je suis donc favorable au SMIC comme instrument : c’est un moyen de lutter contre la paupérisation du travail en obligeant les entreprises à faire des efforts de productivité, pour s’assurer qu’à ce niveau de rémunération on peut offrir à la fois des conditions de travail et de vie décentes. Ceci dit, le débat existe entre les économistes. Certains défendent l’idée que le travail ne peut pas devenir trop bon marché. Les néoclassiques pensent au contraire qu’il faut fixer les salaires le plus bas possible. Si on les écoutait, rien ne devrait empêcher les salaires de baisser, disons jusqu’à 600 euros, pour embaucher tout le monde… 
Mais la réalité est que bien des gens ne touchent pas le SMIC, car ce sont des smicards horaires qui ne font pas un temps plein. C’est le cas des caissières de la grande distribution, de beaucoup d’employés de restauration et de service à la personne. On vous paye deux heures le matin et deux heures le soir, mais ne demandez pas la journée complète ! C’est le grand scandale du SMIC en France. La société contourne ou cède à la tentation du contournement.

Autre problème, énoncé par le grand économiste Edmond Malinvaud : le SMIC fait tomber les gens dans une trappe de pauvreté. Si vous êtes embauché au SMIC, vous passerez toute votre vie au SMIC. Cette situation est due à l’exonération de charges de l’employeur qui recrute à ce niveau. S’il vous augmente, il verra réapparaître de lourdes charges. Quand un salarié passe du SMIC à 1 300 euros, l’employeur devra payer un salaire chargé de 2 600 euros . Il y a là une contradiction. L’exonération des charges pour le SMIC vous assigne à ce revenu pour longtemps. Le salarié est privé d’une progression de salaire.
Faudrait-il instaurer un SMIC jeune ? On se souvient des manifestations de mars 1994 : « Balladur t’es foutu, les jeunes sont dans la rue »…
Tout ce qui ressemble à de la discrimination ne fonctionne pas en France. La question qui se pose davantage concerne le lien entre un SMIC général et un revenu d’existence qui permettrait de corriger le tir. 
Peut-on dire que le SMIC est responsable du chômage ?
Le débat fait rage entre les économistes. Une étude célèbre de David Card et Alan Krueger, à la fin des années 1990, a montré que le niveau d’emploi avait en fait augmenté quand le salaire minimum s’était accru ! Pour les néoclassiques, ce résultat était incompréhensible… Selon ce courant de pensée incarné par Milton Friedman et Gary Becker, le SMIC est soit inutile, soit responsable du chômage… Si le marché est à l’équilibre au-dessous du SMIC, on crée du chômage en le rehaussant. Si l’équilibre est au-dessus, le SMIC est inutile. Ils ne peuvent sortir de ce raisonnement. Pourtant, c’est possible. Pour ceux qui n’ont pas de pouvoir de négociation, être adossés à une garantie de l’État est une protection, sans que cette situation dissuade d’embaucher. Les pays où la syndicalisation est la plus forte n’ont pas de salaire minimum. C’est le cas chez les Scandinaves, où dans chaque branche les syndicats fixent « à l’œil nu » le minimum compatible avec le plein-emploi. Nous, nous avons besoin de l’État et des juges qui se substituent aux syndicats là où ils sont faibles. 

jeudi 27 juillet 2017

C'est les vacances! A la rentrée on dit zut au conformisme et à la routine!

Alike : un magnifique court-métrage d'animation qui nous montre comment le conformisme et la routine peuvent bousiller nos vies. A méditer pour repartir du bon pied à la rentrée!


Daniel Martinez Lara, un animateur espagnol, nous offre un très beau court-métrage d’animation qui parle de la vie, de l'aliénation au travail et du conformisme. Une belle histoire, drôle et émouvante, qui montre un papa et son petit garçon dans leur quotidien.


Le père a un travail aliénant et répétitif, tandis que l'enfant est forcé d'aller à l'école alors qu'il préfère s'émerveiller en regardant les papillons, la nature, ou un violoniste de rue. Dans un monde tout gris, la couleur des personnages semble déteindre, comme le reflet de tout ce qui les rend unique. Lorsqu'on lui donne des lettres à recopier, l'enfant préfère les transformer en animaux de toutes les couleurs, ce qui embête beaucoup son papa.


Mais petit à petit, la société semble finir par avoir raison de sa créativité, et il perd petit à petit sa couleur…

lundi 6 février 2017

Le bâtisseur de cathédrales

D'après Alors voilà  blog d'un médecin généraliste, Baptiste Beaulieu

"L'autre jour un de mes lecteurs m'a écrit un bref résumé de sa vie.

Il a travaillé dans le BTP et il a ses deux ménisques pétés à force de poser des bordures de 120 kg.
Il m’écrit « j’ai un corps déglingué ».

Il raconte sa sciatique, aussi, et sa capsulite rétractile de l’épaule. 
Sa capsulite ? Le médecin de la sécu estime qu’elle n’est absolument pas liée à toutes ces heures passées à enfoncer 4 000 fiches de 35 cm dans de l’enrobé à coups de masse (3 kg, la masse…).
Il me dit que la seule chose qu’il a réussi à sauver, la seule partie de son corps à ne pas avoir été donnée à la pierre, ce sont ses mains. Il me dit « mes mains ne parlent pas, contrairement aux mains de mes collègues : les coups de marteau, les traces de goudrons… elles crient, leurs mains ».
Il écrit cette phrase exacte : « Ils ont les sacs de ciment qui leur transpirent par la peau ».
Il m’écrit « Moi, ma fierté c’est de pouvoir dire à mes enfants : Tu vois où tu marches sur cette place, j’ai posé le dallage.Tu vois ce bassin d’orage sur l’autoroute, c’est moi qui… »
Parfois, le soir, il leur dit :
« Tu vois la place de la cathédrale de Dax ? J’y ai cassé mon dos deux ans. »
Cet homme, (...) il gagne 12 € brut/h.
L'été, l'hiver. Sans chauffeur. Sans frais de bouche.
Cet homme, (...) il a 43 ans.

Alors (...) vous comprendrez pourquoi on est un certain nombre dans ce pays à être hors de nous, à enrager, et à vouloir préparer nos bulletins de vote avec des pavés."

dimanche 27 novembre 2016

Au Moyen Age, ils faisaient les 35 H? Ben non, même pas!

Nos ancêtres n’étaient pas les brutes de travail qu’on imagine!
C'est nous qui avons régressé...
Autour de l’an 1000,  nous avions 190 jours de congés par an.



Les fêtes de villages, les fêtes des saints locaux, les fêtes des corporations : ça n’arrêtait pas. Bref, on travaillait moins d’un jour sur deux!

Même les paysans ne trimaient pas à longueur d’année.
L’été oui, du lever au coucher du soleil ; mais dès les premiers frimas, c’est... tranquille au coin du feu, on bricole à droite à gauche, mais on ne met plus les pieds au champ.


En ville même topo : dès que le soleil se couche, on ferme la boutique. La loi interdisait de travailler à la lueur des bougies, à cause des risques d’incendie.

Bref, il n’est jamais question de travailler plus pour gagner plus.

Au contraire pour l'Eglise, le bon chrétien c'est celui qui ne fait rien, pour se consacrer tout entier à la méditation, à la prière vers Dieu...

Fêtes, loisirs, oisiveté, érigés en règle de vie commune...

On n'a plus les mêmes valeurs. 
Ou bien a-t-on perdu les vraies valeurs?
A méditer en ces temps de primaires tous azimuts...

mardi 21 juin 2016

Artisanat: un métier n'est pas là pour vous emprisonner...

... mais pour vous rendre libre!
 (d'après bastamag.net - sideways 13.04.2015)

Daniel, le boulanger qui réinventa son métier pour se libérer
(voir la vidéo)

Daniel Testard est un boulanger atypique. Il ne travaille que deux jours par semaine pour pouvoir s’occuper de son jardin, pratiquer le chant et la musique, écrire et s’exercer à la méditation. Il ne vend pas lui-même son pain : il fait confiance à ses clients qui paient directement leurs achats, dans une corbeille. Il récupère l’eau de pluie, qu’il filtre et incorpore aux farines de blé anciens, biologiques, qu’il se procure illégalement. « J’ai toujours résisté à l’idée que soit on augmente son chiffre d’affaires, soit on disparaît. » Une pratique construite depuis 30 ans, à Quily, dans le Morbihan, qui vise à bâtir une vie harmonieuse où le travail n’aliène pas mais rend libre.
Un petit livret à la couverture orange, une impression ancienne, un objet que l’on a envie de garder précieusement. Il l’a écrit il y a quelques années, après avoir réinventé son métier. Parce que la formule vaut le coup d’être dupliquée, il voulait la partager... Avec son idée, il est possible de retrouver des commerces dans les villages, de la vie dans les campagnes. Des artisans qui sont heureux et qui ne manquent de rien.
À la base, il y a beaucoup d’envies : être proche de sa famille, produire sa nourriture, avoir du temps pour soi, écrire, avoir deux mois de congé l’été pour partir. La solution, il l’a inventée à partir de ces idées-là. 
Et au final, cela correspondait bien à son métier passion, à son métier d’origine, la boulange. Deux jours de pain dans la semaine, parce qu’il aime faire naître la vie dans la pâte, il aime son monastère panaire, ermite dans la nuit à converser avec les étoiles. Il participe ainsi à la vie du pays dans lequel il vit, 700 pains pour nourrir 150 familles, peut-être 300 à 500 consommateurs.
Et comme il ne pouvait pas vendre son pain en même temps qu’il le faisait, Daniel a choisi de ne pas le vendre lui-même. Il a ouvert son fournil à ses clients, qui viennent chercher leur pain quand ils le souhaitent et qui payent directement dans la caisse. « L’avantage du système, c’est que personne n’est prisonnier de l’autre. Les gens peuvent venir quand ils veulent, même la nuit, même le lendemain, et moi, je peux être là ou pas là. » Comme il faut autant de temps pour vendre son pain qu’il n’en faut pour le fabriquer, il gagne ainsi deux jours par semaine de liberté.
Et cela dure depuis 30 ans...
« J'ai toujours résisté à l'idée que soit on augmente son chiffre d'affaires, soit on disparaît. 
Moi je suis resté avec le même chiffre d'affaires depuis le début, c'est-à-dire 2 jours de pain... »
- See more at: http://side-ways.net/episode8/home.html#slide1

jeudi 7 avril 2016

La loi El Khomri par l'absurde

PAR FRANÇOIS RUFFIN 21/03/2016
http://www.fakirpresse.info/merci-myriam-la-loi-el-khomri-par-l-absurde


On peut faire, on le doit, la critique des mesures que contient la loi El Khomri. Mais il faut surtout faire la critique des mesures qu’elle ne contient pas : la ministre s’attaque-t-elle, le moins du monde, aux causes réelles du chômage ?


L’entreprise ECCE, sous-traitante du groupe de luxe LVMH, fabriquait des habits Kenzo à Poix-du-Nord (59). Matière première et main d’œuvre, tout compris, un costume revenait à 80 € en sortie d’usine – pour être revendu près de 1000 € en boutique. La marge était appréciable, mais insuffisante : la production a été délocalisée en Pologne, puis en Bulgarie, et peut-être en Grèce, à la recherche de salaires toujours plus bas. Que prévoit la loi El Khomri contre ça ? Rien. Une autre loi est-elle prévue, à Bercy, contre ça ? Non, aucune. Valls, Macron, Hollande se taisent.


L’entreprise Pentair, à Ham (80), est hyper-rentable : 22,4% de marges, avec un carnet de commande tellement plein que les employés travaillent jusqu’à 46 heures par semaine. Et pourtant, elle va fermer l’an prochain. Les plans « sociaux » vont démarrer en septembre. La production sera délocalisée en Inde. A tel point que le député de droite du coin, Stéphane Demilly, s’écrie : « Ce sont des salopards de financiers, il faut le dire. » Mais contre ces« salopards de financiers », que prévoit la loi El Khomri ? Rien. Une autre loi est-elle prévue, à Bercy, contre ça ? Non, aucune. Valls, Macron, Hollande se taisent.



Le lave-linge de Whirlpool est parti à Poprad, en Slovaquie, les pneus Contis en Roumanie, les Goodyear à Katowice, en Pologne, et les papier-peints Abélia, les climatiseurs Magnetti-Marelli, les composants électroniques Honeywell, les chips Flodor, etc. Et tout ça, pour un dumping tous azimuts, social, fiscal, environnemental, monétaire parfois (et même sur la sécurité des travailleurs). Mais contre cette désindustrialisation massive - avec des dégâts psychologiques, des conséquences politiques – que prévoit la loi El Khomri ? Rien. Une autre loi est-elle prévue, à Bercy, contre ça ? Non, aucune. Valls, Macron, Hollande se taisent.


« Mon adversaire, c’est la finance », déclarait François Hollande durant sa campagne. Mais capitulant d’avance devant cet « adversaire », renonçant à réformer l’ordre macroéconomique, signant des deux mains les traités eurostéritaires, le gouvernement en est réduit à du bricolage contre les salariés : plafonnement des indemnités de licenciement, paiement des heures supplémentaires, salaires des apprentis… Qui peut croire que résident là les causes réelles, massives, profondes du chômage ?

vendredi 4 septembre 2015

Astuces pour gérer le marathon du matin...

... et rester zen pour la rentrée !


Si tous les matins, à la maison, c'est le branle-bas de combat, si jour après jour, vous faites un remake de "Femmes au bord de la crise de nerfs" , s'il vous est déjà arrivé de quitter la maison et de vous rendre compte dans la voiture que vous étiez... en chaussons (véridique), les astuces suivantes sont faites pour vous!

La difficulté n'est pas tant de gérer la course du matin et de mettre en place une organisation orchestrée à la minute près, que de rester sereine...

Préparez vos matins dès la veille au soir

Petit florilège de tout ce qu'on peut anticiper le soir avant de s'installer confortablement sur son canapé :
- Les vêtements des enfants (après un petit coup d'oeil sur la météo du lendemain)
- Ses propres vêtements, en fonction des rendez-vous du lendemain
- Les chaussures et autres accessoires (bijoux...)
- Les papiers à remplir, contrôles et carnets de liaison à signer
- Les cartables
- Les goûters
- La table du petit-déjeuner (il nous suffira de sortir le frais le matin)
- Les enfants ayant pris leur bain ou leur douche le soir n'ont pas forcément besoin d'y retourner le matin. Une toilette de chat sommaire suffira : visage, mains, brossage de dents.

On visualise sa journée du lendemain et on note les priorités par écrit

Libérez le plus possible votre esprit en notant par écrit, idéalement la veille au soir pour une nuit plus sereine, tout ce que vous craignez d'oublier le lendemain (appels téléphoniques, courses, rendez-vous...).

Placez la liste sur la table du petit-déjeuner, vous pourrez tranquillement la lire en buvant votre café ou votre thé. Ne chargez pas trop la mule, pas plus de 5 priorités pour le lendemain.

Ce sera en quelque sorte votre feuille de route pour la journée, et vous aurez allégé considérablement votre esprit.

Le temps à rebours

A vous de prendre de quoi noter et de gérer le temps dont vous avez besoin à rebours.

D'abord, notez une à une toutes les actions que vous devez, votre moitié et vous, accomplir le matin, du réveil à votre départ. Notez-les toutes, même les plus petites (comme par exemple "ouvrir les volets") car accumulées, ce sont elles qui vous feront perdre du temps, et surtout dans l'ordre où vous les accomplissez.

Profitez-en pour vous poser au calme et vous demander si vous avez possibilité, en regardant ces tâches une à une, de vous simplifier la vie en éliminant certaines d'entre elles.

Cette tâche ménagère qui vous prend entre 5 à 10 mn tous les matins est-elle indispensable ? Ne pourrait-on pas la reporter à un autre moment de la journée, moins tendu ? SIM-PLI-FIEZ !

Une fois votre liste rédigée, partez à rebours et déterminez l'heure à laquelle vous devez impérativement franchir le seuil de la porte. Imaginons qu'il s'agisse de 8h : partez donc de 8h et remontez ainsi votre liste en fixant une heure limite pour chaque grande étape. Exemple : à 7h 45, les enfants sont prêts, habillés, lavés. Il vous reste un 1/4h pour mettre les chaussures, les manteaux, prendre les sacs, etc... à 7h 30, on a tous pris notre petit-déjeuner, la table est débarrassée, nettoyée, les bols et couverts dans la machine à laver... à 7h 00, on réveille les enfants un à un, dans le calme, avec un gros câlin et on prend ensemble le petit-déj'... à 6h 45, je sors le frais et finis de préparer le petit-déj' et je vais ouvrir les volets de toutes les chambres... à 6h15, je me lève tranquillement, je décoince, je pars sous la douche et me prépare, m'habille, me maquille.

Surtout, pour que ça fonctionne, voyez large et prévoyez des marges de sécurité entre chaque grande étape, rajoutez facilement 5 mn par ci, 5 mn par là, voire plus.

Un réveil en douceur

Un début de journée calme et paisible conditionne le reste de la journée. Il en va de même pour les enfants : un matin dénué de stress et accompagné de petits rituels familiés leur apporte énergie et sécurité pour vivre une journée passionnante. A contrario, logiquement, un démarrage sur les chapeaux de roues inaugure une journée maussade, placée sous le signe de la mauvaise humeur...

Et un bon réveil commence par un bon sommeil : 8 heures idéalement, dans de bonnes conditions, ce qui, je l'accorde, n'est pas toujours évident quand on est parents de jeunes enfants.

Mode d'emploi express pour vous lever de bon pied :

- Préférez une musique que vous aimez, qu'elle soit douce (mais pas trop, sous peine de vous rendormir) ou stimulante, à la sonnerie stridente de votre radio-réveil.

- Offrez-vous 5 bonnes minutes rien que pour vous, dans votre lit, avant de vous levez. Prenez le temps de décoincer, étirez-vous, émergez doucement au monde...

- Réveillez-vous, vous et/ou votre moitié, une 1/2 heure avant votre tribu, histoire d'avoir le temps soit de vous préparer si vous êtes de celles et de ceux qui se préparent avant le petit-déjeuner, soit de petit-déjeuner dans le calme. Faites de cette demi-heure un temps privilégié, un temps rien qu' à vous.

Des matins sans crier

A parent calme, enfant calme. Plus vous saurez garder votre sang-froid et votre calme, moins stressés seront vos enfants, et plus vos matins seront sereins. Bannissez le plus possible les "Vite, vite, vite !!! Dépêche-toi !!!" et évitez de hurler à tout bout de champ. Vos enfants n'iront pas plus vite. 

Autonomisez les enfants et impliquez-les dans la routine du matin

Très tôt, les enfants sont capables de s'autonomiser et d'assurer seuls (ou presque...) les petites tâches du quotidien, comme celle de s'habiller, se laver le visage avec un gant de toilettes, préparer son sac, son goûter, aider à débarrasser la table du petit-déjeuner, etc...

Facilitez-leur la vie en achetant des vêtements simples à enfiler : pantalon à taille élastique, chaussures à scratch, tee-shirt et chaussettes faciles à enfiler... Ce sera toujours ça de gagner pour le papa et vous.

Pour vous assurer encore plus de leur coopération, introduisez le jeu dans les tâches matinales. Plus ces dernières seront ludiques et amusantes pour vos enfants, plus ils participeront. Pourquoi ne pas transformer par exemple le moment de s'habiller en course pour voir qui sera prêt le premier. Résultat garanti !

Mais on le sait, les enfants n'ont pas la même notion du temps que nous, encore plus s'ils sont petits. Prendre en compte le rythme de son enfant est déjà une forme de respect à son égard. Vous pouvez mettre en place des routines ou des rituels qui sécurisent.

A vous d'être inventif et d'imaginer les rituels les plus doux, les plus agréables, les plus réconfortants pour vous et vos enfants ! Programmez-vous du plaisir dès le réveil !

(d'après le blog http://www.zen-et-organisee.com/)




lundi 5 janvier 2015

Le compte personnel de formation entre en vigueur

Chaque actif français peut dès le 5 janvier 2015 activer son compte personnel de formation (CPF) qui succède au droit individuel à la formation (DIF), pour y transférer ses heures de DIF acquises et savoir à quelles formations il peut prétendre.

Depuis le site www.moncompteformation.gouv.fr, chaque salarié ou demandeur d’emploi peut désormais ouvrir un compte personnel de formation (CPF). Sur le CPF seront cumulées des heures de formation utilisables jusqu’à la retraite, y compris en période de chômage. Ce dispositif, mesure clé de la réforme du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle, permet d’engranger jusqu’à 150 heures de formation.
Tout salarié à temps plein pourra ainsi accumuler 24 heures de formation par an puis, une fois 120 heures acquises, 12 heures par an jusqu’à atteindre 150 heures. Pour cette première année d’entrée en fonction, l’enregistrement des heures de formation acquises au titre du DIF devra être effectué par les salariés eux-mêmes.
Ceux-ci doivent recevoir de leurs employeurs, avant le 31 janvier 2014, un décompte de leurs heures DIF acquises et non consommées via une attestation ou sur leur fiche de paie.
D’après un sondage en ligne Opinionway pour l’Afpa, premier organisme de formation professionnelle, 76% des actifs interrogés ont déclaré ne pas avoir utilisé leur DIF au cours de leur vie professionnelle tandis que 51% affirmaient ne pas avoir entendu parler du CPF. Sur les 2 034 actifs interrogés entre le 23 septembre et le 27 octobre 2014, 69% ont dit ne pas avoir suivi de formation professionnelle dispensée par un organisme de formation au cours des 12 derniers mois.
Le DIF, qui pouvait atteindre 120 heures en six ans, ne pouvait être mis en œuvre qu’à l’initiative de l’employeur. En outre, la formation était généralement entreprise en dehors du temps de travail, sauf disposition contraire.
Les formations au titre du CPF seront initiées uniquement par le salarié qui ne devra consulter son entreprise que s’il souhaite effectuer sa formation pendant son temps de travail. En revanche, on ne pourra choisir que les formations répertoriées sur le compte personnel. Celles-ci, préalablement sélectionnées par les partenaires sociaux, ont pour caractéristiques de donner lieu à un titre, un certificat ou un diplôme et d’être en lien avec les besoins du marché du travail.
'errr ne disposant pas d’heures de DIF et se retrouvant donc avec un CPF vide fait actuellement l’objet d’une négociation entre partenaires sociaux sur la possibilité d’abonder leurs comptes en heures de formation. Dans ce cadre, le Medef a proposé que soit accordé un crédit de 100 heures aux demandeurs d’emploi ayant un projet de formation.

jeudi 13 novembre 2014

Cinq lois à connaître pour être plus efficace

Après les "Lois incontournables de la vie" (article du 1er nov), voici sept lois moins drôles mais utiles à connaître pour ne pas perdre son temps ni son énergie, surtout pour nos 5 élus qui courent de commissions en comités et traitent de multiples dossiers afin de couvrir tous les sujets d'intérêts pour les habitants de Vaugneray.

" La vie au travail comme à la maison, ne peut pas être mise en équation. Il y a pourtant des dizaines de lois empiriques qui la régissent sans que nous en prenions conscience. En voici sept à connaître pour bien s'organiser. 



1. Loi de Murphy : la loi des emmerdements maximum

« Tout ce qui peut mal tourner va mal tourner », Edward A. Murphy, Ingénieur en aérospatiale américain.
Définition : " Rien ne se passe jamais comme on l'a prévu ". 
Le pépin arrive toujours quand il ne faut pas et où il ne faut pas. Vous êtes pressé ? La voiture est en panne, il pleut, le métro est bloqué, etc. Les ingénieurs connaissent bien cette loi qui dérègle et retarde les projets. 
-> Soyez parano, dès que c'est important pour vous. Les explorateurs du bout du monde, par exemple, se font opérer de l'appendicite avant de partir, au cas où il y aurait nul toubib. Sur les projets les experts font des rétro-plannings et imaginent le pire. Et vous, avant votre rendez-vous capital, faites réviser la voiture. 


2. Loi de Parkison : la loi du temps qui s'étire à l'infini

"Work expands so as to fill the time available for its completion", Cyril Northcote Parkinson, historien et essayiste britannique
Définition : " Comme le gaz, le temps se dilate jusqu'à occuper la totalité de l'espace disponible ". 
Cette loi fondamentale s'applique à la gestion de son temps mais aussi de sa carrière et de sa vie. Lorsqu'on ne se fixe pas de butée horaire ou calendaire dans la réalisation d'une tâche ou la prise d'une décision, celles-ci s'éternisent. 
-> Borner votre temps et celui des autres. Et raisonner en termes d'objectifs et non pas de tâches à réaliser. 

3. Loi de Pareto : la loi de l'éparpillement inutile

\mathbb{P}(X>x)=\left(\frac{x}{x_{\mathrm{m}}}\right)^{-k} avec x \ge x_{\mathrm{m}} , Vilfred Pareto, économiste italien

Définition : " L'essentiel prend 20% du temps et de l'espace, l'accessoire, 80%. "  
Autre loi fondamentale, qui s'applique à bien des domaines : 80% des effets sont produits pas 20% des causes. Exemples : 80% du chiffre d'affaires est réalisé par 20% des clients, 80% des tâches sont traitées en 20% de temps... Ce coefficient multiplicateur est issu des bâtisseurs égyptiens de pyramides, qui ont calculé l'énergie minima pour soulever les gros blocs de pierre.  
-> Inutile de gaspiller ses forces. Mieux vaut se focaliser sur ce qui vaut la peine, ces 20% qui vont causer des dégâts ou booster l'activité. Gare au perfectionnisme.

4. Loi d'Illich : loi de l'acharnement inefficace

"Lorsqu'une activité outillée dépasse un seuil défini par l'échelle ad hoc, elle se retourne d'abord contre sa fin, puis menace de destruction le corps social tout entier"Ivan Illich, penseur allemand.

Définition : " Au-delà d'un certain seuil, l'efficacité humaine diminue jusqu'à devenir négative ".  
C'est la loi des rendements décroissants. Au bureau ou à l'école, au-delà de 90 minutes, l'attention est en chute libre. Alors, inutile de prévoir des réunions de 3 heures, de s'escrimer en continu sur un dossier qui vous résiste … La journée non stop ne vous rendra pas plus efficient. 
-> Prenez le temps de respirer 

7. Loi de Confucius. La loi de l'expérience intransmissible

"L’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru.", Confucius, légende chinoise.

Définition. " L'expérience ne sert à rien ". 
La mode des " bonnes pratiques " soi-disant applicables partout et la recherche de la perfection par le "knowledge management" relèvent du fantasme. La formule " Croyez-en mon expérience ! " tue l'innovation. Ce qui vaut ici, ne vaut pas forcément là. 
-> Arrêtez de regarder la télé et laissez libre cours à votre imagination "

D'après un article de L'Express par